• [Cycle Des Démons 1/5] L'homme-Rune - Peter V Brett

    L'Homme-Rune -Peter V Brett

    L'homme-Runes - Peter V Brett

    Résumé: Dans le monde du jeune Arlen, dès que le soleil se couche, les démons sortent de terre et dévorent les êtres vivants. Leur seul espoir de survie est de s’abriter derrière des runes magiques. Seule une poignée de Messagers bravent la nuit pour relier les hameaux dont les habitants ne s’éloignent jamais.
    Mais lorsqu’une terrible tragédie le frappe, le jeune Arlen décide qu’il ne veut plus vivre dans la peur : il quitte sa ferme et part sur les routes en quête d’un moyen de se battre contre les démons et de les vaincre.

    Premier tome de la pentalogie du Cycle des Démons, l'Homme-Rune envoûte avec son univers personnel extrêmement fouillé et crédible, et son pitch original. Ici, pas de dualité biblique où les démons seraient les antagonistes d'une caste angéliques, les chtoniens se révèlent une race de prédateurs ayant fait de l'espèce humaine son gibier. Au fil des pages, Peter V Brett nous dresse le tableau d'un monde sombre et impitoyable où la moindre défaillance, le moindre abaissement de garde peut se révéler fatal. D'une plume riche et efficace, il rythme son récit d'une tension presque continue, et on tremble pour Arlen, pour Leesha, pour Rojer, on s'attache à ces personnages si profondément humains qu'ils en sont accessibles, qu'on a la sensation de les connaître, et que l'on entre dans leur aventure comme s'il s'agissait de la nôtre. Avec brio, Brett arrive à transporter son lectorat dans une intrigue où se joue rien de moins que le sort de l'espèce humaine.

    Un monde extrêmement abouti:

    Une des forces de cette entreprise réside dans la puissance des enjeux: le caractère sans pitié du monde de Brett et la faillibilité toute humaine des personnages alimente une réelle tension dans les intrigues. L'échec étant possible et survenant parfois, il nous pousse à trembler pour les personnages, et induit des rebondissements inattendus, toujours menés de main de maître.

    La richesse de son contexte, notamment au travers de sa faune, de sa culture, de la magie runique et du travail minutieux fourni par l'auteur pour transcrire un monde abouti rendent cet univers très immersif et attractif. La quête d'Arlen aux allures de prophétie, sans jamais valider définitivement l'idée d'un quelconque fatalisme amène à la découverte de la richesse de la culture thésienne et de la culture krasienne, et la diversité des démons. Vu le niveau de réalisme de certains pendants culturels krasiens, on peut supputer un profond travail de recherche et de construction pour atteindre un tel niveau de cohésion.

    Des personnages crédibles:

    Comme cité précédemment, c'est là une des grandes forces de cette pentalogie, notamment de ce premier volume: ses personnages. Brett nous les présentent dans une gamme de situations mettant en avant leurs contrastes, leurs forces et leurs faiblesses, permettant autant la réussite que l'échec, et il dose avec une certaine finesse l'alchimie des rapports humains. On aime avec eux, on pleure avec eux, on frissonne pour eux, et on se prend à espérer, sans aucune garantie, qu'ils sortiront victorieux des embûches qu'ils rencontres.

    Une intrigue originale et bien ficelée:

    Le pitch de base est original, et Brett le traite avec beaucoup d'intelligence pour s'approprier pleinement sa base créative et la façonner en une histoire qui ne ressemble à aucune autre. Et en fantasy, ce genre de prouesse est assez notable pour être mentionnée. Ce n'est pas une énième quête dans un univers medfan classique entre elfes nains et gobelins, c'est un univers nouveau, foisonnant de richesses et de possibilités, fortement marqué par un aspect survivaliste impitoyable, où rester en vie est déjà une quête en soi.

    Des messages puissants:

    Sans être ouvertement politique, ce roman transmet des messages puissants sur la quête de la liberté et les conséquences parfois désastreuses d'actes louables dans une causalité honnête, sur la confiance et la trahison, et sur l'incroyable potentiel de l'espèce humaine à être capable du pire et du meilleur.

    Petite nuance: une violence parfois gratuite

    Je ne pense pas être une lectrice très sensible, mais je n'aime pas la violence gratuite, c'est à dire la violence dont le développement n'apporte rien à l'histoire. Bien que Brett n'en abuse pas dans ce premier tome, il lui arrive de mettre un peu trop l'accent sur l'aspect brutal de son monde à travers des scènes parfois trop longues ou injustifiées. Mais ce reproche ne suffit pas à lui seul à invalider toutes les qualités de l'histoire.

    Verdict: Un coup de cœur * * * * *

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :