• Elantris- Brandon SandersonLe titre choisi du jour est Elantris de ... ben comment avez-vous deviné? Eh oui, ENCORE de Brandon Sanderson (ceux qui ont la chance de ne pas me connaître en vrai échappent à mon laïus perpétuel sur l'admiration que m'inspire cet auteur ainsi que les marques de son génie.)

    D'abord publié en deux parties intitulées "Chute" et "Rédemption", Elantris a été rassemblé en une édition intégral rassemblant les deux livres en une histoire complète.

    Résumé:

    Il y a dix ans, la sublime cité d'Elantris, capitale de l'Arélon a été frappée de malédiction. Ses portes sont désormais closes et nul ne sait ce qu'il se passe derrière ses murailles. Kaë est devenue la première ville de l'Arélon. Quand la princesse Sarène y arrive pour épouser Raoden, l'héritier de la couronne, on lui apprend qu'il vient de mourir. Veuve d'un homme qu'elle n'a jamais vu, Sarène choisit pourtant de rester à la cour, et tente de percer le mystère d'Elantris...

     

    Mon avis:

    On est assez loin du cliché "contes de fées" et "Fantasy classique" en dépit de la quatrième de couverture, et de l'idée que l'on pourrait se faire d'un "princesse cherche prince pour romance et plus si affinités". Sanderson garde toujours la fameuse recette de son succès: des personnages soignés et travaillés que l'on prend plaisir à suivre, des trouvailles bien à lui (le Shaod, les Séons, les Aons etc...) et... Sa manie de promener son lecteur par le bout du nez, le guidant là où il veut dans l'intrigue pour ensuite effectuer un retour à 360 degrés comme il en a la maitrise. (Et après trois Misborn, je me suis encore faite avoir!) On passe de surprises en coups de théâtre sous la maestria de l'auteur.

    Les personnages majeurs

    Raoden: Fils du roi Iadon et personnage principal avec la princesse Sarène, l'histoire commence avec lui lorsqu'il est touché par le Shaod (maudit) et emmuré en Elantris. Comme toutes les victimes du Shaod, sa damnation est gardé secrète et il est donc déclaré officiellement décédé. Il rélévera sa grandeur de prince non pas par son titre mais par son coeur et son esprit. Homme de valeur et intelligent, il va révolutionner le mouroir d'Elantris...

    Sarène: Sarène est une princesse du royaume du Théod. Trop grande selon les critères Arélois, trop vieille (25 ans), veuve dès son arrivée sans avoir jamais rencontré son mari, Sarène ne va pas se contenter de porter le deuil de Raoden mais va se mêler de toutes les intrigues de la cours pour tenter de comprendre le sort de son défunt époux et enquêter sur la mystérieuse Elantris... Sarène est une femme opiniâtre, résolue, très intelligente et habile stratège. Si sa blondeur et sa jeunesse lui attribuent du charme, son  eprit demeure à la fois son plus grand atout et sa plus grande faille...

    Kiin: Oncle de Sarène et frère de l'Aventéo (souverain du royaume du Téod dont il est originaire ainsi que Sarène), Kiin est marchant. Homme simple et humble, il conçoit une véritable passion pour sa famille, et se désintéresse des titres nobioliaires. Pour autant, il garde un regard circonspect sur les acgissements de Iadon et de la cour d'Arélon. Une part de son passé demeure mysrérieuse une grande partie de l'histoire. Il a deux enfants issus de son union avec Daora; une fille nommée Kaise et un fils, Daorn. Il est également le beau-père de Lukel et Adien, les deux fils de Daora issus d'un premier mariage. Leur famille devient le second foyer de Sarène.

    Iadon: Le roi Iadon est arrivé au pouvoir dix ans avant le début de l'histoire, au moment de la chute d'Elantris. Marchand, il gère le pays comme une série de transactions. Malheureusement sa politique bien que peu contestée ouvertement affaiblit l'Arélon en profondeur. La perte de Raoden lui causera un grand préjudice, le prince étant apprécié du peuple qu'il défendait. Son épouse, la reine Eshen vit dans son ombre et en silence.

    Hrathen: Hrathen est un Gyorn, comprendre par là un haut prélat de la religion Déréthi (Shu-Déreth). Il est arrivé en Arélon avec la mission expresse de convertir ce pays païen à sa religion brutale... Ou de le laisser être détruit. Car le temps est compté d'ici l'apocalypse... Hrathen est un personnage complexe et secret qui réservera de bien nombreuses surprises...

    Galladon: Galladon est un fermier Dula, un homme à la peau sombre issu d'un royaume pacifique de Duladène. Il est également la première bonne rencontre que fera Raoden en Elantris et deviendra rapidement son ami et bras droit. Sagace, quelque peu pessimiste, plein de bon sens et de bonté, il n'aura de cesse de se faire la voix de la raison pour tenter de limiter les excentricités de son ami qu'il soutiendra pourtant de manière fidèle...

    Dilaf: L'arteth Dilaf (comprendre "prêtre") est le seul prêtre Arélois de la religion Déréthi. Cet homme roux, passionné par la foi qu'il prêtre se prêtrera à la cause de Hrathen pour mieux servir leur dieu, mais demeurera aussi imprévisible que dangereux...

     

    Elantris- Brandon Sanderson

    Elantris- Brandon Sanderson

     

    Pour avoir lu L'Empire Ultime, Le Puits de l'Ascension et Le héros des Siècles avant, les comparaisons vont vite même si les univers ne se ressemblent pas vraiment et on retrouve la "patte" Sanderson dans la complexité des intrigues et le côté sombre, presque désespéré de la situation dépeinte. Pour autant, Elantris n'a pas le même cachet que Mistborn et le lire après est quelque peu déçevant même si le livre n'en demeure pas moins excellent.

    Petit regret: Sanderson n'explique qu'au fil de l'histoire ses créations religieuses, ou sociales. On découvre le monde de manière progressive et quelque peu ardue qui laisseraient des lecteurs occasionnels peut-être un peu perdus et pourraient lasser les bibliophiles.

    Malgré tout, Elantris reste un grand titre de la Fantasy et un roman incroyable, moins constrasté au niveau émotionnel que la saga Mistborn mais également très poignant et habilement mené. Une grande histoire qui mérite ses lettres d'or et sa place dans les bibliothèques tout bon passionnés de Fantasy.

    Et pour les mordus de Sanderson, le forum officiel est [url=http://www.brandonsanderson.webfantasy.fr/forum/index.php]ici[/url]

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  • L'Alliage de la Justice

    Je crois qu'il n'est plus à présenter ma passion pour les romans du briantissime Brandon Sanderson, et que le nom de l'auteur n'est donc en rien une surprise au choix de ce coup de coeur.

    Suite de la trilogie Mistborn incluant "L'Empire Ultime", "Le Puits de l'Ascension" et "le Héros des Siècles", l'intrigue se déroule dans le même univers. Quelques légers balbutiements sur l'ellipse temporelle; la quatrième de couverture annonce "cinq-cent ans ont passé", mais les personnages évoquent "trois cent ans depuis les originels". Une petite coquille sans impact réel sur l'histoire cependant.

    Depuis l'ère de Vin, Elend, Kelsier Sazed et les autres, le monde a profondément évolué. Les petites villes se sont développées, la Capitale rebaptisée Elendel en mémoire de l'Ultime Empereur comporte de nombreuses références historiques, mythologiques et religieuses envers ceux que l'Histoire a baptisé "les Originels". L'évolution technologique a amené le cadre dans un univers steampunk, magique teinté d'un fond de western. Seul regret personnel, je trouve l'avancée technologie vraiment trop rapide si je voulais pinailler sur un point de logique.

    Loin de dépeindre une intrigue et un contexte aussi sombre que les trois premiers livres de la série, celui-ci se teinte d'humour et d'un certain côté rocambolesque. Comme toujours, Sanderson aime les coups de théâtre et ne se prive pas de promener son lecteur dans une aventure haletante, pleine de charme et d'adrénaline. Les femmes y sont toujours bien représentées, autre "griffe" de l'auteur qui met en scène une belle qualité d'héroïnes pour seconder -et parfois même supplanter- ses héros.

    Les Personnages

    Et comme Sanderson a commencé à nous y habituer dans les trois premiers Fils-des-Brumes, les personnages sont admirablement fouillés.

    Waxillium Ladrian alias Wax: L'intrigue débute avec lui et le porte comme personnage principal. Wax est un garde-loi, un "shériff" sans attribution officielle qui défend l'ordre et la justice dans les contrées sauvages des Rocailles. Mais Wax est également un noble issu de la lignée Ladrian (pour ceux qui ont lu la première trilogie, clin d'oeil à un perso TRES connu, pour les autres... filez lire tout ça!) Il revient vivre à Elendel une vie de noble au décès de son oncle. Jusqu'à ce que tout se mette en place, naturellement...

    Wayne: Si je devais classer les personnages par ordre de préférence, celui-là aurait la première place. Jeune homme taquin, passé maître dans l'art du déguisement, plein de ressources et d'humour et cleptomane-troqueur invétéré, il se révèle plus qu'un excellent bras droit pour Wax: un ami précieux. Et Wayne sous ses dehors immatures et insouciant se révèle un coriage et roué jeune homme!

    Steris Harms/ Marasi Colms: Ces deux parentes jouent respectivement des rôles importants à la fois dans le déroulement de l'aventure et dans la vie de Wax. Ce dernier est fiancé à Steris, jeune femme blonde aux manières irréprochables et à l'attitude calculée à l'extrême. Mais sa timide cousine, la brune Marasi va prendre une certaine importance au fil de l'aventure...

    Miles l'Increvable: Je ne peux pas en dire trop à propos de ce personnage sans éventer une partie de l'intringue, aussi me contenteraiu-je de dire à son sujet qu'il n'est pas sans rappeler quelques héros des aventures précédentes au niveau du caractère.

    Et juste pour le plaisir car elle ne fait qu'apparaître: Ranette

    Ranette est armurière, taciturne, bougon, asociale et un véritable génie dans son domaine. Et parce que c'est un personnage secondaire très bref dans l'histoire, je regrette profondément de ne pas l'avoir mieux suivie.

    Les pouvoirs ont évolué.

    Depuis la première trilogie, Sanderson nous a détaillé la magie et les pouvoirs de la Ferrochimie et de l'Allomancie, et en dernier lieu, de l'hémalurgie.

    Ces pouvoirs existent toujours mais ont subi avec le temps et le brassage de population quelques modification. Exit les Fils des Brumes, la plupart des Allomanciens n'ont qu'un seul pouvoir. A l'exception des Double-Fils. Ceux-là "remplaçent " dans le contexte les fils des Brumes de jadis et cumulent un pouvoir allomantique et une capacité ferrochimique. Ils demeurent très rares et leur efficacité dépend autant de leurs dons que de la manière dont ils les développent. Encore une fois, l'auteur réutilise les éléments qu'il avait déjà distribué pour frapper fort et d'une manière absolument géniale. Comme dans les premiers livres, les combats d'allomanciens sont épiques, à cela que dans cette nouvelle aventure s'ajoutent des revolvers!

    Le résumé

    L'Alliage de la Justice - Brandon SandersonCinq cents ans ont passé. Kelsier, Vin, Elend et les autres font désormais partis de l’Histoire – ou de la religion. Les chemins de fer côtoient les canaux, les rues sont éclairées à l’électricité et les premiers gratte-ciel partent à l’assaut des nuages. Mais les anciennes magies allomantique et férochimique existent toujours. Un outil précieux pour les hommes et femmes courageux qui tentent de faire régner la justice dans les terres sauvages qu’on appelle les Rocailles. Après vingt ans là-bas et une récente tragédie, Wax Ladrian est de retour à la métropole d’Elendel. À la tête d’une Maison noble, il doit ranger ses pistolets pour assumer de nouveaux devoirs. Ou du moins le croit-il. Car les demeures et les rues élégantes de la ville pourraient bien s’avérer plus dangereuses encore que les plaines poussiéreuses des Rocailles…

    « Pensez efficace. Pensez fun.
     Bienvenue sur le territoire de Butch Cassidy ! »

    The Bookseller

    Mon principal regret à la lecture de ce livre? son épaisseur: alors qu'avec les trois premiers, l'auteur nous avait habitué à une moyenne de 800 pages qui se dévoraient en un clin d'oeil, l'Alliage de la Justice n'excède pas 272 pages, autant dire qu'il se lit vite, trop vite pour les amateurs du genre! Mais son ouverture sur la fin laisse présumer d'une suite des plus trépidantes (ou l'auteur serait véritablement une peau de vache!) car aux dernières pages, on réalise qu'en fait, l'histoire ne fait que commencer...

      J'avais un peu peur à la fin de la première trilogie qu'en vertu de tout son génie, l'auteur ne fasse rien d'aussi bon et certainement pas de meilleur. Quoique le contexte soit bien différent, Sanderson a réussi l'incroyable: Sans lourdeur, sans pause, sans longueur et sans perte de qualité, il effectue une transition d'époque remarquable pour des aventures de haut vol, comme il y a habitué son lectorat. Loin d'être à la traîne des premiers livres, l'Alliage de la Justice donne un nouveau coup de fouet à cet univers!

    Suite à guetter avec impatience!

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  • La Cité Noire - Thomas JohnLa Cité Noire

    Résumé:

    Une cité régie par des sorciers aux pouvoirs déclinants.
    Une cité où toutes les sept nuits, lorsque les lunes se confondent, la mort hante les rues et emporte les défunts.
    Une cité d’aventures épiques, d’amours et de mort.
    Quel est donc le mystère de la Cité Noire ? Perdus au milieu de ses complots, Ao, Perceron et Kroll parviendront-ils à survivre ?

    Mon avis:

    On sent dans ce premier volume une volonté de l'auteur de poser les jalons de son univers, les Terres de Légendes, Kan-Pang la Cité Noire, les terres naïmes et autres lieux, mais aussi les personnages et le contexte. On se retrouve immergé dans la tentaculaire Kan-Pang d'une pauvreté crasse et d'une cruauté sans nom. L'histoire peine un peu à trouver son élan et sur les premiers chapitres, les personnages principaux, encore à leurs balbutiements apparaîssent plutôt ternes. La foison de personnages secondaire a l'étrange faculté d'enrichir et de compliquer le récit d'un seul et même coup. Le fil de l'histoire s'étoffe et prend de l'élan sur leurs différentes interventions pour suivre un rythme éffrenné sur le dernier quart du livre.


    Les Personnages et leurs parcours

    Les trois personnages principaux, Ao Kroll et Perceron suivent leurs destinées en parallèle.

     

    La Cité Noire - Thomas John

    Ao, jeune fille aveugle et caractérielle, soeur adoptive de Kroll nourrit à son égard une haine farouche depuis que, suite à un accident en sa compagnie elle a perdu l'usage de la vue.

     

    La Cité Noire - Thomas John

    Kroll a dû quitter le village naïme de Pomawok suite à un incident grave et n'aura de cesse de chercher un remède pour rendre la vue à Ao.

     

    La Cité Noire - Thomas John

    Perceron, artiste itinérant en deuil de son fils subira une terrible descente aux enfers qui l'entraîneront dans les affres de la folie avant que le génie ne perce dans son esprit tourmenté pour l'entraîner dans des plans rocambolesques.

    Les routes de ces trois personnages se croiseront à plusieurs reprises et les actions des uns influenceront sans le savoir les destinées des autres. Au cours de leurs périples respectifs, ils se verront escortés de personnages attachants, les maradeurs Leen, Valthar et Elmo soutiendront et pousseront Kroll à se révéler au sein d'une équipe soudée sous l'égide du marchand Payot. Ao connaîtra le soutien de Gaméon, le vieux guérisseur, ou encore de Dragan, père adoptif de Kroll, mais aussi la cruauté de Kheren, son jumeau ou Ananké, le chef de la tribu naïmes. Son lien avec son petit frère Maïko allège considérablement la tragédie qu'elle endure jusqu'à son départ du village.

    Perceron est sans doutes le personnage qui endure le parcours le plus tumultueux puisqu'il va de déboires en carastrophes avant de se raccrocher aux maigres chances qui s'offrent à lui. Jouant d'audace sans vergogne, il s'offre un parcours spectaculaire à la mesure de son personnage. Sa rencontre avec les Sourgnes, Malazur et Ryniver marquent le début d'une épopée intéressante.

    J'ai une tendresse toute particulière pour Leen et Ryniver que je trouve attachantes chacune à leur manière.

    Le style:

    Le style d'écriture joue pour beaucoup dans l'immersion du lecteur. On retrouve dans le riche vocabulaire descriptif de Thomas John la misère de Kan-Pang, la fière liberté des plaines naïmes aux tentes multicolores, le foisonnement de la forêt, l'atmosphère putride du Fangeux et l'ambiance angoissante des nuits de Lunardente. Le champ lexical fouillé touche à une étrange particularité, car il alerne le soutenu, le courant et l'argotique selon les scènes et les personnages, relevant l'élégance de la noble Nibélune ou l'ambiance fétide des tournées de bars de Perceron. Rapide malgré tout, la plume de l'auteur ne s'égare pas en descriptions interminables et cède le pas à l'action dans un bon équilibre qui maintient l'intérêt du lecteur.

    La description de la misère et du peu de cas des vies humaines a de quoi faire froid dans le dos et tend à passer ce roman en dark-fantasy avec une certaine subtilité. Un roman intense et riche, dont on sent, particulièrement sur les derniers chapitres qu'il ouvrira sur autre chose, révélant les mystères laissés en suspend à la fin de ce premier volume.

    Cruel impitoyable et génial.

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  • The Hunger Games

    Suzanne Collins

    Mon avis:

    Pour une fois, il ne s'agit ni d'un coup de coeur, ni d'un coup de foudre, mais d'un sentiment plutôt tiède à la fermeture du bouquin.

    Ayant découvert le film inspiré du livre avec une agréable surprise, je me suis dis "tiens, la fantasy jeunesse nous sort enfin une bonne trouvaille depuis Harry Potter." Séduite et intriguée, je me suis procurée le premier volume de la trilogie The Hunger Games.

    Parlons des choses qui fâchent d'abord:

    La première déception tombe très vite et très fort à moins de trois pages de lecture. Le style de rédaction est atrocement pauvre, pour ne pas dire scolaire, sans relief et laisse une vague sensation de vide dans ce paroxysme de simplicité. Le premier choc survient au premier dialogue, lorsque Katniss, personnage principal prend la parole, et où sa tirade se voit conclut par un parfaitement inutile "je dis"/"je réponds", enchaînant sur le narratif. Maladresse de traduction de la formule anglo-saxonne "I said"? Toujours est-il que cette formule malheureuse se retrouve hélas tout au long de l'histoire, telle une construction syntaxique alambiquée et hasardeuse, pour ne pas dire agaçante.La construction des phrases laisse également souvent à désirer, en mettant un peu trop en avant la forme pronominale voir en supprimznt le verbe et en privilégiant des formules courtes, qui, au lieu d'améliorer la dynamique donnent un aspect "hâché" au récit.

    Mais alors, quel intérêt de lire un livre si le style n'y est pas? Eh bien, il faut reconnaître que Suzanne Collins n'a pas négligé l'attrait de son univers: on découvre Panem, autrefois l'Amérique, et le Douzième District, régit par une extrême pauvreté. On y suit le quotidien de ses habitants, la MOisson, les Hunger Games, et outre ce thème principale, une intrigue arachnéenne plutôt bien menée autour de cet univers inédit, de ses secrets, de ses pièges, de sa politiques et de ses mystères. Les descriptions s'alternent d'assez d'action pour ne pas rendre le récit pesant, tout en se révélant assez riches pour donneer au lecteur un aperçu précis de ce qu'il suit.

    La narration à la première personne et au présent place Katniss en narrateur interne et nous donne son point de vu comme seul angle d'approche, augmentant l'aspect intimiste de l'histoire. A travers l'héroïne, le lecteur traverse les règles impitoyables du Capitole, des Hunger Games et de Panem. Mais ce procédé, s'il accentue l'aqpect familier lecteur/personnage se révèle par moment à double tranchant. Pas facile en effet de se glisser en permanence dans la peau de cette jeune fille, qui semble balancer en amour entre un garçon et l'autre, qui hésite ou qui se ferme selon les situations, et qui joue les poupées modèles et frivoles par instant. Les adolescents y trouveront peut-être leurs compte, les jeunes adultes peut-être un peu moins.

    Si le style n'a rien d'innovant et qu'il comporte quelques aspects rebutants, le livre n'est en revanche pas difficile à lire, et la trame étant très riche et intéressante, la qualité du fond compense facilement la médiocrité de la forme. On peut en revanche s'interroger sur l'âge du public ciblé par une telle histoire, à la fois un peu simple et sentimentale peut-être pour une littérature adulte, et noire et rude pour un livre jeunesse. Si la plupart des idées sont bonnes, toutes ne sont pas forcément exploitées à leur maximum. Certains aspects auraient pu se voir développés, d'autres tenus de manière plus discrète. Comme par exemple le descriptif fréquent des repas prit par Katniss au Capitole, ses fréquents retours mentaux sur Effie et Haymitch, ou Cinna, et de manière générale, les "coulisses" des préparations aux Jeux de la Faim, où l'on suit certes cette jeune fille caméra à l'épaule, mais où l'on assiste en fin de compte à beaucoup trop de détails.

    De tout les personnages de l'histoire, c'est Katniss, le personnage principal qui semble à la fois le plus brouillon et le plus difficile à cerner. Du fait de sa narration, le lecteur est plongé dans ses doutes, dans sa vision parfois confuse, souvent colérique et relativement froide. C'est un personnage auquel on voudrait s'attacher tout en gardant pourtant un réserve. Quelque chose lui manque pour qu'elle dispose du parfait équilibre.

    En revanche, les personnages secondaires tels que Rue, Peeta, Haymitch, Cinna et Effie prennent souvent une dimension plus humaine, plus importante, mieux structurée.

    Une chose ne manque pas aux Hunger Games, il s'agit de l'action. C'est de moteur-là qui compense toute les autres failles et que l'auteur manie le mieux, en maintenant un rythme assez soutenu sans être haletant. A regretter cependant certaines lenteurs dans le récit.

    Bref, un livre à lire entre deux, par curiosité.

    Note:

    Histoire: 7/10

    Style: 4/10


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  • Warbreaker

    de Brandon Sanderson

    [Fantasy] Brandon Sanderson - Warbreaker

    Ah tiens, voilà un nom qui n'était pas revenu depuis AU MOINS DES MOIS dans cette rubrique! Eh oui, j'ai pris du retard sur la sortie française, et puis dans la lecture en général, mais, en fidèle lectrice et amatrice de Brandon Sanderson, voici ma critique de Warbreaker:

    Résumé : 

    Voici l’histoire de deux sœurs, Vivenna et Siri.
    L’histoire du Dieu-Roi que l’une d’entre elles doit épouser, et de Chanteflamme, un autre Dieu qui n’aime pas son travail. Celle aussi de Vasher, un immortel qui tente de réparer les erreurs qu’il a jadis commises, et de Saignenuit, sa mystérieuse épée. Dans leur monde, celui qui meurt auréolé de gloire devient un dieu. Il vit dans le panthéon de la cité d’Hallandren, et utilise la magie biochromatique, la magie du Souffle. Un Souffle qu’on ne peut récupérer qu’une fois, sur un individu à la fois.

    [Fantasy] Brandon Sanderson - Warbreaker

    Mon avis,

    Un nouvel univers, une nouvelle magie:

    Après une monde d'Elantris, avec sa magie des Aon, celui de Fils des Brumes avec le pouvoir des métaux, cette fois l'auteur explore une nouvelle matière avec le Souffle BioChromatique (simplifié en "BioChroma"), pouvoir tiré des Couleurs. Un domaine original avec un fonctionnement qui ne l'est pas moins... Un coup de maître de la part de l'auteur que d'avoir imaginé un pouvoir avec un élément aussi passif que la couleur. Et un coup de maître brillamment mené. On peut toutefois regretter (un peu) que Sanderson n'aille pas un peu plus loin dans son développement de l'Eveil et des pouvoirs Biochromatiques...

    La force de l'auteur: ses personnages.

    Sanderson l'a déjà prouvé, notamment avec la saga Fils des Brumes, une des grandes forces de ses histoires résident dans le charisme à la fois très fort et très humain de ses personnages. Warbreaker ne déroge pas à la règle. On y découvre deux princesses, l'aînée sure d'elle et bien éduquée, la cadette rebelle et insignifiantes, dont les caractères à la fois attachants, pimentés, colorés se complètent dans une histoire où elles se croisent. On suit une bande de mercenaires très surprenants, qui ont plus d'une corde à leur arc, Vasher le solitaire et son épée animée dont on pressent le danger. Et bien entendu, la Cour des Dieux Rappelés, où tous semblent parfaitement à l'aise, sauf Chanteflamme qui cultive le comble du cynisme en ne croyant pas en sa propre divinité. Et au milieu de tout ce petit monde, le Dieu-Roi, mythe vivant, détenteur d'un pouvoir dépassant l'entendement... Et clé de nombreux mystères. Tous entretiennent la trame d'une intrigue qui, si elle prend un départ un peu lent se rattrape sur la succession des événements. On s'attache à la candide Siri et à sa détermination à faire pour le mieux avec peu d'éléments, on sourit à l'humour désinvolte de Chanteflamme qui ne prend rien au sérieux sans pour autant parvenir à se tenir hors du monde, on vibre avec Vasher, sombre et ténébreux, qui détient la clé de nombreuses intrigues, on s'interroge sur le Dieu-Roi et son culte, on aime détester Treledee son Grand Prêtre qui cultive l'art de se montrer odieux... On suit le combat hésitant de Vivenna qui expérimente la vie de son peuple et l'aventure.Comme dans les autres romans de l'auteur, il n'est pas rare que ces personnages ne soient pas tout à fait ce qu'ils semblent, et que les apparences manichéennes ne soient en vérité qu'une illusion...

    Passant de l'un à l'autre, on change de rythme, d'univers, de contexte, d'état d'esprit dans une histoire une fois encore complexe et riche. Les plus exigeants déploreront peut-être des rythmes d'apparition irréguliers pour certains personnages, et quelques lacunes de développement pour d'autres, mais l'ensemble demeure tout de même de qualité, dans le style de Sanderson.

    Moins de coups de théâtre cependant que ce à quoi Sanderson nous habitue avec Fils des Brumes, et certains sont plus prévisibles, mais de bons virages dans l'intrigue toutefois. Passé la première moitié du livre, il devient difficile de le poser pour manger, dormir ou vaquer à d'autres occupations! On retrouve cette sensation d'addiction délicieuse que Sanderson sait si bien manier, qui fait perdre la notion du temps au profit d'une volonté très nette: connaître la suite! Et le livre refermé, les personnages les plus emblématiques errent encore un peu en filigrane dans la mémoire du lecteur. On s'y attache, on répugne à les abandonner, et avec la fin tombe un vague sentiment de frustration. Toutefois, et sans rien éventer de l'histoire, l'auteur a laissé assez d'ouvertures et de possibilités pour une éventuelle suite? Ou bien, à chacun de l'imaginer...

    Des Dieux très humains

    S'il est un domaine qui semble plaire à l'auteur, c'est indéniablement la théologie. Exploitée dans une mesure plus moindre dans la saga Fils Des Brumes, mise plus en évidence avec Elantris, elle prend avec Warbreaker une importance toute nouvelle. Entre conflit de religions (l'Austrisme propre au peuple Idrien, le Culte des Tons Iridescents des Hallandrènes) et des Dieux plus vivants et humains que l'on pourrait s'y attendre... Ces derniers sont les Rappelés, morts d'une manière noble ou glorieuse et rappelés à la vie pour apporter leurs lumières au peuple. Ils évoluent dans le luxe et la paresse d'une cage dorée, vaquent aux intrigues politiques avec des attitudes pour le moins humaines... Tout en servant -consciemment ou non- des desseins plus vastes.

    Si la religion dans la plupart des romans de Sanderson est à l'image de la magie, clairement décrite, bien définie et délimitée, il demeure un certain flou dans le cas de Warbreaker. En partie maîtrisé et lié au fait que les peuples comme les croyances tirent leurs racines des mêmes souches. Mais -on peut le soupçonner aussi- en partie brouillonne. Face à l'écrasant tour de maître de l'Empire Ultime, Warbreaker peine sur quelques balbutiements. L'auteur présente les bases d'une esquisse titanesque qu'il n'exploite au final que partiellement.

    Les petits moins:

    Si l'intrigue est intéressante et complexe, elle prend beaucoup de temps à se mettre en place au profit de la description d'un système politique et de son fonctionnement. La première moitié du livre est relativement "passive" si on la compare à d'autres oeuvres majeures de Sanderson, et on s'attend à en découvrir plus sur le BioChroma, sur le Dieu-Roi, les Idriens, les Rappelés, les différents peuples et leurs relations. L'action démarre très fort à partir de la seconde moitié de l'histoire, mais non sans un élan un peu longuet, et la fin arrive forcément trop vite. Un moindre mal si l'on garde à l'esprit que ces petits défauts sont à l'aune du travail extraordinaire de Sanderson.

    [Fantasy] Brandon Sanderson - Warbreaker

    Bref, bien que mon premier choix en matière de recommandation de ses romans demeure toujours l'excellent Empire Ultime, Warbreaker s'impose comme une bonne référence en matière de roman de fantasy, original, agréable, drôle et accrocheur que l'on prend plaisir à découvrir comme à relire.

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  •  Sorceleur tome 1 : le Dernier Voeu

    Le Sorceleur tome 1 "le Dernier Voeu" - Andrzej Sapkowski

    Résumé:

    Geralt de Riv est un personnage étrange, une bizarrerie de la nature, un mutant qui, grâce à la magie et à un long entraînement, mais aussi grâce à un mystérieux élixir, est devenu un meurtrier parfait. Ses cheveux blancs, ses yeux nyctalopes et son manteau noir effrayent et fascinent. Il parcourt des contrées pittoresques en gagnant sa vie comme chasseur de monstres. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur. Car Geralt est plus qu un guerrier ou un mage. C'est un Sorcereur. Il est unique. Au cours de ses aventures, il rencontrera une autoritaire mais généreuse prêtresse, un troubadour paillard au grand coeur, et une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux. Amis d un jour, amours dune nuit. Mais au bout de sa quête, peut-être pourra-t-il prononcer son dernier voeu : retrouver son humanité perdue...

    Mon avis

    Sapkowski revisite le medieval-fantastique d'une plume sombre, précise et affutée. Point de manicchéisme chez cet auteur dont le héros, Geralt n'a pas grand-chose du chevalier sans peur et sans reproches... Cynique, solitaire, dur, secret, le sorceleur est un personnage mature et tourmenté, un mutant à la fois plus monstrueux et plus humain que tout les autres personnages. Le Dernier Voeu ne suit pas la trame linéaire de l'histoire de son personnage principal mais se structure en recueil de nouvelles émergeant sous la forme de souvenirs. On y suit Geralt dans ses rencontres avec l'exhubérant saltimbanque Jaskier, coureur de jupons et poète paillard, ou encore la belle et dangereuse Yennefer. Si l'humour est un ingrédient majeur de cette saga, l'humour noir culmine dans ce contexte sombre et cru.

    Sapokwoski revisite avec génie les contes européens et offre sa propre version de la Belle et la Bête avec l'histoire de Nivellen, ou de Blanche-Neige avec le récit de Renfri. Pas de fins heureuses à ces adaptations plutôt macabres, mais une précision réaliste et merveilleuse à la fois, où les créatures mythiques deviennent tout à coup parfaitement crédibles.

    Des histoires sombres à frissonner des plaisir

    Les amateurs de dark fantasy devraient trouver leur compte dans ces histoires adultes et impitoyables où tout est possible, le meilleur comme le pire. Quand le lecteur le réalise, c'est avec raison qu'il tremble de concert avec les personnages en suivant leur épopée car rien n'en garantit le succès.

    Des personnages agréables... ou pas

    Les personnages sont brossés et travaillés, ils touchent, choquent ou attendrissent sans pouvoir laisser indifférents. Le style est bon, assez classique et rehaussé de belles descriptions et d'une construction riche. On se prend vite au jeu de ses aventures qui tournent parfois au cauchemar.

    Pourtant, de tous Geralt est loin d'être le perso le plus séduisant: mutant du fait de sa formation, aux cheveux blancs et aux yeux jaunes fendus, à la voix désagréable et métallique, au coup de sabre facile et à la parole rude, il ne tient pas vraiment du preux chevalier noble dans son port et son attitude. Et cette imperfection ne fait que le rendre plus extraordinaire encore.

    Le Sorceleur tome 1 "le Dernier Voeu" - Andrzej Sapkowski

    Des histoires courtes

    Un des charmes de ce premier volume est sa forme sus-évoquée, de recueil de différents récits en rapport avec les souvenirs de Geralt. Cette forme séquencée, guidée par une trame principale permet de découvrir notre héros sous différents visages, en vivant avec lui son quotidien de Sorceleur, le tout sans lourdeur ni longueur. La plupart de ces anecdotes tirent leurs essences des légendes et du folklore européen.

    Un livre duquel on ne ressort pas facilement

    On pourrait penser que de par sa forme, ce livre laisse un certain répit à son lecteur, il n'en est rien! Les aventures de Geralt ont cet effet addictif propre aux bonnes histoires qui poussent le lecteur à entamer le chapitre suivant, au mépris de l'heure ou des besoins. Encore un livre qui peut vous emmener loin et regimber à vous laisser revenir...

     

     

     

     

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