• [Fantasy/SF]Coeur D'Acier -Brandon Sanderson

    Coeur d'acier

    Lire un roman de Sanderson, c'est savourer la cerise d'un café liégeois, c'est déguster une gorgée de jus de fruits un chaud jour d'été, c'est sentir le léger picotement de l'excitation lorsque le quotidien se teinte de nouveauté. Mais surtout, lorsqu'on le découvre, c'est l'impression de se faire un ami, de se laisser apprivoiser au fil des pages, comme d'apprivoiser sa plume, ses mots, sa réflexion. Et ouvrir un roman de Sanderson, lorsqu'on le connaît, c'est reprendre la discussion avec un ami de longue date que l'on redécouvre comme si on ne l'avait jamais quitté. Outre l'intrigue, outre l'histoire, les personnages, on retrouve ce style à la fois simple et efficace, cette plume à la fois familière et unique à laquelle on s'accroche, dont on savoure chaque mot...

    Prévoir l'écriture de Sanderson est difficile, et dans certains romans même impossible tant ses scénarii sont complexes et bien menés. Mais cela devient un jeu entre l'auteur et son lecteur, une sorte de défi tacite, une partie de cache-cache où il lance cette idée implicite "parviendrez-vous à me déjouer? Parviendrez-vous à comprendre ma trame, mon plan?"

    Et commence alors, avec de nombreux frémissement de plaisir ce bras de fer au fil des mots: aurais-je saisi son plan avant la fin de l'histoire?

    Lire un roman de Sanderson, c'est oublier le temps qui passe, faire abstraction des heures, du jour ou de la nuit, c'est s'immerger totalement, une plongée en apnée dans des mondes à la fois sombres et extraordinaires, ce sont des courses à perdre haleine entraîné sur les pas de personnages attachants. Lire un Sanderson, ce n'est pas simplement lire: c'est vivre le roman sans relâche jusqu'au mot "fin"...

    Et pleurer de ne pas pouvoir poursuivre l'aventure.

    [Fantasy/SF]Coeur D'Acier -Brandon Sanderson

    Résumé:

    On les appelle les Épiques. Il y a dix ans, ils ont été frappés par un éclair. Depuis ils possèdent d’incroyables pouvoirs. Mais leurs intentions ne sont pas bonnes…
      À Newcago, un Épique appelé Coeur d’Acier s’est emparé du pouvoir. On le dit invincible : aucune balle ne peut le blesser, aucune épée trancher sa peau, aucune explosion le détruire. Seuls les Redresseurs, un groupe d’humains ordinaires qui ont consacré leur vie à étudier les Épiques afin de découvrir leur point faible, lui résistent.
      David Charleston a dix-huit ans. Quand Coeur d’Acier est arrivé à Newcago, il a tué son père. Depuis des années, David rêve de se venger, et il possède quelque chose dont les Redresseurs ont besoin… Le jeune homme a vu l’impossible : il a vu saigner Coeur d’Acier.

     

    Attention, risques de spoilers!

    Le cadre, le contexte, la trame

    L'histoire prend vie cette fois dans un cadre familier, un futur proche, un monde qui pourrait être le nôtre, qui devrait l'être... Et pour cette nouvelle saga, l'auteur exploite un aspect assez étonnant des Super Héros: et si en vérité, ces surhommes n'étaient pas là pour aider les humains? Et s'ils étaient mauvais..?

    C'est dans ce contexte que David, jeune homme livré à lui-même décide d'étudier les Epiques, ces êtres dotés de pouvoirs qui ont asservis les humains. Mais le projet de David se concentre sur un seul et ultime but: tuer Coeur d'Acier, l'empereur de Newcago...

    Comme l'auteur nous y avait habitué avec le premier cycle de Fils des Brumes, l'on débarque dans un univers très sombre, tourmenté, dur, et angoissant où la vie tient à peu de choses.

    C'est dans ce monde dévasté et post-apocalyptique qu'une poignée de résistants va s'élever contre un oppresseur, autre thématique familière. Mais les similitudes s'arrêtent là.

    Car Sanderson nous brosse son histoire avec un réalisme presque douloureux, où les choix entraînent des conséquences, où la réussite n'est pas garantie et la survie non plus. Connaissant le caractère impitoyable de l'écrivain avec ses personnages, surtout lorsqu'il a bien réussi à les rendre charismatiques, j'appréhendai le premier mort dès la page trois...

    Et si l'intrigue de Coeur d'Acier est moins riche en virages tortueux et coups de théâtre que d'autres de ces romans, l'on sent avec plaisir qu'il mène parfaitement son affaire, on se laisse absorber dans son monde, on pleure, on rit, on souffre, on angoisse pour les personnages, on sourit avec eux. L'action soutenue, particulièrement bien guidée sur les fins de chapitre pousse à la lecture maintenue, et lorsqu'il faut vraiment lâcher le livre, fait réfléchir longtemps. Et la fin du roman est une fois encore frustrante tant sa lecture est addictive.

    Comme à son habitude, Sanderson place assez rapidement tous les éléments qu'il exploitera, dans le décor initial. Il laisse de petits cailloux blancs habilement placés pour être suggérés sans forcément attirer l'attention, et révèle au fil des chapitres le génie presque cruel de son scénario.

    Les personnages

    Une des richesses de Sanderson est l'intensité de ses personnages et ce, dans la plupart de ses romans. Coeur d'Acier n'échappe pas à cette règle. Leur relief n'est pas celui d'une Vin ou d'un Kelsier, mais on retrouve dans sa manière de nous présenter Megan ou Jon des inflexions familières, et le charisme des acteurs principaux de cette aventure reste très fort et marquant. On rit des frasques de Cody, on se prend d'amitié pour Abraham, on se penche avec curiosité sur Prof alias Jon, on suit les avancées de Tia avec intérêt, on se pique d'affection pour Megan et David. Ils ont cet aspect humain, réalistes, crédibles qui les rend à la fois si accrocheurs et si vivants.

    Bref, Coeur D'Acier est à la hauteur de ce à quoi l'auteur a habitué son lectorat et mérite vraiment d'être chaudement recommandé. Les fans de la première heure et les grands lecteurs regretteront peut-être un petit volume n'excédant pas les 330 pages qui seront dévorées toujours trop vite!

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