• [Cycle des démons 3/5] La Guerre du Jour - Peter V Brett

     

    La Guerre du Jour - Peter V Brett

     

    [Cycle des démons 3/5] La Guerre du Jour - Peter V Brett

    Résumé: Les démons du Cœur partent à la recherche des deux êtres susceptibles d'incarner le Libérateur, celui qui pourrait les exterminer définitivement : Arlen l'homme-rune et Jardir, chef des tribus du désert. Amis autrefois, les deux hommes sont désormais rivaux.

     

    Comme pour beaucoup d'internautes ayant exprimé un avis sur ce volume, La Guerre du Jour est probablement l'opus du cycle des Démons que j'ai le moins aimé. Peu habituée à regarder à la longueur d'un roman, j'ai tout de même eu de courtes phases de décrochage sur celui-ci, entre les réguliers flash-backs et les scènes de romance un peu trop appuyées qui apportaient une note digressive au récit général. (Ce qui ne veut pas dire que je n'aime pas les romances, quand elles sont bien menées, elles peuvent être des atouts scénaristiques incroyablement prenants. L'ennui, c'est que là, elles ne s'intègrent pas toujours au rythme scénaristique instauré jusque là)

    Ce "moins" est tout de même à nuancer à l'échelle du roman (qui développe ÉNORMÉMENT de choses dans l'intérêt de la saga) et du cycle lui-même, Brett ayant fait le choix d'une histoire très longue et très étoffée, riche d'un nombre très important de sous-intrigues qu'il tente de construire de son mieux, ce qui n'est pas un mince effort.

    On retrouve tout de même une partie des qualités des volumes précédents: un univers très riche et fouillé avec des cultures et un bestiaire bien campés, une volonté de brosser un grand dessein où la plupart des détails ont leur importance, et des messages profondément humain. On peut également y voir en filigrane une critique de nos sociétés et des atrocités commises au nom de la foi ou d'un idéal incontestable.

    * Les personnages:

    C'est à mon sens un des points sur lesquels Brett a un peu péché dans ce tome: sans aller jusqu'à cracher dans la soupe et accuser un travail bâclé, certains paris n'ont pas porté leurs fruits, et certains personnages comme Leesha promettaient bien mieux que l'archétype vers lequel ses choix la poussent. Renna me laissait également espérer un développement plus autonome et moins dépendant d'Arlen, et Arlen perd un peu de l'envergure qu'il avait acquis dans les tomes précédents.

    Le focus est beaucoup porté vers les krasiens, en particulier sur le personnage très ambigu d'Inevera, première épouse de Jardir dont on découvre peu à peu le passé et les motivations. Elle y prend une nouvelle dimension, permettant de comprendre et d'expliquer ses choix et ses sacrifices, au gré de son parcours la menant d'enfant du peuple à Damajah. Bien que le choix de ce focus soit logique, après un premier tome dédié à Arlen et un second à Jardir, la Guerre du Jour, supposé être la charnière médiane de la saga tire un peu en longueur sur la mise en lumière de ce personnage, dont il est difficile de déterminer s'il fait parti des principaux ou des secondaires.

    A travers ce tome, on retrouve le faible de Brett pour les krasiens, et en particulier pour le personnage d'Ahmann Jardir, qu'il favorise un petit peu aux entournures dans le traitement qu'il lui offre. Même si ce parti-pris est discret, il tend à donner de Jardir une image un peu trop "lisse" (pas assez contrasté) et trop "parfaite" (il est le Libérateur, le postulat est posé presque sans remise en question). La petite nuance qui "sauve" ce personnage étant sa foi inébranlable en son rôle d'élu, qui le pousse à suivre aveuglément ce qu'il estime être sa voie, tout en commettant des crimes à ce prétexte. Cette faiblesse permet de garder à l'esprit qu'en dépit de sa puissance, il conserve les failles d'un ego humain.

     * Les sous-intrigues

    Ce point est intéressant à développer, parce qu'il montre les défauts de ses qualités: il donne à l'univers de Brett une richesse et une vraisemblance très agréable, en montrant combien ce monde "vit" en temps réel en parallèle de la progression des personnages principaux... Et en même temps, la surabondance de sous-intrigues noie un peu le fil rouge par moment, quand elles tirent en longueur ou alternent d'une histoire mineure à une autre. A l'échelle de la totalité du cycle, Brett esquisse une très grande palette de personnages, dont il développe l'existence, même sommairement pour les plus "insignifiants" (pas de meilleur mot, désolée), et si cela permet de constater l'étendue de son monde et sa grande variété, le lectorat peut s'y perdre un peu par moment.

     

    *Un tome de transition:

    Ce qui rend la Guerre du Jour un peu frustrant à lire, c'est qu'il s'agit d'un tome de transition parfaitement assumé. L'histoire est pleinement lancée bien avant les premières pages, et les derniers chapitres laissent clairement comprendre que le dénouement est pour plus tard. De fait, il ne peut se lire hors du cycle, et n'apporte pas un très gros développement de l'ensemble de l'histoire à lui seul. Mais malgré le fait que ce volume ne soit pas le plus palpitant de la série, il ébauche des pistes qui prendront leur importance par la suite, et la plume de Brett nous rappelle pourquoi son univers fascine.

     

     Verdict: * * * Bon

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