• Honnie soit l'Ecologie Humaine!

    Une fois n'est pas coutume, c'est un poing dressé, un cri de colère...

    Honnie soit l'Ecologie Humaine!

    Pour être plus précise, honnie soit la récupération de ces termes faite par les intégristes des Manifs pour rien. Un exemple pour illustrer:

    "En quoi le projet de loi sur le « mariage pour tous » est-il une menace, puisque la grande majorité des familles ne seront pas directement concernées ?

     T. D. : Il faut comprendre que nous sommes, avec ce texte, à l’orée d’un basculement sociétal absolument majeur. Ne nous leurrons pas : il est évident que le mariage et l’adoption pour deux personnes de même sexe vont de pair avec l’élargissement de la procréation artificielle pour deux femmes, puis la gestation pour autrui pour deux hommes. Autrement dit, avec le fait de « produire » des enfants pour répondre au désir – aussi sincère soit-il – des adultes. C’est un renversement complet : l’enfant ne serait plus la rencontre de deux libertés donnant naissance à un être libre et égal en droits, accueilli de façon inconditionnelle, mais un “projet” – pour ne pas dire un objet – soumis à une volonté de toute-puissance et devant être conforme au désir ou au fantasme d’adultes. Il est ainsi significatif que certains couples de femmes réclament un donneur de gamètes qui ressemble physiquement à celle qui n’est pas sa mère biologique. Notre mobilisation massive révèle la puissance de notre attachement aux vrais repères de la filiation. Un mouvement “d’écologie humaine” est en train de se lever."

    [Extrait d'un article d'alliancevita]

    Et nous retrouvons la problématique de la "question éthique" du mariage (qui ne devrait du reste plus se poser après approbation du Sénat, de l'Assemblée Nationale et du Conseil Constitutionnel qui ont tous donné feu vert). Inutile de rentrer une fois encore dans le débat mainte fois alimenté, mes arguments sur la questions sont toujours les mêmes.

    Mais cette "écologie humaine" récupérée par les manifestants est une catastrophe! Pas seulement pour son caractère rétrograde et ses idées étriquées basées sur des préjugés, des syllogismes et des raccourcis de pensée, pas seulement pour une incitation à l'intolérance mais pour la vraie cause écologique elle-même!

    La Société d'Ecologie Humaine (notez les majuscules) existe déjà, mais ce n'est pas la même chose. Elle définit l'adéquation entre l'espèce humaine et son milieu de vie, un concept d'harmonie. Pas de division.

    A aucun moment, la nature n'a nié l'existence de l'homosexualité. Cela, seuls les Hommes l'ont fait.

    Honni soit ce mouvement qui sous des airs d'investiture sur des questions d'avenir instille pernicieusement son schéma simpliste et cloisonné. Dans la rubrique "science", les deux premiers articles sont dédiés (comme c'est bizarre!) à la PMA et la GPA... Oseront-ils dire qu'ils déguisent leurs discours pour faire passer leurs idées?

    Sur le site de L'Ecologie Humaine, un article titré;

    "PMA Ecologique ?"

    Oh la belle récupération! En mettant le mot "écologique" dans le titre, espère t-on soudoyer quelques idéalistes à l'esprit plein de fougue militante pour lui faire comprendre combien la PMA n'est pas naturelle? Enfin si mais juste pour les couples homme-femme!? Hypocrisie à peine déguisée.

    "LA NATURE A SES LOIS

    En effet, c’est la nature qui exige, pour la conception d’un enfant, deux parents, de sexe opposé, vivants et en âge de procréer : faire fi des conditions naturelles suppose de mettre la technique à la disposition de n’importe qui, car qui s’érigera en juge de la légitimité de tel projet parental ? Pourquoi exiger des demandeurs qu’ils soient en âge de procréer ?"

    Et qui a décrété cela? Pour faire un parallèle un peu trivial, on utilise encore la semence du taureau Chéribibi mort depuis belle lurette pour inséminer des vaches sans mesurer le problème de la consanguinité... Où est dont la question naturelle là dedans? Pourquoi ne pas militer pour le retour des taureaux dans un cheptel? La réponse est simple: parce que ceci est de la propagande, destinée à diffuser une idée, une idée subjective, orientée, et largement contestable et la présenter comme un fait établi.

    Des couples souffrant de problème d'infertilité -pour raisons médicale par exemple- peuvent faire appel à la PMA. Ce n'est absolument pas plus "naturel" que pour un couple homosexuel constitué de deux femmes, la manoeuvre est la même. Mais le premier cas est considéré comme "légitime". Alors que la manipulation, l'intervention du savoir humain sur la nature est EXACTEMENT LE MÊME dans les deux cas. Et c'est bien cette prise de parti que reflète l'extrait sélectionné "n'importe qui" définissant tout cas n'entrant pas dans la cellule familiale hétérosexuelle dite "classique". Ceci messieurs-dames est une preuve flagrante d'intolérance.

    Une femme de 60 ans est aussi capable d’élever un enfant qu’une jeune femme sans expérience et absorbée par un emploi prenant. Pourquoi exiger encore qu’ils soient « deux » ? Le projet parental à trois ou quatre aurait-il donc moins de valeur que celui mené par deux personnes ? Pourquoi exiger enfin qu’ils soient vivants ? Toute condition sera immédiatement contestée comme ce qu’elle est, arbitraire. La nature apparaît alors non seulement comme un « garde-fou », mais comme l’instance à même de fonder la norme objective et, en tant que telle, admissible par tous.

    ... Quant à la suite, elle est risible et tristement rabachée, c'est le raisonnement de "la porte ouverte à tout". Oui, sauf qu'il est uniquement question de l'homosexualité, point final. Ca n'ira pas plus loin. Comme ça n'a pas été plus loin dans les pays ayant adopté le mariage et la PMA/GPA.

    Passons à leur approche de la GPA, c'est un vrai régal.

    (Avant tout, je tiens à préciser que je suis mitigée sur le sujet de la GPA à titre personnel.) Je vous passe le préambule sur le rôle biologique homme-femme;

    En réalité, ces questions de l’homofiliation et de l’homoprocréation interviennent avant tout comme un révélateur. La crise est antérieure et doit conduire à une réflexion critique sur la maîtrise postmoderne de la procréation humaine (contraception, interruption de grossesse, diagnostic prénatal, procréation médicalement assistée). Ces pratiques, aujourd’hui synonymes de libération et de progrès, constituent un bouleversement sans précédent dont nous commençons tout juste à prendre la mesure. Il s’agit d’en analyser les logiques sous-jacentes.

    En particulier, cette révolution sexuelle et procréatique est impossible sans une instrumentalisation de l’enfant à naître.

    Ca y est, le ton est donné.

    Nous sommes passés du rapport de domination homme-femme, dénoncé par le féminisme, à un rapport de domination du couple sur l’enfant à naître. En témoigne la logique de « surproduction », de sélection et de « surconsommation » des embryons et des fœtus humains. De quoi s’agit-il ? Voici quelques chiffres. En France, dix ans de pratique de la fécondation in vitro au rythme actuel (10.000 enfants par an) nécessitent la production de 2,2 millions d’embryons humains, chiffre vertigineux (« rendement » de 3 à 5 enfants nés pour 100 embryons fécondés in vitro) ! Toujours dans notre pays, la contraception par stérilet favorise vraisemblablement la procréation et l’élimination de quelques millions d’embryons humains par an, en raison de l’activité antinidatoire de ce mode de contraception (environ 3,5 millions d’utilisatrices en 2010). Les deux cent mille interruptions volontaires de grossesse (IVG) annuelles pratiquées depuis 1975 au cours des 10 à 12 premières semaines de grossesse, représentent l’élimination de 7,4 millions d’enfants à naître, soit une population d’environ 4,5 millions d’enfants dits « non-désirés » qui seraient nés si ces IVG n’avaient pas été pratiquées… Le diagnostic prénatal de la trisomie 21, de plus en plus performant, aboutit dans 95% des cas à la pratique d’une interruption médicale de grossesse (IMG). Bientôt, une population entière, génétiquement discriminée, celle des personnes atteintes de trisomie 21, sera ainsi anéantie, ce qui m’a amené à parler de « génocide libéral ».

    Et voilà comment sous couvert d'écologie on dérape "gentiment" de la GPA à un avis subjectif et culpabilisant sur l'IVG et la contraception. Un mot un seul pour définir cette attitude: PROPAGANDE! Faut-il rappeler que la Nature elle-même "fait le ménage" dans les enfants à naître? La blâme t-on  de reprendre la vie d'un petit être malformé qui ne pouvait substister? Non! En revanche, la prise de position ici est nette: la contraception, c'est mal, l'IVG un meurtre. 

    Pour mémoire, il faut aussi rappeler que parmi les chiffres affolants d'embryons créés In vitro, beaucoup ne sont pas viables d'un point de vue biologique, ce qui explique les pertes et les chiffre importants. Cela fait parti de la sélection naturelle où seuls les plus solides survivent. C'est cruel mais c'est une loi immuable antérieure à l'espèce humaine elle-même.

    Les "enfants non désirés qui seraient nés sans la pratique de l'IVG".. De quoi alimenter les chiffres de maltraitance infantile, d'infanticides dans les faits divers (les congélateurs se vendent très bien...) et d'abandon parentaux. Belle avancée en effet...

    Afin d'éviter un nouveau pavé à copier/commenter, le groupe fait également l'apologie de la chasteté... Sans commentaire...

    L’ECOLOGIE HUMAINE: ALTERNATIVE A UNE RÉVOLUTION SEXUELLE DÉCEVANTE

    Les racines inconscientes de la parentalité postmoderne plongent dans ces statistiques incontournables et pourtant refoulées. Les parents et la société ont un véritable pouvoir de vie et de mort sur l’enfant à naître. L’enfant dit « désiré » de la société procréatique ne bénéficie guère de l’accueil sécurisant que la société croit lui accorder. Il est soumis à une authentique forme de violence sociale : la menace rétrospective de son élimination prénatale potentielle. La parentalité post-moderne s’établit sous un fond d’insécurité existentielle délétère dont la pratique clinique invite à mesurer les enjeux psychologiques.

    En trois mots "langue de bois". Mais c'est ronflant et ça va dans le sens que les parents modernes doivent avoir honte, alors on garde hein...

    Parallèlement, la révolution sexuelle et procréatique n’est pas une panacée. Il faut la juger à ses fruits. Nous aurions pu croire qu’elle permettrait de construire une harmonie homme-femme plus sereine, mais cela ne semble guère le cas si l’on en juge par le nombre des désunions conjugales et des conflits parentaux.

    Oui, c'était beaucoup mieux quand les adultes découvraient les joies du sexe après mariage, traumatisaient leurs enfants avec ce tabou et créaient des zones de crainte, de silence, des tabous..; Tellement mieux quand la fille-mère était reniée pour s'être fait engrosser la seule fois où elle avait fauté, tellement mieux quand on mariait d'office deux jeunes gens qui ne s'aimaient pas parce qu'ils avaient eu une aventure qui avait porté ses fruits... Les crises étaient différentes, sans doutes pires, mais au moins on en parlait pas! Ah oui c'est vrai, la chasteté c'est tellement bien...

    Les souffrances liées à l’interruption de grossesse, pourtant bien présentes à de multiples niveaux, sont également objets de tabou. Peu de cliniciens les recherchent. Et si, pour Freud, la répression sexuelle qu’exerçait la société puritaine de son époque favorisait l’éclosion des névroses, la société d’aujourd’hui favorise davantage des profils de personnalité borderline ou pervers dont les expressions pathologiques ne sont pas moins sévères.

    Comme la conclusion est facile... Si elle avorte, c'est qu'elle est borderline, c'est qu'elle souffre d'un problème mental! Quid des femmes qui avortent la mort dans l'âme parce qu'elles ne se sentent pas capables d'élever un enfant arrivé accidentellement? Le cas le plus courant pourtant. Quid de la famille de six enfants dont le septième arrive très mal parce qu'il est déjà difficile de nourrir les autres? La pauvreté existe, ses effets aussi. Les grossesses accidentelles sont nombreuses. Faut-il condamner les parents d'avoir une vie sexuelle? Certains diront "ils ne se sont pas protégés!" (les mêmes qui tapent sur la contraception hein!) Eh ben les préservatifs qui craquent, la pilule trop faible, le diaphragme qui laisse passer ça existe aussi. Mais le texte condamne l'effet sans chercher la cause. Il assène un jugement de cas particuliers en suggérant une généralisation.

    Cette analyse ne doit pas nous laisser sombrer pour autant dans le pessimisme, ou l’idéalisation du passé. Une troisième voie est possible. Exigeante, elle doit prendre en compte les évolutions sociales, en particulier la nécessité d’un féminisme authentique, et doit inventer un nouveau rapport homme-femme respectueux de l’enfant à naître, pour un autre avenir de la procréation humaine. Cette 3e voie qui vise à prendre soin de chacun des parents et de l’enfant, s’inscrit précisément dans le  courant d’écologie humaine.

    Oui, c'est bien joli mais dans les faits, cela consisterait en quoi? Féminisme authentique, quel rapport? Nouveau rapport homme-femme... C'est à dire?

    Respectueux de l'enfant à naître: une fois encore une affirmation assenée qui ne tient pas compte du fait que la vie est remplie de cas particuliers. La traduction directe de ce message (rappelons qu'à la base nous parlions de la GPA) revient à interdire l'IVG.

    Prendre soin de chacun des parents et de l'enfant, c'est précisément ce que revendiquent les homosexuels en attente d'adoption. Sauf que l'article ne les inclut pas dans l'équation...

    Et dans la rubrique société sur l'article "

    "Du déni d’humanité à l’écologie humaine"

    [...]Cette leçon nous invite aujourd’hui à revenir également au principe de réalité dans notre relation à la nature humaine. La défense de la nature doit se faire en protégeant l’homme de sa propre autodestruction, c’est-à-dire par la promotion d’une écologie humaine, qui ne peut déconnecter la préservation et la défense de la dignité humaine de l’acceptation de la nature humaine.

    L’euthanasie, l’avortement, le clonage, la GPA, la théorie du Gender, et autres « progrès » nous éloignent de la vérité, de la liberté, de la dignité et de la vocation humaine."

    Et là si vous n'avez pas encore compris, le message est "danger danger!" Sans honte sans complexe, ils étalent la régression comme modèle sociétal en expliquant combien ils ont raison, sans se transposer à la place de monsieur et madame Tout-le-monde, en restant focalisé sur leur image étroite du monde idéal comme seule référence...

    La vérité? Qui sont-ils pour prétendre la détenir? Un discours qui n'est pas sans rappeler celui des religions, et de manière plus implicite, celui des sectes...

    Les oppositions à ces évolutions, loin de correspondre à des replis sur soi, des conservatismes, des phobies, sont au contraire les germes annonciateurs d’une nouvelle société écologique et humaine, capable de tempérer la tentation d’un monde sans faille, celle de l’indifférenciation et celle de la toute-puissance. Une telle société, congruente avec notre nature humaine, nous rapprochera de la vérité, de la liberté, de la dignité et de la vocation humaine et nous permettra alors de les transmettre avec fidélité aux générations futures.

    Non, ce ne sont pas les "germes d'une nouvelle société" mais les ruines d'un système usé regretté par une poignée de conservateurs qui voudraient replonger dans l'intégrisme d'une époque où on tondait une femme adultère, où on reniait une fille-mère... Non pas une évolution mais une de ces danses où l'on fait un pas en avant et deux pas en arrière. Une fois encore, l'usage du mot "vérité" souligne l'aspect catégorique et orienté de ce texte. Et l'aspect religieux sous-jacent. Sans surprise, c'est le discours d'une extrême-droite conservatrice et croyante qui essaie de raccoler à l'écologie en usant d'effets de style...

    Mais il n'y a pas de quoi s'y tromper.

    Un texte qui a vocation d'éviter aux gens de penser. Ils le font à votre place.

    Hypocrisie.

    Le mouvement de l'Ecologie Humaine est une vaste hypocrisie.

    Et un danger réel.

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