• [Fantasy] Brandon Sanderson - Warbreaker

    Warbreaker

    de Brandon Sanderson

    [Fantasy] Brandon Sanderson - Warbreaker

    Ah tiens, voilà un nom qui n'était pas revenu depuis AU MOINS DES MOIS dans cette rubrique! Eh oui, j'ai pris du retard sur la sortie française, et puis dans la lecture en général, mais, en fidèle lectrice et amatrice de Brandon Sanderson, voici ma critique de Warbreaker:

    Résumé : 

    Voici l’histoire de deux sœurs, Vivenna et Siri.
    L’histoire du Dieu-Roi que l’une d’entre elles doit épouser, et de Chanteflamme, un autre Dieu qui n’aime pas son travail. Celle aussi de Vasher, un immortel qui tente de réparer les erreurs qu’il a jadis commises, et de Saignenuit, sa mystérieuse épée. Dans leur monde, celui qui meurt auréolé de gloire devient un dieu. Il vit dans le panthéon de la cité d’Hallandren, et utilise la magie biochromatique, la magie du Souffle. Un Souffle qu’on ne peut récupérer qu’une fois, sur un individu à la fois.

    [Fantasy] Brandon Sanderson - Warbreaker

    Mon avis,

    Un nouvel univers, une nouvelle magie:

    Après une monde d'Elantris, avec sa magie des Aon, celui de Fils des Brumes avec le pouvoir des métaux, cette fois l'auteur explore une nouvelle matière avec le Souffle BioChromatique (simplifié en "BioChroma"), pouvoir tiré des Couleurs. Un domaine original avec un fonctionnement qui ne l'est pas moins... Un coup de maître de la part de l'auteur que d'avoir imaginé un pouvoir avec un élément aussi passif que la couleur. Et un coup de maître brillamment mené. On peut toutefois regretter (un peu) que Sanderson n'aille pas un peu plus loin dans son développement de l'Eveil et des pouvoirs Biochromatiques...

    La force de l'auteur: ses personnages.

    Sanderson l'a déjà prouvé, notamment avec la saga Fils des Brumes, une des grandes forces de ses histoires résident dans le charisme à la fois très fort et très humain de ses personnages. Warbreaker ne déroge pas à la règle. On y découvre deux princesses, l'aînée sure d'elle et bien éduquée, la cadette rebelle et insignifiantes, dont les caractères à la fois attachants, pimentés, colorés se complètent dans une histoire où elles se croisent. On suit une bande de mercenaires très surprenants, qui ont plus d'une corde à leur arc, Vasher le solitaire et son épée animée dont on pressent le danger. Et bien entendu, la Cour des Dieux Rappelés, où tous semblent parfaitement à l'aise, sauf Chanteflamme qui cultive le comble du cynisme en ne croyant pas en sa propre divinité. Et au milieu de tout ce petit monde, le Dieu-Roi, mythe vivant, détenteur d'un pouvoir dépassant l'entendement... Et clé de nombreux mystères. Tous entretiennent la trame d'une intrigue qui, si elle prend un départ un peu lent se rattrape sur la succession des événements. On s'attache à la candide Siri et à sa détermination à faire pour le mieux avec peu d'éléments, on sourit à l'humour désinvolte de Chanteflamme qui ne prend rien au sérieux sans pour autant parvenir à se tenir hors du monde, on vibre avec Vasher, sombre et ténébreux, qui détient la clé de nombreuses intrigues, on s'interroge sur le Dieu-Roi et son culte, on aime détester Treledee son Grand Prêtre qui cultive l'art de se montrer odieux... On suit le combat hésitant de Vivenna qui expérimente la vie de son peuple et l'aventure.Comme dans les autres romans de l'auteur, il n'est pas rare que ces personnages ne soient pas tout à fait ce qu'ils semblent, et que les apparences manichéennes ne soient en vérité qu'une illusion...

    Passant de l'un à l'autre, on change de rythme, d'univers, de contexte, d'état d'esprit dans une histoire une fois encore complexe et riche. Les plus exigeants déploreront peut-être des rythmes d'apparition irréguliers pour certains personnages, et quelques lacunes de développement pour d'autres, mais l'ensemble demeure tout de même de qualité, dans le style de Sanderson.

    Moins de coups de théâtre cependant que ce à quoi Sanderson nous habitue avec Fils des Brumes, et certains sont plus prévisibles, mais de bons virages dans l'intrigue toutefois. Passé la première moitié du livre, il devient difficile de le poser pour manger, dormir ou vaquer à d'autres occupations! On retrouve cette sensation d'addiction délicieuse que Sanderson sait si bien manier, qui fait perdre la notion du temps au profit d'une volonté très nette: connaître la suite! Et le livre refermé, les personnages les plus emblématiques errent encore un peu en filigrane dans la mémoire du lecteur. On s'y attache, on répugne à les abandonner, et avec la fin tombe un vague sentiment de frustration. Toutefois, et sans rien éventer de l'histoire, l'auteur a laissé assez d'ouvertures et de possibilités pour une éventuelle suite? Ou bien, à chacun de l'imaginer...

    Des Dieux très humains

    S'il est un domaine qui semble plaire à l'auteur, c'est indéniablement la théologie. Exploitée dans une mesure plus moindre dans la saga Fils Des Brumes, mise plus en évidence avec Elantris, elle prend avec Warbreaker une importance toute nouvelle. Entre conflit de religions (l'Austrisme propre au peuple Idrien, le Culte des Tons Iridescents des Hallandrènes) et des Dieux plus vivants et humains que l'on pourrait s'y attendre... Ces derniers sont les Rappelés, morts d'une manière noble ou glorieuse et rappelés à la vie pour apporter leurs lumières au peuple. Ils évoluent dans le luxe et la paresse d'une cage dorée, vaquent aux intrigues politiques avec des attitudes pour le moins humaines... Tout en servant -consciemment ou non- des desseins plus vastes.

    Si la religion dans la plupart des romans de Sanderson est à l'image de la magie, clairement décrite, bien définie et délimitée, il demeure un certain flou dans le cas de Warbreaker. En partie maîtrisé et lié au fait que les peuples comme les croyances tirent leurs racines des mêmes souches. Mais -on peut le soupçonner aussi- en partie brouillonne. Face à l'écrasant tour de maître de l'Empire Ultime, Warbreaker peine sur quelques balbutiements. L'auteur présente les bases d'une esquisse titanesque qu'il n'exploite au final que partiellement.

    Les petits moins:

    Si l'intrigue est intéressante et complexe, elle prend beaucoup de temps à se mettre en place au profit de la description d'un système politique et de son fonctionnement. La première moitié du livre est relativement "passive" si on la compare à d'autres oeuvres majeures de Sanderson, et on s'attend à en découvrir plus sur le BioChroma, sur le Dieu-Roi, les Idriens, les Rappelés, les différents peuples et leurs relations. L'action démarre très fort à partir de la seconde moitié de l'histoire, mais non sans un élan un peu longuet, et la fin arrive forcément trop vite. Un moindre mal si l'on garde à l'esprit que ces petits défauts sont à l'aune du travail extraordinaire de Sanderson.

    [Fantasy] Brandon Sanderson - Warbreaker

    Bref, bien que mon premier choix en matière de recommandation de ses romans demeure toujours l'excellent Empire Ultime, Warbreaker s'impose comme une bonne référence en matière de roman de fantasy, original, agréable, drôle et accrocheur que l'on prend plaisir à découvrir comme à relire.

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