• Entre parenthèses

    On ne s'attend jamais vraiment à rencontrer une situation potentiellement grave. On se dit "y a pas de risques" ou "je suis trop jeune pour ce genre de soucis" ou encore "ça n'arrive qu'aux autres" avec option "et pas souvent en plus".

    Ou pas.

    Ce n'est peut-être pas grave. C'est certainement bénin. 90% des chances qu'il ne s'agisse que d'une toxoplasmose un peu invasive. Mais la grosseur près de la clavicule inquiète, l'emplacement n'est pas classique, suffisament pour interpeler un généraliste. Et les mots que j'avais banni de mon esprit ont été prononcé par un médecin qui se voulait pourtant rassurant. "Les risques de cancer ou d'hépatite sont minimes mais ne sont pas à exclure".

    Le cancer. Un mot qui suffit à mettre une vie en arrêt pendant quelques secondes. Tout s'est soudain englué dans une brume imprécise tandis que mon esprit s'affolait. Ca ne peut pourtant pas être ça? Pas à vingt-sept ans, pas comme ça, pas avec les règles d'hygiène de vie drastiques d'une santé fragile. L'hépatite semble à peine moins pire.

    Il faut que ce soit la toxoplasmose.

    J'ai cherché une réponse dans les flous incertains du médecin qui rédigeait la prescription d'examens approfondis. J'ai attendu des indices de l'infirmier qui m'a fait la prise de sang, et qui semblait surprit que les examens portent sur la traque d'éléments dont je ne comprends rien. Et même s'il souriait gentiment, même si j'en suis arrivée dans ma vie à voir trop de prises de sang pour seulement apréhender, j'ai vu mon bras trembler.

    Le temps est interminable, dans l'attente des résultats, d'une possible délivrance à l'inquiétude. Rester brave. Rester digne. C'est dur. Quelle ironie que mes proches vantent mon aisance, ma force et mon courage actuel en ce moment où j'ai l'impression d'être debout au bord d'une falaise en équilibre sur un pied et luttant pour ne pas tomber.

    Et pourtant je m'accroche. Peut-être même plus que jamais. Avoir eu peur, vraiment peur m'aura fait comprendre beaucoup de choses. Et tant que toute inquiétude ne sera pas écartée, je resterai entre parenthèses, à retenir mon souffle en silence, à travailler en souriant malgré la sourde inquiétude du risque, même faible qui pèse dans le verdict médical.

    Mais je sais une chose: problème grave ou non, je n'ai aucune excuse pour me plaindre ou arrêter de vivre.

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  • Commentaires

    1
    Miva
    Mercredi 28 Mars 2012 à 18:38

    Courage ma belle !!!!

    J'espère moi aussi que ce n'est rien. Tiens-nous au courant.

    Gros bisouxxx depuis la petite maison rose de Noisy

    2
    Neko-elfie Profil de Neko-elfie
    Mercredi 28 Mars 2012 à 18:47

    C'est gentil '^^Bon, l'air de rien les premiers exam' ont minimisé le degré de gravité du problème: on sait pas encore ce que c'est mais c'est visiblement bénin (j'ai passé une radio et une écho' hier aprèm, c'est très rassurant)

    Je sais toujours pas ce que c'est, (j'ai un truc au foie, ça c'est manifeste) mais cette fois je sais que c'est bénin

    '^^ désolée d'avoir partagé mon angoisse... En ce moment question émotions c'est les montagnes russes..

    3
    Miva
    Jeudi 29 Mars 2012 à 22:30

    Cool de savoir que c'est bénin !

    Je préfère partager tes angoisses plutôt que d'apprendre un soucis avec 6 mois de retard, tu sais...

     

    Bisous !

    miva

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