• [Débat] Est-on esclave de ce que l'on possède?

    En voilà une question qui n'a pas fini de faire bisquer les étudiants de philo et plus globalement notre petite société de consommation qui prend ses racines sur "avoir et paraître".

    Comme toute les questions philosophiques, mieux vaut éviter les réponses binaire "oui/non" et prendre le temps de réfléchir un peu: Pourquoi serait-on esclave d'un bien ou d'un service? Lesquels et dans quelles circonstances?

    Parmi les éléments addictifs sur le plan mondial que l'on trouve dans tout les foyers des pays riches ou presque il y a... *roulement de tambour* le téléphone portable! Eh oui, le petit objet qui en dix ans s'est fait une place tellement importante dans la vie de chaque Français que même le Pôle pour l'Emploi regarde étrangement la brebis qui sort du lot en expliquant penaude "je n'ai pas de téléphone portable"... (Comprendre: un chômeur longue durée peut-il s'offrir un forfait à 20euros/mois?)

    Le téléphone portable qui se veut tour à tour gadget multifonctions plus fort qu'un couteau suisse, accessoire de mode pour frimer devant ceux qui n'ont pas "lifoneuh" et surtout, surtout , la chaîne qui relie un individu à des responsabilités en permanence.

    Prenons l'exemple lambda de Madame Dupont. Madame Dupont a trois enfant, c'est une maman heureuse qui travaille, tout comme son mari à 35 heures par semaines extensibles sur 40 heures. Donc, Madame Dupont doit être toujours joignable pour son travail: son téléphone portable devient son meilleur ami et son pire ennemi: Le boulot l'appelle pour une mission sur Paris, elle a tout juste le temps de contacter sa nounou pour aller prendre les petits à l'école à midi, commander son billet et sauter dans le premier train. Seulement voilà, le petit Kevin Dupond est malade pendant le séjour de sa maman, la nounou inquiète appelle et demande des directives. Mme Dupont alterne sa ligne professionnelle et personnelle. Mais pourra-t-elle travailler longtemps l'esprit tranquille avec ce perpétuel rappel à l'ordre?

    Le débat sur la téléphonie mobile pourrait à lui seul alimenter des conversations interminables: doit-on en laisser l'accès aux enfants? Les téléphones portables, plutôt que de rapprocher les personnes ne les isolent-ils pas? etc...

    Mais dans nos possessions si précieuse, le numéro deux des plus populaires est... La nounou universelle, l'empêcheuse de réfléchir en rond, la berçeuse des esprits la Télévision!

    Notez qu'avant l'arrivée du Portable dans nos vies, c'était quand même cette bonne vieille tél" qui avait la première place du podium!

    Ah, la télé, l'opium du peuple! Au temps du Cirque romain, le programme n'était pas très varié, même si à côté il y avait les théâtres où se jouaient de grandes pièces... Eh bien le plus affolant c'est que les choses n'ont pas beaucoup changé depuis nos ancêtres... La télévision garde sa place de divertissement populaire avec une certaine connotation morbide au jugé des programmes qu'on nous propose... (des séries sur des hôpitaux, des séries policières ou médico-llégales américaines de plus en plus violente où la censure semble avoir disparu au profit d'un petit achat de conscience avec le macaron "déconseillé aux moins de dix ans".) Programmes scabreux ou télé-réalité (regarder d'autres personnes vivre en temps réel, n'est-ce pas regarde un poisson rouge dans un aquarium?), la télévision peut diffuser le pire en toute circonstances et aux heures de grandes écoute, petits et grands seront fidèles au poste!

    Comme le Portable, il y aurait des débats entiers à faire sur la copine-télé: la télé ne désensibilise-elle pas les gens ? (à force de voir des morts partout, qui réagit face à un accident de voirure ?) La télé, vecteur d'isolement social...? La télé, oule dictaphone de nos pensées?

    Mais il y a encore un troisième élément qui suit d'une coudée à peine la télévision, voir qui aurait même tendance à la rattraper: l'informatique et Internet!

    Ahhh... Voilà un domaine qui concernent déjà tout ceux qui lisent cet article et moi-même bien sûr! Qui aujourd'hui n'a pas son PC ou son Mac perso, fixe ou mobile? Qui ne prend pas le net en éthernet ou en WIFI (vous savez, le truc qui a un nom de Chihuahua!) ou qui arbore fièrement sa glé 3G?

    Internet, instrument de communication, d'instruction de masse où on trouve le meilleur et le pire... Internet en soi n'est pas quelque chose de mauvais, ce qui peut être répréhensible avec l'informatique comme avec le net, c'est tout l'usage que l'on en fait...

    Il y a les jeux Massivement Multijoueurs dont l'effet de dépendance peut rompre une vie sociale avec plus de certitude et de rapidité que la télé ou le portable, il y a la tonne d'informations qu'il faut filtrer pour savoir comment retirer les vraies des fausses et surtout, il y a un phénomène qui fait très peur en ce moment: les arnaques en ligne! Si certaines ne sont pas trop méchantes, le phishing par exemple devient le fléau de la toile et peut vous coûter cher...

    Il y a surtout l'isolement liée aux habitudes prises par les internautes. Dans une famille cyberdépendante, chacun vit sa vie en ligne...

    Le Net aussi est un vaste sujet à débat... Le net est-il dangereux? Pourquoi trouve t-on tant d'agressivité entre internautes etc...

    Mais cette trinité "portable/télé/net" nous maintiens dans un monde virtuel où tout doit aller très vite, où tout doit être fait dans les temps sinon gare! Où est la liberté de réfléchir lorsqu'on est tenu constamment par... ses possessions?

    Alors bien sûr, la société a évolué de cette manière mais pourquoi? Avant l'avènement du portable, Mme Dupont était envoyée en mission avec un préavis, ce qui lui laissait plus de temps pour s'organiser... Avant l'abetissement des programmes télévisés, et la moins grande quantité de chaînes, les familles se retrouvaient plus facilement et tout un chacun savait s'y retrouver dans son sens des valeurs, avant l'universalisation du net, les gens sortaient entre amis, prenaient le temps d'écrire des courriers postaux... Avant que ces médias que nous possédons ne possèdent nos vies, n'avions-nous pas une vie plus calme et plus équilibrée?

    Aujourd'hui nous sommes à l'ère de l'individualisme social, né ou résultat de cette "cyber-vie" du "chacun pour soi" et de l'isolement. La solidarité la convivialité qui existaient autrefois ne sont plus d'actualité. Connait-on ses voisins? Sa famille? Se connaît-on soi-même face à ce brouhaha constant d'informations pour brouiller notre réflexion? (Où sont passées valeurs morales, réflexions personnelles, libre arbitre et solidarité dans l'histoire? Les voilà sacrifiées sur l'autel de la déesse Technologie... Un sacrifice qui arrange bien les états-rois qui ont bien moins de mal à mettre les bonnes idées dans des têtes vides...)

     

    Malgré tout, il y a du bon partout et un objet n'est pas en soi une bonne ou une mauvaise chose: ce qui fait la différence entre le bon et le mauvais, c'est l'usage que l'on en fait.

    Laissons les portables pour les cas d'extrême urgence dans la mesure du possible! sélectionons la télévision avec soin, quitte à acheter des DVD sympathiques pour les heures creuses, gardons pour le Net le rôle d'outil et d'aide... Voilà ce  qu'il conviendrait de faire en masse... 

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