• Ad Vitam Eternam

     

    Ad Vitam Eternam

     

    Another life

    Le Silver Owl deuxième du nom était calme. Anita dormait sur une couchette dans les quartiers de Zii qui se penchait toujours sur les étrangetés de la blondinette par rapport à la Force et Chu-Hui prenait soin du jeune Elend. Adam était de sortie, Adelia aussi.

    Il n'avait pas fallut très longtemps depuis l'acquisition de leur nouveau foyer pour que le naturel resurgisse au rand galop. Le danger passé, Adam avait reprit les armes et la chasse à primes. Mais il aurait été bien inconséquent d'imaginer sa compagne rester sagement à l'attendre tout le jour durant.

    Adam avait repris ses habitudes d'homme solitaire. La chev avait poussé jusqu'à le suivre un soir et avait été spécialement frappée de ce qu'elle avait vu : son compagnon en train de se soûler en charmante compagnie. Le Silver Owl avait vu revenir une furie qui cachait son désespoir derrière un rideau de colère, martelant rageusement la coque du vaisseau avec un cuisant sentiment d'impuissance. Chu-Hui l'avait retrouvée recroquevillée dans la soute et s'était vue vertement chassée.

    La tension avait par rebond gagné le reste de l'équipage, et même l'innocence d'Anita se heurtait au silence face à la situation. Ce furent les fugues répétées d'Adelia qui y mirent un terme, la jeune femme fuyant le jugement de ses amies au profit d'escapades de plus en plus longues, à la recherche d'une solution de quelque chose.

    La réponse vint de la sagesse de Themys quoique cette dernière aurait eu fortement à y redire si elle avait su ce qu'en ferait sa pupille. La trianii avait rappelé à Adelia tout le chemin qu'elle avait fait en se reconstruisant une nouvelle vie pour lui redonner courage.

    Une autre vie. Autrefois Sorrow était une proie dont la prime s'élevait à une somme plutôt coquette. Si Riesz avait tué celle qu'elle était jadis, cela ne lui serait pas compliqué de réinventer une façade.

    Cela restait horriblement risqué pour un résultat tout à fait relatif, mais elle entendait bien commencer une nouvelle partie de cache-cache avec Adam. Le terrain de chasse de ce dernier se bornait à Delphes depuis que les frontières stellaires avaient été fermées, il ne cracherait pas sur une prime assez coquette.

    Et c'est de cette manière qu'elle se retrouvait à errer dans le Troisième Cercle depuis plusieurs jours, ayant laissé à regret son enfant aux soins de Chu-Hui. Elle n'était plus Adelia Ma'ati mais Fandya, renégate et terroriste dont la prime s'élevait à quelque 10 000 Crédits et grimpait encore. L'identité était factice mais l'offre était réelle.

    Restait le risque qu'un autre oiseau de proie fonde sur elle en premier.

    Adelia restait une pacifiste convertie et le port du blaster à sa ceinture visait essentiellement à assurer sa survie. Avisant un regard par la fenêtre de sa cachette, elle fixa le crépuscule au dehors, laissant quelques larmes couler en silence. Comment en étaient-ils arrivés là ? Mais une chose était certaine, elle ne pouvait continuer en bonne épouse de marin que son compagnon délaisse et trompe plus qu'à son tour. Adam avait besoin d'un retour aux sources, ils allaient rejouer leurs rencontre sans l'intervention de Riesz. Elle devait rendre honneur à ce dernier de les avoir rapprochés à l'époque. Mais pour l'heure, il s'agissait de rester prudent et elle s'anima légèrement en voyant une ombre se faufiler en contrebas dans la rue. Les années de fuite éperdue lui revinrent en mémoire et elle alla se tapir dans un recoin sombre, déposant à dessein une barrette sensée appartenir à Fandya avant de filer à la Chev. Hors de question qu'elle se laisse capturer, et certainement pas par un concurrent de son compagnon. Mais le jeu de piste n'était pas terminé.

    Elle n'avait pas envisagé l'instant où il l'attraperait. Il fallait encore qu'il la poursuive.

    C'était sa manière à elle de tenter de l'intéresser de nouveau. Elle osait espérer que par goût du défi, il apprécie et s'accroche à ce jeu de piste.

    Si elle voulait le garder, elle avait la sensation de ne pas avoir le choix.

     

    ***

    - "Parle-moi encore d'eux, de mes parents s'il te plaît Anita!"

    Face à la frimousse suppliante de son pupille, la jeune femme sourit, s'assit à ses côtés en lui caressant affectueusement les cheveux. A l'extérieur, le flux des speeders ronronnait incessant à leurs fenêtres, rythmé par des réguliers départs de vaisseaux du spatioport. Une nuit urbaine, comme il y en avait des milliers sur Delphes. Dans le calme de l'appartement, la jeune femme et l'enfant se serraient l'un contre l'autre, replongeant dans les souvenirs.

    - "Je n'ai jamais connu l'intégralité de leur histoire, tu le sais. Mais s'il est une chose certaine, c'est qu'il n'y aurait pu avoir d'Adelia sans Adam. Ni d'Adam sans Adelia.

    Lorsque je les ai rencontrés, ils se connaissaient depuis peu je crois. Elle manquait d'assurance et lui était une vraie tête brûlée! Elle était une esclave en fuite qui avait prit une nouvelle identité, il était chasseur de primes. Tout les portaient à s'opposer, et pourtant... Je n'ai jamais su qui avait apprivoisé qui en premier. "

    Assit en tailleur, l'enfant sourit avec un regard rêveur sur l'unique hologramme qui figurait ses parents, un homme blond aux cheveux courts et à l'expression intrépide, une jeune femme à la peau grise et aux cheveux sombres qui s'effaçait derrière un sourire discret. Les doigts du garçon effleurèrent cette dernière image.

    - "Elle était belle..."

    Le sourire sur le visage d'Anita se figea, alors qu'elle sentait croître la tristesse de son protégé. En douceur, elle revint l'entourer de ses bras.

    - "Très belle Elend. Et elle t'aimait. Elle vous aimait tellement fort ton père et toi... "

    Cependant, c'était un point sur lequel la tutrice ne s'attardait jamais, car il rejoingnait une notion de tragédie. Elle préféra enchaîner.

    - "Tes parents étaient aussi amants qu'ils pouvaient être complices au quotidien. Ils formaient un duo étonnant! C'est difficile à imaginer qu'une femme douce comme ta mère ait pu prendre les armes un jour, alors qu'elle se destinait aux soins et à sauver des vies, et pourtant... Ensemble, ils ont accompli des prouesses étonnantes, ils ont rendu la liberté à ta tante Zii, ont vengé une de leurs amies, une certaine Suka et ont réhabilité son souvenir. Ils nous sont aussi accueillit ta tante Chu-Hui et moi à leurs côtés lorsque nous n'avions plus rien. Ensemble, nous formions une grande famille...
    Tes parents nous ont toutes sauvées au moins une fois..."

    A son tour, Anita se perdit dans la contemplation de l'hologramme et soupira, préférant ne pas s'attarder sur sa propre histoire. Les San l'avait sauvée, protégée, éduquée alors qu'elle avait été lancée dans la vie avec si peu de repères...
    Leur absence lui pesait également. Passant une main dans ses courtes mèches blondes, elle soupira lorsqu'Elend la regarda à nouveau, une prière dans le regard.

    -" Raconte-moi encore comment ils sont morts s'il te plaît..."

    La jeune femme berça doucement le garçonnet qu'elle tenait toujours contre elle et reprit un peu à contre coeur.

    - "C'était une sombre période, oui... Tu étais bébé à cette époque, et ton père... Eh bien, disons qu'il était égal à lui-même. Adam San avait besoin de liberté pour exister, il avait besoin de sentir le frisson du danger, le parfum des ennuis, et ta mère avait du mal à le suivre sur cette voie. Pourtant, elle s'y est essayée, pour lui. Et pour toi. Adelia voulait par dessus tout veiller sur nous tous, sur vous... A n'importe quel prix.

    Le danger était très présent à Delphes prime à cette époque, et le gouvernement essuyait de nombreux attentats. Tes parents ont pris de gros risques... de très gros risques l'un pour l'autre. Ils ont été pris à parti dans une intrigue qui les dépassaient beaucoup trop... Jusqu'au bout, ils n'ont fait que nous protéger tous. Adelia est tombée la première à ce qu'on a su par la suite. Adam s'est battu jusqu'au bout de ses forces, refusant de l'abandonner..."

    La réalité était hélas moins belle dans les souvenirs d'Anita, mais comment aurait-elle pu ternir ces images si précieuses à son protégé? Contre son sein, Elend soupira et ferma les yeux pour s'endormir. Tendrement, elle lui caressa les cheveux.

    La jeune femme se rappelait. Adam avait dérapé, dépassé par une situation qu'il avait du mal à gérer: sa famille. Par amour autant que par désespoir, Adelia l'avait suivi, laissant bien à contre-coeur son enfant derrière elle. Tout avait volé en éclats en l'espace de quelques semaines. Afin de regagner l'attention d'Adam, Adelia s'était mise en danger, et le danger l'avait rattrapée. Il avait réagi, mais trop tard. Trop tard. Ce n'était qu'une fois face au corps sans vie de sa compagne qu'il avait réalisé. Et qu'il avait cessé de se battre. Adam San n'était plus le même sans Adelia. Mais il ne l'avait pas réalisé à temps...

    Cela faisait cinq ans déjà...

    - Reposes-toi petit Elend. Où qu'ils soient, tes parents veillent sur toi. Et je suis sûre qu'ils sont quelque part. Ensemble. Car il ne peut y avoir d'Adam sans Adelia, ni d'Adelia sans Adam...

    *

    **

    La mer grondait, en écho à l'orage qui crevait les nuages depuis la ligne d'horizon jusqu'à la côte. Sortant de sa tente, une jeune femme aux cheveux sombres et à la peau grise huma légèrement l'air ambiant, avant de vérifier son bivouac. Sa cuirasse portait l'emblème des guérisseurs et elle explorait les côtes à la recherche de plantes médicinales.

    Elle était assez loin du rivage pour éviter le coeur de la tempête, mais autant ne pas laisser de prises aux éléments. Apaisant son cheval qui commençait à piaffer nerveusement, elle le ramena à l'abri d'un affleurement rocheux. Un bruit de bottes se dessina à son ouie fine de descendante des faë au travers du tumulte de la tempête, et elle se retourna, poignard au clair... Pour faire face à un homme aux cheveux blonds mi-longs, à l'allure de canaille et au sourire narquois.

    - Salutations étrangère, je me nomme Adam! Aurais-tu l'amabilité de partager ce modeste abri avec un voyageur de passage? Les éléments semblent avoir prévu de se déchaîner! Au fait, quel est ton nom?

    - Adelia. Et si je consent à vous offrir l'hospitalité, tenez-vous en bien à votre côté de la tente!

    Vu l'inflexion de sa voix, son regard implacable et l'arme qu'elle avait toujours en main, l'option n'était pas facultative.

    - Comme vous voudrez très chère!

    L'étranger sourit, amusé par un tel tempérament. La nuit promettait d'être intéressante! Qui pourrait dire à quoi la tempête laisserait place? Car finalement, pour tout élément qui s'achève, un autre commence...

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 31 Octobre 2013 à 11:24

     

     

    Nostalgie quand tu nous tiens...

    2
    Jeudi 31 Octobre 2013 à 11:44

    J'ai retrouvé ce texte il y a quelques jours en faisant du ménage dans mes dossiers, j'ai eu envie de l'étoffer un peu du coup le voilà en ligne ^^.

    Une façon de rendre hommage à un duo devenu légendaire!

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