• [Actualité]Tuer pour des dessins, quand la barbarie répond à l'humour

    Deux jours après le massacre à Charlie Hebdo, les mouvements de solidarité ont pris une ampleur sans précédent et ont même dépassé les frontières de France avec des rassemblements jusqu'aux États-Unis, au Canada, en Colombie, en Martinique, au Pérou, en Argentine, au Brésil, en Espagne, en Tunisie, en Suède, au Royaume-Unis, en Allemagne, et dans de nombreux autres pays, ainsi que des messages de soutien de millions d'internautes de nombreux pays.

    Les marches spontanées qui ont suivi le drame on rassemblé des milliers de personnes dans les grandes villes de France.

    Jeudi 8 janvier, la France s'est recueillie dans une minute de silence, et des rassemblements populaires ont été organisés devant les chefs-lieux de nombreuses villes et villages, peu importe leurs tailles.

    Et en quarante-huit heures, la pétition de soutien Avaaz "Même pas peur" a atteint plus de 557 000 signatures au relevé du 9 janvier à 14:45 (et ça monte encore!)

    Ce qu'en dit Psychologies

    [Actualité]Tuer pour des dessins, quand la barbarie répond à l'humour

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    Un drame qui a ému s'il fallait encore le prouver, bouleversé et dont le contre-coup a fédéré plusieurs médias: France Télévision, Radio France, Canal + et Le Monde se sont mobilisés pour permettre à Charlie Hebdo de vivre en mettant divers moyens au profit de l'hebdomadaire.

    Sur la toile et dans les médias, les hommages fleurissent et se multiplient, rendant Charlie Hebdo plus immortel qu'il ne l'a jamais été. Des centaines d"artistes ont manifesté leur soutien par leur plume ou leur crayon pour défendre la liberté d'expression et condamner le terrorisme et l'intolérance qui a proliférer en contre-coup.

    Quelques âmes moins bien inspirées ont malheureusement surfé sur l'événement pour véhiculer des idées et des principes à divers degrés de dangerosité. Marine Le Pen s'est notamment distinguée pour ses commentaires déplacés, et à l'échelle individuelle, certains ont profité de l'occasion pour entretenir les tensions ou récupérer cette histoire pour taper sur une "liberté d'expression à deux vitesses" en citant par exemple la censure de Zemmour ou la dénonciation des propos de Dieudonné. A ces personnes, je réponds ceci: la liberté d'expression ce n'est pas la liberté de dire n'importe quoi, la limite s'arrête au respect de l'autre. Ne vous en déplaise, les discours d'un Dieudonné qui instrumentalise ses propos à des fins politiques ne sont pas comparables aux caricatures d'un journal satirique qui n'a que pour but la dérision et qui raille sur tous les fronts, sans arrières-pensées. Ce serait mettre le Gorafi et Zemmour au même niveau de crédit.

    Ce n'est pas la même intention, ni le même principe, ce n'est pas la même motivation, le même but, le même public. En résumé, c'est comparer une chaise et une autruche: ça n'a rien à voir.

    Le climat qui s'est installé ces dernières quarante-huit heures est fantastique pour l'immense élan de solidarité qui a suivi cette horreur, mais il est aussi très inquiétant sous d'autres aspects, que ce soient celui de cette quête du coupable dans laquelle se sont lancés de nombreux mouvements proches des conservateurs, comme dans les réponses parfaitement stupides et malsaines de certains qui ont jugé l'acte comme "bien fait" pour les plus idiots, ou "trop monté en épingle". Et si dans l'ensemble la communauté musulmane de France a exprimé sa solidarité à Charlie Hebdo, et a dénoncé la barbarie des extrémistes, quelques musulmans proches des intégristes ont créé des contres mouvements -dont l'impact est heureusement très minime en terme d'effectif.-

    Les suites de l'enquête ont mené les policiers et le GIGN jusqu'à la traque des deux terroristes en fuite qui aujourd'hui, vendredi 9 janvier ont pris des otages dans l'imprimerie où ils sont retranchés.

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    Que faut-il retenir de toute cette affaire?

    Selon moi, que les libertés sont fragiles, et qu'il faut les défendre plus que jamais, et que les armes ne répondent aux crayons que dans les dictatures. Que stigmatiser l'ensemble d'une communauté pour les crimes commis par des terroristes intégristes n'est qu'une manigance grossière dans laquelle mieux vaut ne pas tomber.

    Que l'humour n'est pas à la portée de n'importe qui, et pourtant qu'il est plus indispensable que jamais, parce qu'il permet par la dérision de prendre du recul sur tout, de ne pas prendre la vie trop au sérieux. Et que quand la bêtise condamne l'humour par la violence, cela aboutit sur des drames.

    Qu'aucune religion ne peut justifier un meurtre pour un dessin, fut-il irrévérencieux. Que l'islam dans l'ensemble, ce n'est pas cela. Et qu'aucun Dieu d'aucun culte ne pardonne le meurtre, même idéologique.

    Que la presse doit être défendue.

    La réaction des frères Kouachi me rappelle ce texte de Victor Hugo: A qui la faute?

    Seul un illettré peut brûler une bibliothèque sans remord.

    Je suis contre toute forme de violence. Je suis solidaire des victimes des intégristes partout dans le monde. Je suis Française, je suis agnostique.

    Je suis Charlie.

     

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