• [Critique] Yanis, Déesse de la Mort -Valérie Simon

    Avant de commencer:

    AVERTISSEMENT

    [Critique] Yanis, Déesse de la Mort -Valérie Simon

    Ce billet va contenir des SPOILERS. Si vous continuez votre lecture, ce sera en connaissance de cause!

    L'avis émis sur ce blog est tout à fait personnel et ne se veut pas universel: il se peut donc que vous ne le partagiez pas du tout!

    Avis aux fans: cette critique se veut analytique sur le fond et risque d'être assez sévère. Cela n'est pas supposé invalider votre ressenti autour du livre, simplement détailler le mien et les raisons qui en sont à l'origine.

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    [Critique] Yanis, Déesse de la Mort -Valérie Simon

    Résumé (quatrième de couverture)

    Née dans la douleur et dans la mort, fille d’un démon de Rhynantes et d’une Princesse des Elfes, elle est l’héritière de deux races qui se haïssent et qui ne cherchent qu’à se détruire. Élevée dans les mystères d’un culte issu des profondeurs de temps révolus, elle est l’image radieuse de la mort, la réincarnation d’une déesse terrible. Mais son héritage la tourmente. Que lui veulent cet elfe, cet oiseau noir bavard, ce magicien troublant, et quels sont ces pouvoirs qui la hantent et qu’elle n’ose deviner ? De la pierre pâle aux reflets liquides qu’elle porte depuis sa naissance, elle ne sait rien, sinon qu’elle a en elle une étrange chaleur, et qu’elles sont liées par une puissance inconnue. Mais dans la sombre tour de Ragnarok, les forces issues des ténèbres se rassemblent. Et Raban Siwash, l’Innommable, n’aura de cesse de la rejoindre pour la tuer.

    ***

    Si le pitch est somme toute classique, il laisse malgré tout entrevoir à ce stade quelques promesses plutôt attrayantes: en jouant sur l'ambivalence d'un personnage aux ascendances contraires, il y avait de la matière pour créer une intrigue passionnante...

    ... Sauf qu'en fait... Eh bien... Non.

    Inutile d'espérer quelque chose de nouveau, d'original ou de pertinent, Yanis, déesse de la Mort fait dans le classique (pour ne pas dire dans le cliché) sans s'approprier réellement la moindre innovation. Alors on pourra me dire que quand l'histoire est bonne, on pardonne quelques petits défauts. L'ennui c'est que l'histoire est au mieux assez commune, et qu'à ce niveau, il ne s'agit plus de "petits défauts".

    Et ce n'est pas tout: le problème majeur de ce livre c'est L’INCOHÉRENCE.

    Les quatre-vingt premières pages ne sont pas consacrées au personnage principal (déjà). Certes, certains auteurs prennent le temps de poser leur contexte. Sauf que sur un livre de 300 pages au déroulement lent, un tiers du volume pour poser le contexte c'est LONG.

    Surtout sachant que cette introduction à l'histoire aurait tout à fait pu être résumée en un chapitre.
    D'autant plus lorsque l'on réalise que la romance entre les parents de l'héroïne apporte au final une incidence assez minime sur l'histoire de cette dernière (au moins dans ce volume). Nous parlons donc d'environ un tiers de hors sujet.

    L'histoire commence donc avec la TRÈS BELLE (c'est important je suppose puisque c'est répété presque à chaque évocation du personnageprincesse elfe Rosendaël âgée de 15 ans, qui s'admire dans un point d'eau et se trouve belle. Le Prince Démon Laocoon la surprend, en tombe amoureux, elle le regarde et l'aime sur le champ. Démons et elfes sont en guerre (même s'ils ne se tapent pas activement dessus au final) depuis des siècles, et cet amour naissant est donc interdit (coucou Roméo et Juliette! Sauf que n'est pas Shakespeare qui veut...). De leur union doit naître un enfant qui accomplira une prophétie, mais ils ne le savent pas encore. Évidemment, ça se passe mal (comment pouvait-il en aller autrement?) et nos deux amants (qui ont consommé deux jours après leur première rencontre, on a dit que c'était du rapide) ne coulent pas un amour paisible. Leurs familles respectives tentent de les séparer après que Laocoon ait été gravement blessé par le frère de Rosendaël et que cette dernière soit jugée pour trahison par les Elfes.

    Des mois s'écoulent (ce sont des rapides, mais pas pour ce qui est de s'enfuir), les deux amants parviennent à prendre la fuite ensemble, (par la porte... ne pas rire. Ne pas rire...)  mais Rosendaël tombe très malade après une poursuite dans la tempête (un orage. Une froide journée d'automne. Oui oui. La-météo-c'est-magique.) et meurt en mettant sa fille au monde, celle qui s'appellera Yanis alias Tahnee Sharn alias Morwen.

    Voici le résumé des 80 premières pages (sur 300 on rappelle). On rembobine:

    La romance Rosendaël-Laocoon m'a laissée rêveuse face à tant de... vide. Je n'ai pas réussi à croire une minute à l'amour entre ces deux êtres qui, à part se dévorer des yeux en se trouvant mutuellement beaux n'ont RIEN échangé du tout, n'ont eut que quelques mois à peine pour se découvrir (et admettent qu'ils ne savent rien l'un de l'autre), et pourtant seraient prêts à mourir l'un pour l'autre. L'histoire d'amour est posée trop vite et sans réel développement en profondeur, mais les péripéties qu'elle traverse créent des longueurs inutiles, car au final, tout se déroule sans aucune logique, les événements s'enchaînent rapidement et de manière incohérente. Lorsque Rosendaël comparaît devant les siens pour expliquer pourquoi elle frayait avec un démon, après l'insistance du narrateur pour expliquer qu'inquiète, elle a caché sa grossesse aux yeux des siens, elle jette à la figure de son père être enceinte, au mépris des conséquences. Rosendaël étant présenté comme un personnage intelligent et sage (moui... mais non.).

    [Critique] Yanis, Déesse de la Mort -Valérie Simon

    Et côté cohérence, le récit fait des victimes:

    Lorsque Laocoon blessé est ramené à sa famille, les démons y épuisant leur science font appel à un mage humain pour le sauver. Alors que l'auteure avait tant insisté sur l'infériorité des Mortels qui ne disposaient pas de la puissance, de la sagesse et du savoir des Immortels.

    Ces deux races Immortelles qui d'ailleurs ne le sont que de nom car elles sont particulièrement confrontées à la mort... On ne peut même pas dire que leurs races ne vieillissent pas étant donné que leurs peuples comptent des vieillards ridés. En quoi consiste donc leur immortalité exactement...?

    [Critique] Yanis, Déesse de la Mort -Valérie Simon(Bon, si on voulait pinailler on pourrait pousser encore plus loin le raisonnement: que dire de deux races immortelles capables malgré tout d'engendrer des enfants...? Ne va t-il pas, à terme y avoir un problème de surpopulation...?)

    Lorsque les amants en fuite, traqués par les elfes cherchent un abri, Laocoon ne trouve rien de plus intelligent que de ramener Rosendaël chez les siens. Oubliant manifestement l'hostilité séculaire entre les deux peuples (petit détail pourtant utile). Et s'étonne de se faire chasser avec sa bien-aimée...

    Et ces exemples ont été pris au hasard, il y aurait des FOURGONS d'incohérences à relever et à souligner, mais ce billet ne serait jamais assez long pour tout narrer, passons à la suite...

    Rosendaël meurt en couche dans un soupir après une agonie de plus de quatre pages où elle n'en finit pas de détailler les noms qu'elle veut donner à son enfant et leur sens profond, ainsi que ses souvenirs d'enfance (authentique...). Laocoon seul avec l'enfant la déteste tout d'abord, mais ayant promis à Rosendaël de ne pas tuer le nouveau-né... ne le tue pas. Bon début de relation père-fille.

    Il finit par s'y attacher presque aussi vite qu'il est tombé amoureux de la mère et décide... de s'en séparer. Logique.

    Il la remet donc à une prêtresse qui passait opportunément par là (c'est pratique... sachant que ladite prêtresse fait sa tournée de recrutement une fois par an...) en prétendant que l'enfant est la réincarnation de la déesse de la Mort... (on a dit que c'était pratique!)

    La suite de l'histoire se passe donc du point de vue de Yanis dans sa peau de déesse.

    Et les incohérences s'amoncellent tant et plus.

     

    ***

    S'il est vrai que la fantasy est un genre qui permet de prendre quelques libertés avec le réalisme en intégrant de nouvelles règles et de nouvelles possibilités, les meilleurs histoires restent celles auxquelles on peut croire un minimum (sans Ta Gueule C'est Magique abusifs ). La Fantasy obéit à ses propres règles. Un univers n'a pas besoin d'être réaliste pour être cohérent, mais il a besoin d'être cohérent pour être crédible.

    "Fantasy"/"Fantastique" n'est pas une caution à faire n'importe quoi. Et lorsque la cohérence est bradée au profit de quelques images poétiques... c'est un gâchis.

    Dans le cas de cette histoire, les réactions des différents personnages ne sont pas crédibles, souvent farfelues et complètement hors contexte, le pendant manichéen est particulièrement prononcé, et les clichés s'amoncellent... Et ça c'est très dommage. La fantasy classique ayant déjà développé les idées les plus courantes, les reprendre une fois de plus sans les retravailler un minimum ou s'affranchir des lieux-commun laisse un arrière-goût de lassitude. Il manque à cette histoire le souffle d'originalité qui aurait pu lui permettre d'offrir quelque chose de nouveau au genre.

    Les points que j'ai trouvé tout particulièrement énervants:

    *Le coup de la prophétie: lors du jugement de Rosendaël, un vieil elfe nommé Lahon sort une prophétie venue du fond des âges mettant en scène un enfant mi-elfe mi-démon destiné à contrôler la pierre d'Arkem et sauver le monde de l'Innommable, le grand méchant de l'histoire. C'est gratuit. (Les prophéties c'est toujours üper pratique pour éviter de justifier un événement par le contexte... mais à force, ça lasse un peu)

    Déjà, PERSONNE ne l'écoute, pas même Rosendaël qui aurait pourtant tout intérêt (les elfes, un peuple intelligent et sage, vous êtes sûrs?). Sanyn finit par se laisser convaincre en fin de réunion, mais le garde bien pour lui et n'aide pas beaucoup sa sœur qui est malmenée par les siens. Lesquels décident quasi unanimement de tuer l'enfant à la naissance après avoir envisagé de la faire avorter (sagesse? amour? intelligence? compréhension? amis de la logique, au revoir). Ah oui, il est dit pour expliquer ce raisonnement obtus que les elfes sont orgueilleux. Oui, mais quand l'orgueil parle plus fort que l'intelligence, on ne peut plus parler de sagesse. Désolée.

    Ensuite, comment se fait-il qu'avec une prophétie aussi importante (la fin du monde, tout ça...) les elfes et les démons n'aient pas, pour le bien commun consenti une trêve (entre peuples supposés supérieurement intelligents, le bien commun ça peut être important), et que cette fameuse prophétie soit tombée dans l'oubli? La cohérence...

    * Le personnage de Yanis donne plus une sensation d'instabilité que de tourment lié à son statut. Au final, là encore, la caricature ne la rend pas attachante. Elle évoque la pitié pour la triste vie qu'elle mène au temple, sans réellement éveiller la sympathie par manque de profondeur. Elle évolue sur deux trames: sa condition de déesse vivante et ses doutes par rapport à son statut. Et... c'est tout. D'un point de vue psychologique, elle change d'humeur tellement vite et sans raison particulière qu'elle donne la sensation de souffrir d'un trouble de la personnalité. Détail moins anodin qu'il n'y paraît, elle a assez peu de volonté propre et suit beaucoup l'influence des autres (celle d'Ancilla, celle de Kéo, même quand elle tente de s'affranchir de l'un ou de l'autre).

    En dehors de sa beauté époustouflante (et il y a une grosse surenchère sur ce point entre son enfance et son adolescence), elle a peu pour elle. Enfin si: elle a des pouvoirs inexpliqués, se rappelle du jour de sa naissance et d'événements qu'elle n'a pas vécu pour ne rien arranger au gros sentiment godlike qu'elle évoquait déjà... Et non, ça ne la rend pas plus sympathique. On passera sur le fait que l'auteure la décrit comme une enfant qui ne rit jamais pour la faire glousser quelques pages plus loin, là encore, le problème est toujours le même: cohérence.

    Bref, Yanis est une Mary-Sue.

    [Critique] Yanis, Déesse de la Mort -Valérie Simon

    * Les actions des personnages sont bourrées de non-sens (et n'aboutissent pas forcément sur des conséquences logiques en terme de causalité) et apportent plus de problèmes que de solutions: pourquoi Laocoon attend t-il les 6 ans de sa fille pour aller la voir? Pourquoi ne la remmène t-il pas avec lui? Pourquoi Sanyn essaie t-il de reprendre publiquement Yanis en plein milieu d'une cérémonie plutôt que discrètement, hors des regards d'éventuels témoins? Pourquoi Rosendaël meurt-elle alors qu'elle est immortelle? Pourquoi Laocoon confie t-il sa fille à des Mortels, un temple barbare qui plus est (en espérant naïvement qu'elle "grandira sereinement"...? Il est intelligent, vous êtes sûrs?). D'une manière générale, la narration décrit les personnages principaux avec des caractéristiques qu'ils n'appliquent pas (intelligence, sagesse....)

    Si on doit continuer dans les questions: Pourquoi Ancilla change t-elle constamment d'avis sur Yanis au sujet de sa divinité (elle y croit un coup sur deux, pense avoir construit une déesse, mais semble persuadée par moment que Yanis est réellement divine... Sans trancher clairement la question)? Pourquoi Yanis obéit-elle à Ancilla? Pourquoi Yanis redoute t-elle les fidèles du temple qui pourtant croient aveuglément en elle? Pourquoi, alors qu'elle est investie d'une charge et d'un pouvoir aussi grand n'en fait-elle jamais usage lorsque cela pourrait faire une différence notable (pas pour de menus détails)? Pourquoi et comment Maelduin, désigné comme un endroit désertique, (sans eau douce) et choisi pour cela par le fondateur du culte abrite t-il un luxuriant jardin? Pourquoi la magie humaine qui a sauvé Laocoon est tenue en respect par la magie de Yanis ? Pourquoi Kéo, mage confirmé s'est-il fait prendre comme un débutant par cette dernière? Pourquoi la console t-il après qu'elle ait tenté de le tuer? (on retiendra pour toute réaction à cette tentative de meurtre qu'il avait envie d'elle). Sachant qu'Ahnais (qui ressemble BEAUCOUP à l'Anneau Unique) est un artefact maléfique qui exerce une dépendance à qui la possède, pourquoi Laocoon l'offre t-il à sa fille de six ans sans un mot pour l'avertir de ce qui l'attend (alors qu'il a l'air d'être au courant...?)?

    Des "pourquoi" du même genre, j'en ai eu à presque toutes les pages, je passerai donc sur les autres.

    * Le personnage de Kéo Seaghan, apprenti mage qui aide à sauver Laocoon a tatoué sur le front "FUTUR AMANT DE YANIS" dès sa première apparition dans le récit (alors qu'il a dix ans et qu'elle n'est pas encore née...)... Bon, UN PEU de romance dans une histoire, c'est sympa (on a bien dit UN PEU), bien mené c'est même très agréable. Mais quand on voit venir la corde à deux cent kilomètres... Même si la relation n'est pas posée à la fin du bouquin, pas besoin d'être grand clerc pour se douter de la suite...

    *Les personnages principaux sont TOUS beaux, mais beaux à en mourir (à part Ancilla qui "a de l'allure" et c'est déjà pas mal). Oui c'est un détail, mais ce n'est pas si innocent que ça en a l'air. En général, le lecteur intègre assez bien l'idée de la beauté à la première évocation, à la limite, une deuxième plus loin dans l'intrigue renforce un peu le ressenti...

    Mais se voir répété à toutes les pages, plusieurs fois par page que Rosendaël, Yanis, Laocoon etc sont beaux à s'en pâmer finit par devenir plutôt agaçant, pour ne pas dire assez risible. Il est impossible de prendre au sérieux un personnage à ce point exagéré.

    Et au final, cela ne laisse que très peu de place pour les autres qualités des personnages (quand ils en ont) qui apparaissent donc comme superficiels et énervants. Il est très difficile de s'attacher à une caricature. Cela finit par donner à l'histoire un arrière-goût naïf et vaguement niais qui ne va pas pour servir les intérêts de l'intrigue.
    Et non, définitivement NON, "sensuel" n'est pas un adjectif approprié pour décrire le physique d'un enfant! (Alors on me dira à juste titre que sensuel n'induit pas obligatoirement "sexuel", mais c'est malgré tout un terme très connoté)

    [Critique] Yanis, Déesse de la Mort -Valérie Simon

    * Celui/ celle qui a rédigé la quatrième de couverture n'a visiblement pas lu le livre. S'il s'agit de l'auteure, il y a un GROS manqué dans le résumé au niveau de la pierre Anhais que Yanis est supposée avoir depuis sa naissance (version résumée) et qu'elle obtient à six ans dans l'histoire. C'est dommage de laisser passer des choses comme ça: ce serait sans doutes passé inaperçu s'il s'agissait de la seule incohérence de l'histoire. Malheureusement ce n'est pas le cas, et ça confine au minimum à la négligence.

    * L'histoire, malgré ses 300 pages est incroyablement LENTE. Une bonne partie des extraits développés sont des "zones blanches", des moments de l'intrigue où il se passe peu de choses, ou qui pourraient être traités plus efficacement (la romance des parents de Yanis, son enfance au temple etc). A contrario, les scènes qui permettraient de faire avancer l'action sont souvent peu mises en avant ou gagneraient à l'être plus. Ce choix donne en définitif le sentiment qu'il se passe assez peu de choses dans l'intrigue, parce que le focus n'est pas porté sur les événements les plus emblématiques.

    * Le style de l'auteure est lourd. Je sais pour avoir vu d'autres critiques que beaucoup le trouvent poétique. Les phrases sont trop chargées, certaines métaphores sont inutiles et/ ou maladroites, d'autres apportent des digressions gratuites, certains termes sont utilisés à contresens, et la poésie des elfes (comme leur beauté) finit par épuiser à haute dose...

    Dans un texte, les métaphores et autres comparaisons, ainsi que les jolis mots qui sonnent bien sont comme les épices dans un plat raffiné: c'est la dose et le doigté qui feront la différence entre un chef d’œuvre culinaire et le plus court chemin vers une indigestion.

    *Détail amusant: lorsque Rosendaël rencontre Laocoon au début de l'histoire, elle a quinze ans. Elle est qualifiée de "jeune Elfe", mais considérée dans le texte comme une adulte. Lorsque Yanis arrive à l'âge de seize ans à la fin du récit, elle est qualifiée d'adolescente. Y a t-il quelque chose pour justifier qu'elles ne vieillissent pas au même rythme...?

    * [Point bonus] Celui-ci ne traite pas directement du livre lui-même mais d'une critique croisée sur le web disant que l'histoire est féministe car le personnage principal est une femme:

    [Critique] Yanis, Déesse de la Mort -Valérie Simon

    Alors une petite précision utile pour celleux qui ne savent pas: ce n'est pas parce que c'est écrit par une femme/ que ça met en scène une femme que c'est féministe. Il y a un phénomène qui s'appelle le sexisme intégré, qui s'illustre par des femmes relayant/perpétuant des idées et discours misogynes / machistes / inégalitaires sans se poser de question.

    J'ai rarement vu une femme moins féministe que Yanis dans sa présentation: elle représente à elle toute seule tous les clichés véhiculés sur les femmes: ramenée en permanence à son apparence et au statut d'objet de désir et de concupiscence comme si c'était une fatalité inhérente à sa nature féminine (belle, gracieuse, sensuelle à en donner des idées incestueuses à sa tutrice), elle est BELLE évidemment, c'est sa principale qualité (c'est dur de l'oublier, je vous jure...), elle est fragile, très consciente de son charme, émotive (mais pas trop), faible, délicate, souvent passive (une supposée déesse qui endure BEAUCOUP sans rien dire). Et les autres personnages féminins ne sont guère mieux travaillés (que dire de Rosendaël qui s'évanouit pour un oui ou pour un non dès que son petit cœur de femme ne supporte plus la réalité...). Même Ancilla caricature le cliché de la "virago", bisexuelle de surcroît et raillée pour ce fait. Quant aux hommes de l'histoire, ils exsudent une virilité tellement exagérée qu'elle fait plus rire qu'elle ne donne envie. (On a même droit au point "#lachairestfaible" à la fin de l'histoire lorsque Kéo explique à Yanis qui vient d'échapper à une tentative de viol qu'elle va susciter l'émoi des hommes à cause de sa beauté, et que parfois, c'est plus fort qu'eux, leurs pulsions dominent. Nope#cultureduviol #victimblaming)

    Si on vise délibérément une histoire féministe/ un personnage féministe, même sans écrire quelque chose d'ouvertement militant, même en respectant le genre med-fan (qui n'est pas une excuse lui non plus à faire n'importe quoi) on évite les stéréotypes de genre, les idées reçues, les discours non déconstruits. Ou alors on les place en position de faiblesse pour mieux les briser dans le récit, ce qui n'est pas le cas dans ce premier volume.

    Loin d'être féministe, cette histoire collectionne presque tous les clichés sexistes véhiculés par la société et se vautre dedans sans remise en question.

    On passera sur le fait qu'il y a au moins deux tournures chargées de sous-entendus homophobes (notamment au sujet d'Ancilla, bisexuelle à qui Kéo Seaghan balance "quand vous faites l'amour, c'est vous qui faites l'homme"... Nope.)

    Bref, une déception pour un synopsis qui pourtant s'annonçait plutôt bien...

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