• Pratchett, son genre, son monde:

    Pterry


    En 1983, Terry Pratchett écrit le premier volume du Disque-monde. Il y a à ce jour plus d'une trentaine de romans parus. En créant ce monde qu'il veut absurde et comique, Terry Pratchett se place aux antipodes d'un autre univers de fantasy : le monde de Tolkien. Ainsi, on retrouve dans le Disque-monde, les nains, les trolls, les mages, mais le déroulement des aventures présente un univers où règnent l'irrationnel, la satire, le délire et qui rappelle, par certains côtés, l'humour des Monty Python. Derrière ce ton léger et ses personnages décalés, Terry Pratchett présente une satire de la société : les réactions des différents protagonistes sont fondamentalement humaines et cohérentes. L'univers créé est donc avant tout un prétexte pour explorer l'homme et son comportement, de ses réussites à ses défauts, en passant par ses contradictions. Par cet aspect, il se rapproche notamment de l'anneau-monde de Larry Niven qui fut écrit une décennie auparavant. On peut aussi y voir une reprise de l'un de ses romans précédents, Strate-à-gemmes.

    Cette tendance à la satire sociale, Terry Pratchett l'hérite d'une de ses principales références, l'auteur comique Jerome K. Jerome. Très connu en Grande-Bretagne, celui-ci avait pour habitude de pointer dans ses ouvrages les travers humains et, par là même, ceux de la société dans son ensemble. Pratchett lui emprunte un grand nombre de ses caractéristiques d'écriture, telle la tendance à parler à la première personne et à s'adresser souvent directement au lecteur pour lui livrer ses commentaires.

    Lors de la sortie du premier livre du Disque-monde, La Huitième Couleur, l'éditeur présenta d'ailleurs le livre comme When Jerome K. Jerome meets Lord of the Rings (with a touch of Peter Pan) (« Quand Jerome K. Jerome rencontre Le Seigneur des Anneaux (avec une touche de Peter Pan) »). Cette brève phrase résume à elle seule l'essentiel du style de Terry Pratchett.

    Les deux volumes intitulés science du Disque monde, sont, contrairement aux autres ouvrages de la série, deux ouvrages de vulgarisation scientifique mais en gardant une trame humoristique propre à la série.

    Bibliographie des Annales du Disque-Monde

     

    • La Huitième Couleur
    •  Le Huitième Sortilège
    •  La Huitième Fille
    •  Mortimer
    •  Sourcellerie
    •  Trois Sœurcières
    •  Pyramides
    • Au guet !
    • Éric
    • Les Zinzins d'Olive-Oued
    •  Le Faucheur
    • Mécomptes de fées
    • Les Petits Dieux
    • Nobliaux et Sorcières
    • Le Guet des orfèvres
    • Accros du roc
    • Les Tribulations d'un mage en Aurient
    • Masquarade
    • Pieds d'argile
    • Le Père Porcher
    • Va-t-en-guerre
    • Le Dernier Continent
    • Le Dernier Héros
    • Carpe jugulum
    • Le Cinquième Éléphant
    • La Vérité
    • Procrastination
    • Ronde de nuit
    • Le Régiment monstrueux
    • Timbré
    • Jeu de nains
    • Monnayé
    • Allez les mages !
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • AsimovL'œuvre d'Asimov sur les robots regroupe de très nombreuses nouvelles et plusieurs romans :

    • Recueils de nouvelles :
      • Les Robots (I, Robot, 1950)
      • Un défilé de robots (The Rest of the Robots, 1964)
      • Le Robot qui rêvait (Robot Dreams, 1986)
      • Nous les robots (The Complete robot, 1982)
    • Romans :
      • Les Cavernes d'acier (The Caves of Steel, 1953)
      • Face aux feux du soleil (The Naked Sun, 1956)
      • Les Robots de l'aube (Robots of Dawn, 1983)
      • Les Robots et l'Empire (Robots and Empire, 1985)

    L'ensemble forme une seule grande histoire, le cycle des Robots, qui s'étale sur plusieurs millénaires. Toutes les nouvelles de robotique publiées par l'auteur ont été regroupées dans deux grands recueils nommés Le Grand Livre des robots. Le premier tome — Prélude à Trantor — regroupe toutes les nouvelles de robotique — Nous les robots ainsi que Les Cavernes d'acier et Face aux feux du soleil. Le second tome — La Gloire de Trantor — regroupe Les Robots de l'aube, Les Robots et l'Empire, Les Courants de l'espace, Poussière d'étoiles et enfin Cailloux dans le ciel.

     


    Il renouvelle complètement ce thème en inventant des « robots positroniques » gouvernés par trois lois protégeant les êtres humains et, a priori, parfaites et inviolables. Le jeu d'Asimov consiste à imaginer des failles de ces lois (exemple : un robot peut-il, restant passif, laisser un humain fumer une cigarette ?) et des bizarreries de comportement de robots qui semblent les enfreindre, puis à faire découvrir au lecteur comment cela est possible à la manière d'une enquête policière.

    Les trois lois sont (source : Les Robots, Isaac Asimov, éditions J'ai lu, traduction de C.L.A., 1967) :

    • Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. » ;
    • Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;
    • Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »

    Deux robots exceptionnels, R. Daneel Olivaw et R. Giskard Reventlov, en viennent à ajouter une Loi Zéro, qui stipule qu'un robot ne peut porter atteinte à l'humanité dans son ensemble, même pour protéger un être humain : Un robot ne peut ni nuire à l'humanité ni, restant passif, permettre que l'humanité souffre d'un mal. Cette loi est apparue dans Les Robots et l'empire (chapitre LXIII).

    Asimov laissa un de ses amis, Lester Del Rey, écrire lui aussi une histoire utilisant les trois lois de la robotique : Une Morale pour Sam. Cette histoire constitue une moquerie gentille sur la viabilité réelle des trois lois.

    Le thème des robots, tel que traité par Asimov, constitue aussi un plaidoyer antiraciste discret, mais sûr : les robots, de plus en plus perfectionnés et dotés d'aspects de plus en plus humains, deviennent méprisés, voire haïs, par bien des êtres humains — d'autant que les trois lois les mettent à l'abri de défauts qu'on pourrait leur reprocher. L'Homme bicentenaire évoque cette question.

    Le film I, Robot, sorti en juillet 2004, s'oppose complètement à l'esprit d'Asimov, qui pestait contre toutes les histoires de « créatures se rebellant contre leur créateur », depuis le Golem jusqu'à Karel Čapek en passant par Mary Shelley.

    [extrait de Wikipédia]

    Il ressort des romans d'Asimov une sorte de tendresse philosophique. Il a adressé aux robots une étude précise, des thèses visant à anticiper leur comportement et pose la problématique de la frontière entre l'homme et la machine. Visionnaire du genre, il offre sur la robotique des idéeset un regard qui dépassent les premiers essais dans le domaine. Les robots d'Asimov prennent vie, font parti d'un monde, d'un quotidien. C'est une porte ouverte sur un univers parallèle possiblement réalisable.

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Présentation du Meilleur des Mondes 

    J'ai choisi ce livre parce qu'il est terriblement et de plus en plus d'actualité avec le monde réel. Lorsqu'Aldous Huxley l'a écrit, ne s'agissait-il pas déjà d'une mise en garde? Et nous nous dirigeons presque la fleur aux dents vers ce sinistre "Meilleur des Mondes"... Pauvre humanité...

    Je voulais faire ma propre critique mais j'ai trouvé celle de wikipdia extrêmement précise et d'un grand intérêt, j'y ajouterai mes propres avis.

     

    L'histoire débute à Londres, en l'an 632 de Notre Ford. Dans le monde décrit par l'auteur, l'immense majorité des êtres humains vit au sein de l'État Mondial – seul un nombre limité de sauvages est regroupé dans des réserves. Bien que l'enseignement de l'Histoire soit jugée parfaitement inutile dans ce monde, on apprend néanmoins que les sociétés anciennes ont été détruites par un conflit généralisé connu sous le nom de « Guerre de Neuf Ans ».

    Dans cette société, la reproduction sexuée telle qu'on la conçoit a totalement disparu ; les êtres humains sont tous créés en laboratoire, les fœtus y évoluent dans des flacons, et sont conditionnés durant leur enfance. Les traitements que subissent les embryons au cours de leur développement déterminent leur future position dans la hiérarchie sociale (par exemple : les embryons des castes inférieures reçoivent une dose d'alcool qui entrave leur développement, les réduisant à la taille d'avortons). Cette technique permet de résoudre les problèmes liés aux marchés du travail en produisant un nombre précis de personnes pour chaque fonction de la société. Ces nombres sont déterminés par le service de prédestination.

    Une fois enfants, les jeunes humains reçoivent un enseignement hypnopédique qui les conditionne parfaitement durant leur sommeil. Les castes supérieures apprennent ainsi à mépriser sans remords les castes inférieures, et ces dernières apprennent à admirer l'élite de la société.

    La société est rigoureusement séparée en cinq castes :

    • les castes supérieures :
      • Les Alpha en constituent l'élite dirigeante. Ils sont programmés pour être grands, beaux et intelligents.
      • Les Bêta forment une caste de travailleurs intelligents, conçus pour occuper des fonctions assez importantes.
    • les castes inférieures :
      • Les Gamma constituent la classe moyenne voire populaire.
      • Les Delta et les Epsilon forment enfin les castes les plus basses ; ils sont faits pour occuper les fonctions manuelles assez simples. Ils sont programmés pour être petits, laids (les Epsilon sont presque simiesques).

    Chacune de ces castes est divisée en deux sous-castes : Plus et Moins. Chacun, en raison de son conditionnement, estime être dans une position idéale dans la société, de sorte que nul n'envie une caste autre que la sienne.

    Cette société rend tabou le sujet de la viviparité : l'allusion à la maternité, à la famille ou encore au mariage font rougir de honte aussi bien les jeunes que les adultes. La sexualité y apparaît comme un simple loisir : chaque individu possède simultanément plusieurs partenaires sexuels (entre deux et six par semaine), et la durée de chaque relation est extrêmement limitée (quelques semaines seulement). Les femmes utilisent de nombreux moyens de contraception, appelés « exercices malthusiens », afin de contourner tout risque de reproduction qui échapperait au conditionnement réglementaire.

    Chacun des membres de la société est conditionné pour être un bon consommateur et est obligé de participer à la vie sociale. La solitude est une attitude suspecte.

    Tout le monde dans l'État mondial utilise du « Soma ». Le Soma est une substance apparemment sans danger qui peut, à forte dose, plonger celui qui en prend dans un sommeil paradisiaque. Le Soma n'a aucun des inconvénients des drogues que nous connaissons aujourd'hui. Il se consomme sous forme de comprimés distribués au travail en fin de journée. Cette substance est le secret de la cohésion de cette société : grâce à elle, chaque élément de la société est heureux et ne revendique rien. Les individus de toutes les castes se satisfont de leur statut par le double usage du conditionnement hypnopédique et du Soma.

    Les humains qui ne vivent pas dans l'État Mondial sont parqués dans des « Réserves à Sauvages » délimitées par de hautes barrières électrifiées. Elles ont été créées par l'État Mondial à cause des conditions climatiques et géologiques peu favorables : « il n'a pas valu la peine ni la dépense de civiliser ». Ces sauvages perpétuent la reproduction vivipare et ont un mode de vie primitif.

    La première partie du roman décrit la vie dans l'État Mondial et les personnalités de deux des personnages principaux : Bernard Marx et Lenina Crowne. Lenina est une jeune femme Bêta particulièrement belle, tandis que Bernard est une sorte de paria : même s'il est un Alpha, il est aussi petit qu'un Gamma. En outre, Bernard se trouve être un élément subversif de la société ; il déteste le Soma, il préfère « être lui-même et triste qu'une autre personne qui soit heureuse ». Il aime également la mer, les étoiles, la randonnée alors que les êtres humains ont été conditionnés à détester la nature. Bernard remet encore en cause les mœurs répandues dans l'État Mondial, la façon dont sont considérées les femmes, et en particulier Lénina : « comme de la viande ». Cette conduite étrange a fait naître une légende à son sujet : on aurait versé par erreur de l'alcool dans son « pseudo-sang » alors qu'il était encore un embryon (traitement normalement réservés aux castes inférieures).

    On fait également la connaissance d'Helmholtz Watson, maître de conférences au Collège des Ingénieurs en Émotion (Section des Écrits) et meilleur ami de Bernard. Il est assez similaire à Bernard mais n'est pas un paria. Helmholtz lui aussi s'interroge et trouve que quelque chose manque à cette société, aussi formidable soit-elle : une personne héroïque suscitant l'admiration.

    La réserve et les sauvages  

    Dans ces chapitres, Bernard obtient un droit de passage pour lui-même et pour Lénina à destination d'une Réserve à Sauvages, au Nouveau-Mexique. Il présente ce voyage à Lénina comme un rendez-vous galant. Là-bas, ils sont présentés à la société de Malpais qui a été largement oubliée par l'État Mondial. Les habitants de la réserve se reproduisent naturellement et vivent dans un univers non-stérile, ce qui horrifie Lénina et fascine Bernard.

    Le couple rencontre Linda, une femme qui vécut autrefois dans l'État Mondial et qui a donné naissance à un enfant, John (plus tard appelé le Sauvage). La plupart des résidents de la réserve sont illettrés et n'ont pas reçu d'éducation. John, cependant, a été éduqué par sa mère pendant qu'ils vivaient parmi les Sauvages qui avaient une religion. De plus, étant donné qu'il n'a pas été élevé dans l'État Mondial, il a pu avoir accès à une littérature censurée comme Shakespeare.

    John est fasciné par Bernard et Lénina, et il souhaite voir le monde d'où vient sa mère. Bernard accepte d'emmener Linda et John à Londres avec lui.

    Le sauvage visite l'État Mondial  

    Le choc culturel est énorme lorsque le « sauvage » est propulsé dans la société de ce « nouveau monde merveilleux » (Brave New World en anglais) comme il l'appelle au début.

    Pendant ce temps, dans l'histoire, le directeur de Centre d'Incubation et de Conditionnement dénonce verbalement, et devant tous les travailleurs des hautes classes du Centre, les choix de vie de Bernard. Cependant, dès que le Directeur finit sa tirade, Bernard se défend en lui présentant son propre fils, John, devant tous les membres du Centre réunis pour la plus totale humiliation du Directeur. Cette extraordinaire annonce force le Directeur à démissionner immédiatement, vu la honte que représente le fait d'avoir un enfant.

    Après ce retour à la société avec le sauvage, Bernard se sert de lui pour l'aider à devenir populaire. Il organise régulièrement des soirées auxquelles il invite de nombreuses personnalités à voir le sauvage. Bernard devient très populaire et l'histoire d'alcool dans le « pseudo-sang » est oubliée. Un soir, Bernard reçoit l'Archi-Chantre de Canterbury (une personne très importante), et quand Bernard va chercher le sauvage pour le montrer à ses invités, celui-ci refuse de sortir, car John est épouvanté par l'État Mondial et la promiscuité de Lénina. L'Archi-Chantre décide de partir, outré qu'on l'ait dérangé pour rien. À la suite de cette aventure la célébrité de Bernard disparaît et il redevient comme avant. Malgré cela, John rencontre Helmholtz Watson, et devient vite ami avec lui. Ils se voient souvent pour discuter de littérature, et plus spécialement de Shakespeare, avec lequel Watson est très peu familier.

    Lorsque la mère de John, Linda, meurt, il pleure sa disparition, ce qui embarrasse les spectateurs présents, conditionnés dès leur plus jeune âge pour être habitués à la mort. Devant leurs froides réactions à son malheur, John s'énerve et devient violent. Peu après, il tente de dissuader des Deltas de prendre du Soma et jette des échantillons par la fenêtre, mais ces derniers répondent à ce sacrilège en l'attaquant alors que, contrairement à lui, ils ne savent pas se battre. La Police intervient et utilise du Soma sous forme de gaz pour calmer tout le monde, puis demande à John, Helmholtz et Bernard de les suivre, ces deux derniers étant présents au moment de la bagarre.

    Bernard, Helmholtz et John se retrouvent devant Mustapha Menier, l'Administrateur Mondial résidant en Europe occidentale. Une des discussions qui s'engagent entre Mustapha et John mène à la décision que John ne sera pas libéré et renvoyé chez lui, Mustapha le considérant comme un sujet d'expérience. Bernard et Helmholtz sont respectivement envoyés (au plus grand regret de Bernard) en Islande et aux Iles Falklands (les Malouines) pour y vivre. Ce ne sont que deux des nombreuses îles réservées aux citoyens exilés de l'État Mondial, où Helmholtz pourra devenir un écrivain sérieux et où Bernard vivra en paix. Menier révèle que l'exil vers des îles reculées est fréquemment utilisé pour prévenir des pensées hérétiques. Ceux qui sont envoyés là-bas reçoivent cela plus comme une récompense que comme une punition, puisqu'ils y rencontreront d'autres gens comme eux-mêmes.

    Dans le chapitre final, John tente de s'isoler de la société en se réfugiant dans la périphérie de Londres – dans un phare ; cependant, il est dans l'impossibilité d'y vivre sans convoiter Lénina et il se punit systématiquement, physiquement et mentalement pour de telles pensées. Sa propre flagellation lui vaut la curiosité des médias et des badauds. Il est véritablement harcelé par de nombreux visiteurs, intrigués par la conduite inhabituelle du Sauvage. À la fin du roman, John attaque Lénina alors que celle-ci se joint aux curieux. Le matin, effrayé par ce qu'il a fait et dégoûté de lui-même, il se pend dans la cage d'escalier du phare.

    Analyse 

    Le Meilleur des mondes décrit une société future dotée des caractéristiques suivantes :

    • La société est divisée en sous-groupes, des Alphas aux Epsilons, en fonction de leurs capacités intellectuelles et physiques. L'appartenance à un groupe ne doit rien au hasard : ce sont les traitements chimiques imposés aux embryons qui les orientent dans l'un des sous-groupes plutôt qu'un autre, influençant leur développement.
    • Ces sous-groupes, qui constituent des castes, coexistent avec harmonie et sans animosité, chacun étant ravi d'être dans le groupe où il a été placé. Et pour cause, des méthodes hypnopédiques (répétitions de leçons orales durant le sommeil) conditionnent le comportement de chacun dès le plus jeune âge.
    • La reproduction est entièrement artificielle. Non seulement la notion de parenté ne correspond plus à une réalité courante, mais son évocation est considérée comme vulgaire, voire obscène.
    • La sexualité est détournée pour n'être que récréative et étouffer dans l'œuf les passions amoureuses, celles-ci étant clairement source de tensions (jalousie, possessivité), et donc à bannir de cette société.
    • Le conditionnement dirige les goûts des membres de la société vers des loisirs nécessitant l'achat d'équipements spécialisés au lieu de l'appréciation des passe-temps gratuits ou bon marché. On les conditionne, par exemple, à ne pas aimer la nature, au motif que ce goût n'engendre pas assez d'activité économique. Huxley montre ici les dérives possibles du behaviorisme ou comportementalisme étudié notamment par John Broadus Watson.
    • Les loisirs sont omniprésents à la condition expresse qu'ils soient en groupe. Le sexe sans limite est encouragé dès la plus petite enfance, comme une relation sociale récréative comme une autre.
    • Le soma est une drogue parfaite, sans effet secondaire, qui est distribuée par l'administration. Cette drogue empêche les habitants d'être malheureux. Elle agit sur un mode anxiolytique.
    • Sur le plan religieux, le régime est théocratique. Cela dit, les notions de religion et de théocratie y sont inexistantes et il en va de même pour toutes les autres notions associées à la religion, sauf l'hérésie, qui peut être punie de déportation, et le sacrilège.

    Huxley fonde sa dystopie sur l’aspect utopique d’une société-monde profondément anesthésiée par le progrès scientifique et technique de l’an 600 après Ford. Ce roman pousse à son paroxysme les conceptions sur l'eugénisme qui était alors considéré par la communauté scientifique, et particulièrement par les généticiens et les biologistes, comme une science à part entière. D'ailleurs, Julian Huxley, frère d'Aldous Huxley, était un éminent généticien partisan de l'eugénisme (nommé à la tête de l'UNESCO en 1946). Le Meilleur des mondes dénonce les méfaits de l’utopie en tant que conceptualisation fausse et assujettissante. L’épigraphe qui introduit l’œuvre cloue au pilori l’utopie et invite les intellectuels à l’éviter pour échapper au piège idéologique qu’elle tend :

    « Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu’on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment éviter leur réalisation définitive ?… Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d’éviter les utopies et de retourner à une société non utopique, moins parfaite et plus libre. »

    — Nicolas Berdiaeff

    Ce monde qui se veut parfait évoque déjà celui du Fahrenheit 451 de Ray Bradbury ou d’Un bonheur insoutenable d'Ira Levin. Toutefois, Le Meilleur des mondes est plus souvent rattaché à la littérature générale qu'à la science-fiction, comme d'ailleurs 1984 de George Orwell auquel il est souvent comparé, les deux ouvrages présentant des visions du futur fort différentes. Ici, la liberté a disparu, le doute a disparu mais les gens sont heureux, chacun est à sa place et se réjouit de son sort.

    Le Meilleur des mondes a longtemps été présenté comme une vision pessimiste du futur de la société de consommation. Ce n'est pas seulement un livre de science-fiction mais aussi une métaphore de la société actuelle.

    Qu'un système puisse se charger méthodiquement d'écraser ce qu'il y a d'humain dans l'homme a aussi été décrit par Soljenitsyne dans sa pièce Une petite flamme dans la tempête.

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  •  

    Fahrenheit 451

     

    (titre original : Fahrenheit 451) est roman de science-fiction dystopique de Ray Bradbury publié en 1953 aux Etats Unis. Il paraît en France en 1955.
    Le titre fait référence à une température, en degrés Fahrenheit, qui selon Bradbury est celle où le papier s'enflamme et se consume. Cette température équivaut à un peu moins de 233 °C.

    Le livre a obtenu le Prix Hugo du meilleur roman 1954.

    Résumé

    Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.
    Première partie, Le Foyer et la Salamandre.

    Dans un futur indéterminé, Montag est un « pompier » dont le travail est de brûler toutes les œuvres écrites, sans exception. Lui et son escouade pyromane parcourent la ville à la recherche de toutes les bibliothèques illégales, et ont pour ordre strict d’en faire un autodafé. Le monde de Montag est un monde où posséder un livre, voire simplement lire une œuvre écrite, sont devenus des crimes. La littérature, répugnée par la société, n’existe plus. Jusque-là pleinement satisfait de son travail, Montag va un jour décider de soustraire des livres à leur destruction promise et de les lire. Il décide de cacher les œuvres chez lui, sans que personne ne soit au courant. Une nuit en revenant de son travail, au petit matin, en regagnant sa maison, il rencontre une jeune fille, au détour d'une rue. Elle s'appelle Clarisse McClellan, et a 17 ans. Elle est l'opposée en tous points de l'épouse de Guy Montag : Mildred, endoctrinée par la propagande télévisée.

    Deuxième partie, Le Tamis et le Sable.

    Découvrant les livres, il part en recherche d'une vieille connaissance qu'il n'a jamais dénoncée, sans vraiment savoir pourquoi. Il s'agit de Faber, un vieux professeur d'anglais retraité qui s'était fait licencier quarante ans plus tôt à la fermeture, par manque d'élèves et de crédits, de la dernière école d'arts libéraux. Une discussion a lieu entre les deux hommes, Montag proposant à Faber de réimprimer des livres. Finalement, Faber lui donnera une puce qui, introduite dans son oreille, lui permettra de communiquer avec lui en toute discrétion. Le but étant de découvrir les points faibles de l’univers des pompiers, et plus particulièrement du capitaine Beatty, le supérieur hiérarchique de Montag.

    Troisième partie, L'Éclat de la Flamme.

    Faber envoie Montag en mission de reconnaissance, mais Montag se fait démasquer et finit par brûler Beatty, lors d’une mission qui visait la maison même de Montag. En effet, sa femme, Mildred, avant de le quitter, avait averti les autorités de la présence de livres chez elle. Montag devient alors un dangereux criminel et est traqué sans merci par cette société pourtant au bord de la guerre. Il est alors poursuivi par le Limier (une machine robotisée programmée pour traquer, capturer et tuer tous ceux qui osent toucher aux livres. Le limier-robot est une machine qui ressemble à un chien-abeille avec ses huit pattes et sa trompe de laquelle sort un dard qui injecte des doses massives de morphine et de procaïne). Grâce à un ingénieux tour de passe-passe et surtout avec une chance incroyable, il parvient à s'échapper de la ville et se laisse porter le long du fleuve pour rencontrer les membres d'une communauté itinérante composée de vieux diplômés de Harvard qui habitent sur les routes, le long de vieux chemins de fer rouillés. Ils ont chacun appris un livre par cœur afin de le sauver de l'oubli auquel il était promis. Finalement, la guerre éclate et Montag voit la ville détruite, lui donnant une chance à un nouveau départ.


    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Natacha Polony : Le Pire est de plus en plus sûr

     

    Tout les agrégés de Lettres ne méprisent pas la science-fiction, la preuve en est la parution d'un passionnant -et terrifiant- récit d'anticipation signé Natacha Pologny : « Le pire est de plus en plus sûr ».

    Cette ex-enseignante, bonne connaisseuse de l'école de la République dont elle dénonce depuis longtemps la faillite dans les médias comme dans ses ouvrages dépeint cette fois un tableau apocalyptique de ce que sera la système scolaire en 2020. Totalement autonomes, les établissements désormais baptisés François-Bégaudeau ou Philippe-Sollers sont libres de choisir leurs élèves, leurs enseignants et leurs programmes. Unique critère de sélection pour intégrer un lycée coté : la somme d'argent que la famille peut verser. Les foyers modestes sont donc contraints de se tourner vers les rares groupes scolaires gratuits où pointent les plus mauvais profs de l'académie. La contribution de l'État est si maigre que seuls les profs qui ont échoué à tout les entretiens d'embauche acceptent d'y enseigner.

    Excessif ? Pas tant que cela. L'auteur a simplement poussé jusqu'au bout la logique des réformes enclenchées ces dernières années. Programmes amincis, professeurs de moins en moins formés, proviseurs poussés à agir en gestionnaires : la grande transformation a déjà commencé. C'est le portrait d'une France divisée, plus inégale que jamais, l'aboutissement le plus logique de l'engrenage dans lequel l'Education National tend à glisser.

    Alarmiste mais pas défaitisiste, Natacha Polony affirme qu'il est encore temps d'enrayer le processus.

    Résumé:

    Le pire est de plus en plus sûr« Septembre 2020 : Hugo entre en 6ème. Il vient de fêter ses onze ans, mais il n’y a là rien d’impressionnant. Pas de passage de l’école primaire au collège, pas de multiplication des professeurs en fonction des matières. En fait, l’école a tant changé que son organisation n’a plus rien à voir avec ce qu’a pu connaître Victor, son frère aîné, qui vient d’obtenir le baccalauréat sur la base du contrôle continu. Encore moins avec ce qu’ont connu ses parents, qui ont fréquenté le collège entre 1985 et 1989. D’ailleurs, eux sont un peu perdus : l’école du « socle commun » commence désormais à cinq ans et se poursuit jusqu’à seize ans dans la même structure. La seule chose que savent ces parents inquiets, c’est qu’il faut s’y prendre très tôt pour inscrire son enfant dans les meilleures écoles, tant les différences entre établissements sont désormais un fait acquis. Plus question de laisser son enfant dans l’école du quartier sous prétexte que c’est plus pratique. La réussite se prépare tôt. Mais elle coûte cher… »


    "Le Pire est de plus en plus sûr" aux édition Mille et Une Nuits, 9€

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • La Fabrique du crétin

    La Mort programmée de l’école

    de Jean-Paul Brighelli


    La Fabrique du crétin -BrighelliRésumé du livre:

    Nos enfants ne savent plus lire, ni compter, ni penser. Le constat est terrible, et ses causes moins obscures qu'on ne veut bien le dire. Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d'années ce qui fut l'un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. Faut-il incriminer les politiques, les profs, les parents, les syndicats, les programmes ? En tout cas, la Nouvelle Pédagogie a fait ses 'preuves' : l'école a cessé d'être le moteur d'un ascenseur social défaillant. Ceux qui sont nés dans la rue, désormais, y restent. Dès lors, que faire ?


     

    Par 
    Dépakine

    Ce commentaire fait référence à cette édition : La Fabrique du Crétin : La mort programmée de l'école (Poche)
    Il suffit de lire certains commentaires très récents et aussi virulents qu' insultants sur les livres de Paul Brighelli pour comprendre qu'il dérange «l' intelligentsia » (ou plutôt la tartuffentsia) pédagogico-pseudo intellectuelle, idéaliste et souvent politisée qui, bien terrée dans sa tour d'ivoire technocratique, ne voit pas(ou feint de ne pas voir) l'eau qui inonde la rase-campagne qui l'environne ni s'agiter désespérément les troupes enlisées dans la fange qu'elle y a abandonnées depuis longtemps.

    Il faut dire qu'ils ont eux-même tout fait pour le quitter, ce terrain, puisqu'ils occupent maintenant des postes de conseillers pédagogiques, de PIUMF ou d'inspecteur, certains parfois après seulement quelques années de service en tant qu'enseignant, et encore, parfois dans des institutions qui n'offrent qu'une réalité très différente du quotidien des classes ordinaires, ce qui ne leur a permis de n'avoir qu'une expérience somme toute très limitée, mais quelle importance? Ils ont su adopter habilement le langage abscons en vogue, l'idiolecte des IUFM et citer quelques auteurs pédagogiquement corrects du cru, beaucoup de zèle saupoudré par dessus, encore un zeste de réseau relationnel et les voilà considérés par leur hiérarchie, friande d'esbroufe pédagogique, comme enseignants d'élite donc nommés formateurs! (car dans l'Education Nationale, les « meilleurs » sont placés, à leur grand soulagement, loin du terrain ( dont la réalité les mettrait dangereusement en porte-à-faux) .
    Ils ne vont donc pas dénigrer le verbiage qu'ils ont adopté à ces fins et qui les fait vivre, car leur fonction consiste à veiller à ce que ce discours révélé (car venant d'en haut) soit entendu et appliqué, quelques soient les réalités qu'ils balaient d'un revers de main méprisant.

    Leur égo surdimensionné, leurs certitudes abstraites et leur carriérisme les poussent donc à nier les réalités les plus criantes (il faut dire qu'ils ne les côtoient que de loin) du rapport Obin, de l'étude PISA, du rapport PIRLS réalisé par l'AIE en 2006, par exemple (sont-ce là les résultats des « progrès des sciences de l'éducation » qui font que le « savoir des élèves s'élève »? ).

    Evoquer « la mauvaise foi » de Brighelli relève donc soit du contre sens, soit de...la mauvaise foi caractérisée. Dire qu'il « cherche à promouvoir ...le retour à l'élitisme du bourrage des crânes au bénéfice d'une classe sociale, le retour à l'obscurantisme qui empêche l'esprit critique » relève du contre sens complet (ou alors peut-être n'avons nous pas lu le même livre?) car l'auteur, au contraire, est le premier à regretter que l'école n'apprenne plus à des élèves, qui seraient plus demandeurs si on leur en proposait et demandait davantage au lieu de les niveler par le bas et de leur servir un discours et un programme démagogiques, l'étude notamment de la littérature qui justement est, selon lui, un moyen privilégié d'ouvrir l'esprit et d'y faire éclore l'esprit critique (celui-là même que les conseillers pédagogiques ou inspecteurs éradiquent parmi leurs troupes et dont eux-mêmes, en bon petits caporaux de la pédagogie du jour, ne semblent pas beaucoup munis, d'ailleurs : le simple fait qu'ils aient tous le même discours le montre bien. Comment sur des question de « sciences humaines » que sont les sciences de l'éducation peut-on être aussi unanimement d'accord que le sont des mathématiciens sur un théorème? ).

    Loin de démonter « l'Ecole Républicaine », il la défend au contraire en regrettant que les différentes tendances au pouvoir depuis plusieurs décennies n'autorisent toujours pas ou pas assez aux enfants issus des classes moyennes ou « populaires » d'accéder à un niveau social et culturel supérieur à celui dont ils sont issus (voir Les oubliés de l'école de l'observatoire à l'enfance sur le sujet et le passage sur l'influence du « réseau relationnel » des parents ), la gauche s'empêtrant dans ses délires philosophico-marxisto-pédagogico-liberto-pseudo progressistes, posant comme postulat que tout ce qui s'est fait avant est forcément à annihiler, et qui n'aboutissent qu'à un joyeux marasme en termes d'efficacité; et la droite qui ne cherche surtout pas à le faire ni à contrecarrer l'échec de la gauche en la matière, ceci afin d'avoir une population coupée de sa culture (littéraire notamment), dotée d'un esprit critique limité et donc manipulable à souhait, dotée de quelques notions scolaires de base nécessaires à en autoriser l'embauche dans des petits emplois polyvalents, main d'oeuvre facile, docile et bon marché, en somme.
    Les rejetons de ces élites d'ailleurs comme ces élites elles-mêmes l'on fait avant eux, précise l'auteur, n'ont cessé de fréquenter les lycées d'excellence, notamment parisiens, où la nouvelle pédagogie n'a jamais été de mise et où l'on continue à travailler « à l'ancienne » avec les résultats que l'on sait sans que personne parmi la « tartuffentsia » ne s'en offusque d'ailleurs.

    D'où viennent alors « l'arrogance et la cuistrerie », et qui est « au service d'une démolition annoncée de l'Ecole républicaine»?

    Merci Dépakine (commentaire recueilli sur le site de vente "Amazon")

    Pour une fois, j'emprunte les mots d'une autre car elle a su mieux que moi cerner les points forts du livre et constater les réactions qui dérangent. Pourquoi il dérange d'ailleurs ce fameux bourquin, parce que Brighelli ne prend pas de gants et ne ménage personne, il va droit au but pour faire passer une réalité que personne ne veut voir.
    Le titre "la Fabrique du Crétin" ne fait pas référence aux générations "massacrées" de l'éducation Nationale mais à celui qui dirige le système. L'auteur va droit au but sans prendre de pincettes pour dénoncer une situation qui s'aggrave de jour en jour. Ce livre dérange? Peut-être que le message qu'il transmet est dur à gober pour notre société de jemenfoutistes qui rejettent la responsabilité de l'illetrisme grandissant et de l'absence complète de cultures et de limites à des professeurs à qui on ôte tout pouvoirs éducatifs et toute crédibilité. Nous sommes tous le crétin qui alimente la fabrique en nous rendant complice du système...
    Un livre fort qui inquiète mais qui invite son lecteur dans le débat et cherche à faire réagir.

    Pour ceux qui s'inquiètent du devenir de leurs enfants et du système éducatif en général, une très bonne lecture.

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique