• [Coup de gueule]Non, je ne vous dois rien

    Récemment, le Monde publiait un article sur la baisse des allocations familiales pour les personnes ayant des revenus moyens à aisés.

    Évidemment, le niveau des commentaires était à prévoir, et j'avoue n'avoir pas eut le courage de tous les lire.

    Cependant, il y a un internaute à qui je veux dire ce que je pense une bonne fois pour toutes:

    JE NE VOUS DOIS RIEN.

    [Coup de gueule]Non, je ne vous dois rien

    Je n'ai pas à vous baiser les pieds parce que vous payez beaucoup d'impôts et pas moi. Je n'ai pas à m'excuser de gagner moins que vous. Je n'ai pas à vous être reconnaissante de faire ce que la loi exige de toutes les personnes au dessus d'un certain seuil économique.

    Et vous n'avez pas à exiger de moi la moindre reconnaissance.

     

    A la fin de cette discussion, je m'attendais presque à y trouver la revendication d'un droit de cuissage!

    Je vote à chaque élections, faut-il que je demande des remerciements à toutes les personnes que je croise?

    Vous dites que vous avez fait quinze ans d'études pour devenir médecin et que dans cette mesure, il est normal que vous ayez un bon salaire, à la limite pourquoi pas. Mais pourquoi dans ce cas réclamer des allocations que vous qualifiez je cite d'"argent de poche?"

    Est-ce que vous vous rendez compte que certaines personnes ne pourraient pas vivre sans ce qui pour vous relève du budget d'agrément? Et vous vous estimez prioritaire sur elles?

    Et vous m'accusiez de préjugés quand je soulignais votre appétence manifeste pour l'argent, mais d'après vous, dire que tous les gens à revenus modestes sont des glandeurs qui ont quitté l'école à quinze ans, des pondeuses et des profiteurs, c'est quoi?

    Moi qui croyais que les médecins étaient des gens altruistes soucieux de leurs pairs, j'ai découvert avec déception que ce corps de métier comporte aussi son lot de sales types...

    C'était très drôle de vous voir vous mettre en colère lorsque je vous ai sèchement répondu que je ne vous devais rien, et de vous lire me répondre "pour qui vous prenez-vous"?

    Je me prends pour une personne, une citoyenne de ce pays qui contribue aux taxes par le biais de la TVA, une Française ordinaire avec ses rêves et ses craintes, son histoire et ses projets. Une femme moderne et libre qui n'a pas à s'agenouiller face au généreux bienfaiteur qui prétend payer pour l'engraisser. Je ne touche rien de vous, je ne veux rien de vous. Bizarrement, suite à ma réaction, vous avez nié vos exigences, vous avez voulu faire passer ma réaction sur le compte d'une jalousie fielleuse.

    Vraiment?

    Si pour avoir ce que vous avez il faut être qui vous êtes, je préfère mille fois ma place à la votre. Je ne possède peut-être pas beaucoup, je n'ai peut-être pas un pouvoir d'achat très élevé, mais j'ai ce qui compte le plus à mes yeux, je suis heureuse et je n'ai pas besoin de plus. Et vous?

    Enfin, quand vous avez surenchéri avec votre condescendance exécrable de petit bourgeois s'adressant à une souillon inculte que vous n'aviez pas de quoi élever un troisième enfant, sachez que je connais bien des familles qui ont probablement beaucoup moins que vous et qui y parviennent avec les honneurs. On a le budget que l'on se choisit...

    Vous ne valez pas mieux que moi, quoi que vous en pensiez. Et rien ne vous donne le droit de me prendre de haut, de me mépriser, de mépriser tous ceux dans ma condition. En quelques répliques, vous avez prouvé que vous étiez bien plus vide que les "pondeuses" auxquelles vous m'avez rattachée.

    A quoi sert une jolie façade de médecin s'il n'y a rien à l'intérieur?

    J'étais en colère contre vous au début, contre votre suffisance irrespectueuse, contre les préjugés que vous brandissiez comme état de fait, contre l'imbécillité crasse de vos réponses, contre la mauvaise foi dont vous aviez fait preuve tout au long de la conversation.  Mais finalement, je vous plains.

    Oui je vous plains. Parce qu'avec une mentalité pareille, rien ne sera jamais assez beau, assez bien, assez grand, personne ne sera jamais au niveau de vos exigences.

    Et ça, c'est quand même très triste pour vous.

    Vous savez, tout le monde n'a pas la chance de faire des études, chaque histoire étant différente. Mais parmi les gens aisés, tous n'ont pas forcément un vaste et prestigieux parcours étudiant, comme chez les gens modestes, tous n'ont pas forcément quitté l'école à 15 ans.

    Que vous ayez pu étudier la médecine ne vous rend pas meilleur que les autres. Ce sont vos choix au quotidien, votre implication, vos convictions, la manière dont vous mettez en application votre intelligence et votre engagement qui feront la différence.

    Une personne qui a 120 de Quotient Intellectuel, si elle se contente de le revendiquer sans rien faire n'est en rien différente d'une personne qui a 80. C'est ce qu'elle fera de son potentiel qui fera la différence.

    Votre argumentaire sur les impôts appelant à la reconnaissance disant dans les grandes lignes "ne soyez pas ingrats, sans nous beaucoup d'entre vous dormiraient sous les ponts" n'est pas la preuve d'une grande intelligence. D'abord parce que vos impôts ne vont pas exclusivement et directement aux plus modestes, mais servent à tous les frais d’État, construction d'écoles, emplois dans la fonction publique, voirie, entretien de l'espace publique, transports en commun, financement des politiques de l'échelle locale à nationale etc. Ensuite parce que vous n'avez aucun mérite à suivre la loi: c'est ce que tout le monde fait, et la plupart des gens n'attendent pas une médaille pour ça.

    Vous parliez de solidarité? La solidarité est un acte choisi, et non imposé (sinon c'est un devoir civique et dans la mesure où ça concerne tout le monde...) On est solidaire lorsque l'on choisit d'aider l'autre sans rien attendre en retour. En cela voyez-vous, je suis probablement bien plus solidaire de mes concitoyens que ce que vous vous réclamez d'être parce que vous payez vos impôts.

    Alors une bonne fois pour toute, que ça rentre dans votre petite tête embourgeoisée: NI MOI NI AUCUNE PERSONNE A REVENUS MODÉRÉS A MODESTES NE VOUS DOIT DE COMPTES! ET MOINS ENCORE DE REMERCIEMENTS.

    De rien.

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