• [Impression] Cinquante nuances de Grey, le Twilight pour adultes

    Comme j'aime beaucoup m'infliger des paris idiots, il y a quelques années, je me suis imposée la lecture de Twilight (qui est paradoxalement meilleur en bouquins qu'en films, du fait du style d'écriture qui sauve un peu le bouillon).

    Cette année, lasse de n'entendre parler QUE du porno de gare Cinquante Nuances de Grey (non, ce n'est pas une "romance érotico-romantique" mes chéris, mais un bon vieux porno parfaitement explicite, je vous laisse regarder les définitions d'"érotisme" et de "pornographie" dans le dico pour comprendre), je me lance. (Non, je n'ai pas acheté le livre, on ne va pas pousser le vice trop loin non plus!).

     

    [Impression] Cinquante nuances de Grey, le Twilight pour adultes

    L'intrigue:

    Si on passe sur un démarrage TRÈS LONG, et une première partie plutôt plate où on se demande ce que l'auteur cherche à démontrer, le livre se résume finalement à un éros porno plutôt bas de gamme. On sent une patte masculine (alors qu'à mon grand dam, le livre a été écrit par une femme!) dans le portrait de l'héroïne et son profil psychologique (parce que bon, des jeunes vierges nunuches de 22 ans qui acceptent autant de trucs d'un coup sans trop discuter, ça ne court pas les boulevards...) Et au niveau stylistique, la plume est décevante, vulgaire et sans relief. Même pas la drôlerie caustique d'un San Antonio -on en est loin-... Les principaux éléments perturbateurs de l'histoire étant un vague triangle amoureux qui fait flop très vite, et deux-trois antagonistes qui se claquent le bout du nez à la première altercation, l'essentiel du contenu repose sur de très régulières scènes de sexe (qui ont le mauvais goût d'avoir toutes l'air copiées-collées ou presque), et les dilemmes internes des personnages (oui ça meuble de montrer les efforts de réflexion de personnes qui n'ont pas l'habitude de cet exercice)

    Quant aux scènes olé-olé qui font manifestement le succès du livre et dont l'auteur nous gratifie toutes les deux pages (les héros de 50 shades sont plus performants que les lapins, ils ne s'arrêtent même pas pour pouvoir à leurs besoins naturels... une sorte de super-pouvoir qui ne sert pas beaucoup le bien de l'humanité.) on en lit une, on les a toutes lues. Pas besoin d'être par ailleurs un grand clerc de la luxure pour arriver à soupeser ce qui est crédible de ce qui l'est déjà moins... (oui parce que je me répète, mais combien de jeunes vierges maîtrisent la brouette bulgare dès leurs premiers rapports...? Quant à la jouissance immédiate/sur commande/ à répétition voir TOUJOURS dans l'ordre homme puis femme -jamais l'inverse!-, c'est assez magique quand même...)

    Alors, qu'est-ce qui m'a interpellée dans ce bouquin?

    C'est en vérité un Twilight pour adultes.

    [Impression] Cinquante nuances de Grey, le Twilight pour adultes

    Manifestement je ne suis pas la seule à le penser...

    Le public et le thème ne sont pas les mêmes, la structure si. Avec d'un côté le héros fatal, inaccessible irrésistible et dangereux façon bad-boy-tu-peux-pas-test-super-torturé-que-seul-un-amour-de-cruche-peut-guérir, et de l'autre la cruche intersidérale - ou pas bien loin-  qui se situe grosso-modo dans la moyenne (pas particulièrement belle/intelligente/brillante, voir par moment passablement nouille... Je m'excuse d'ailleurs de cet amalgame auprès des nouilles.) qui a paradoxalement un succès plutôt honorable chez l'autre sexe (mais qui n'en veut aucun bien sûr. En tous cas jusqu"à Ken Edward Christian). Et, allez savoir pourquoi ces deux êtres aux antipodes (à ce stade, on a dépassé le concept des étoiles contraires...) nous jouent un "je t'aime, moi non plus".

    Ça arrive tous les jours que des milliardaires veuillent absolument posséder une jeune béate qui tombe à plat ventre dans leur bureau et que s'ensuive une histoire d'amour compliquée mais réciproque suite au harcèlement de monsieur... Oh wait!

    Certes E-L James n'est pas Meyer (Mormone qui refusait de décrire une scène de rififi avant le mariage des personnages, et qui, au regard de son public est restée très "gentille"), mais les profils des personnages clés ne dévient pas. C'est EXACTEMENT la même recette au point que si j'étais Meyer, j'envisagerai l'attaque pour plagiat. Le beau gosse, la cruche et le meilleur pote déçu. Désolée pour les spoilers pour ceux qui ne l'ont pas lu, mais vous n'avez pas perdu grand-chose...

    Alors ici, pas de vampires-disco-boules-à-facettes ni de loups garous Amérindiens body-buildés dopés aux amphet', mais un homme adepte de la Dominance et du sado-masoschisme... Et une oiselle qui n'a pas trop l'air de savoir où elle va -mais elle y va quand même, hein- ni ce qu'elle veut, mais qui croit au power du luv' parce que l'amûûûr triomphe toujours! Souvent. Il paraît. Dans certains cas. Parfois. De temps en temps. Merde.

    L'histoire d'amour se voit donc régulièrement étouffée dans des scènes de sexe où l'auteur s'est manifestement fait plaisir (même si ça devient très rapidement répétitif voir ridicule dans l'absence de réalisme des réactions du couple), mais qui traînent en longueur sans décoller beaucoup, et qui tournent vite dans le redondant. Trop récurrentes et mal travaillées -c'est un genre qu'on assume ou pas, mais qui ne pardonne pas trop l'erreur-, pas le genre de littérature pour s'enflammer à la lecture.Un porno qui essaie laborieusement de se trouver une étiquette de romance.

    Plutôt le genre à prendre avec beaucoup de détachement, à la rigolade. Et encore.

    Mais malgré tout, j'ai été subjuguée dans ma lecture en diagonale du parallèle frappant qui s'est imposé à moi entre la saga guimauve de Meyer et celle un peu plus crue de E-L James. Si on retire leurs styles respectifs et le contexte, Christian Grey et Ana Steele ne sont jamais qu'un nouvel Edward Cullen et une nouvelle Bella Swann... James ayant avoué avoir écrit 50 shades en fanfiction de Twilight, les deux histoires offrent une troublante similitude.

    Les personnages:

    • Christian Grey est un amalgame de clichés pseudos-sexy (beau, ténébreux, tourmenté, avec en bonus du fric par dessus la tête, c'est bon, tu le sens le fantasme de la richesse?) et sa tentative de séduction d'Ana n'est jamais qu'un vulgaire harcèlement moral doublé de stalking... Monsieur ignorant manifestement les notions de respect du consentement/de l'intimité relatifs au SM et de manière générale, à l'amour et au fonctionnement d'un couple sain. Transposez le même comportement chez Gégé, quinquagénaire bedonnant porté sur la bière et au chômage, vous verrez que ça aura soudain l'air beaucoup plus suspect et beaucoup moins sexy... Et pourtant ce n'est pas le messager qui est douteux mais le message... (c'est dire à quel point ça part loin) Celui qui dit qu'on peut tout à fait harceler et fliquer une femme pour l'obtenir, qu'on a le droit de lui imposer sa volonté tant qu'on a l'excuse d'être riche et beau, ça passe. WTF? Il a quelques mono-fixettes pour faire croire qu'il est fou (son alibi officiel) et change d'humeur toute les trois secondes et demi, il n'aime pas être touché pauvre trésor et il a eut un départ difficile dans la vie. Cliché, cliché, cliché. Sur fond de cliché, avec banalisation de comportements dangereux (je parle ici du harcèlement) avec une nouvelle louche de clichés. Next.

     

    • Katerine -Kate- Kavanagh: La meilleure-amie-sex-bomb. Il faut comprendre que l'entourage de l'héroïne a un potentiel de beauté-séduisance très supérieur au commun des mortels (le petit détail qu'on croise TOUS au quotidien... Toujours persuadés qu'on est dans une romance...?). Kate incarne dans ce contexte la femme PARFAITE: belle en toute circonstances, avec du caractère, du charisme, de la personnalité etc etc etc. Une Mary-Sue, mais en pire (si si...). C'est un peu le faire-valoir inversé d'Ana, le point de comparaison à partir duquel l'héroïne se dévalue parce qu'elle est "moins belle", "moins séduisante", "moins douée" "a moins de répartie". Si l'effet de genre est intéressant à petite dose parce qu'il permet de nuancer un personnage principal qui tendrait à être trop parfait, l'abus qu'en fait l'auteur est juste écœurant et rend les passages Ana/Kate particulièrement longs et fastidieux. Et pour parfaire le tableau de la belle histoire qui ne peut QUE "bien se finir", Kate sort avec le frère de Christian... (ben voyons, comme c'est pratique...) histoire de serrer les rangs et de ne pas faire de jaloux... Hormis son rôle de point de comparaison/faire-valoir, Kate n'a pas vraiment d'existence propre. Disons-le honnêtement: elle ne sert à RIEN. (Comme la plupart des personnages... aïe, pas la tête!)

     

    • Anastasia -Ana- Steele, l'héroïne, qui dans le livre même est décrite dès le début d'une banalité confirmée attire à elle une armée d'hommes, toutes hormones au garde-à-vous sans qu'on sache tout à fait pourquoi, elle n'en veut qu'un seul, et fatalement c'est Ken Edward Christian "méchant garçon" de l'histoire. Il la repousse, elle le cherche... On a même droit à la reprise du bon vieux triangle amoureux avec le personnage de José, brave gars bien sous tout rapport qui se consume d'amour pour une femme qui ne le voit même pas. Ana n'a pas de volonté propre, mais a deux personnages intérieurs (sa conscience et sa déesse intérieure) qui lui soufflent le chaud et le froid de manière schizophrénique. Elle ne semble pas trouver anormal d'être stalkée ou achetée via de somptueux cadeaux par un milliardaire aux appétits sexuels peu conventionnels et lui dit "oui" relativement vite et sans résistance. On pourrait éventuellement diagnostiquer un instinct de survie du lemming, mais j'aurais assez peur de porter préjudice aux lemmings dans l'histoire. Son mode de réflexion se limitant la plupart du temps à "Mon Dieu, qu'il est beau/sexy, ce n'est pas légal d'être aussi beau/sexy" et "Oh le pauvre, il a eut du malheur dans sa vie, je vais m'occuper de lui et tout changer". (Oui, ceci est la psychologie d'un personnage principal. Hélas)

     

    • José: Le dindon de la farce. Dans notre trio, si on transpose en version Twilight, c'est le loup-garou qui bave d'amour face à Bella. José apparaît comme un type TRÈS BIEN presque tout le début du bouquin. Cependant, j'ai été un peu vite en écrivant "bien sous tout rapport", dans le sens où ce brave gars, on ne sait pas pourquoi tente de violer la femme qu'il aime alors qu'ils ont un petit verre de trop dans le nez... Euh... Comment dire madame James? C'est pas franchement une réaction super normale ni super cohérente de la part d'un mec éperdu, même saoul... On peut donc se demander par quel bug des synapses José s'est mit à comprendre "oui" quand Ana disait "non". Sachant que cette scène tombait scénaristiquement très bien pour faire de Christian Grey le preux chevalier volant à la rescousse de sa bien-aimée (qu'à ce moment de l"histoire il n'a croisé que deux fois), histoire de faire un peu mieux passer la pilule du traçage qu'il a fait sur elle et de sa manie d'être dans ses pas où qu'elle aille et quoi qu'elle fasse. Vous la sentez, l'anomalie de ce comportement? (si la réponse est "non", cf l'exercice de transposer cette attitude sur un quinquagénaire au chômage, vous verrez, ça calme...). Ana étant donc entourée d'hommes aux mœurs plutôt discutables... Alors oui, malheureusement ça arrive (même trop souvent), mais en quoi est-ce supposé être "romantique"...? Pour la "défense" de José, il sera le meilleur pote impeccable de l'héroïne jusqu'à la fin des trois bouquins (le pauvre) et continuera de se transir d'amour pour elle de loin, et même Christian finira par l'accepter à la fin (euh...) histoire de formuler un joli "happy-end". Hem...

     

    • Leila: L'ex-soumise. Leila était potentiellement le personnage le plus intéressant du tome 1, parce qu'elle apportait une note d'imprévu (peut-être le seul élément qui ne soit pas télégraphié à dix kilomètres. Seulement à cinq), elle jouait l'élément perturbateur et déviait le cours de l'histoire d'un déroulement trop évident. Elle aurait pu être un bon personnage en étant plus développée et exploitée autrement, mais son histoire tourne court. Il s'agit d'une ex-soumise de Christian qui revient le hanter en menaçant Ana, qui a prit "sa place". Un bon potentiel qui s'achève en pétard mouillé. Comme à peu près tout le reste.

     

    • Elena/Mrs Robinson: Le mauvais génie de Christian, la femme qui l'a initié à la Domination, son associée en affaire et confidente. Là encore, comme Leïla, Elena aurait pu avoir une meilleure dimension d'antagoniste avec un certain développement: elle a une influence sur Christian et tient à lui, Ana passe son temps à s'interposer entre elle et lui, et la condamne haut et fort pour le détournement de mineur dont elle a fait preuve avec Grey (effectivement...) Un autre pétard mouillé. Elena qui semble être au départ une femme de poigne, intelligente et forte s'aplatit complètement devant Ana. (euh... laul? Une femme de tête qui s'écrase devant une jeune femme qui en est encore à confondre drague et stalking et à penser que c'est narmol qu'un milliardaire étranger la couvre de cadeaux pour lui demander de se soumettre sexuellement à lui...? Hem...) Ana qui pourtant lui fait des scènes relativement ridicules dans leur déroulement...  et ses rapports avec Christian sont bredouillants, incertains. Elle aurait presque pu être intéressante, c'est sans doutes pour ça qu'elle retourne au placard dès qu'un des personnages principaux élève la voix. Un vrai-faux antagoniste qui perd par là même beaucoup de sa raison d'être.

     

    • Jack Hyde: le patron pervers. Ana ne pouvant pas avoir un patron "normal" (bah non, c'est un porno une romance érotique-machin voyons!), il fallait qu'elle tombe sur un pervers, histoire de renforcer la paranoïa/aspect chevaleresque de Grey. Jack Hyde (dont le nom de famille transparent ressemble presque à une blague compte tenu du personnage qui "cache" sa nature. Quel âge a l'auteur déjà...?) aurait eu lui aussi un bon potentiel d'antagoniste dans une intrigue plus développée (n'en dites pas plus...). Il maintient d'ailleurs sa place jusqu'à la fin du troisième livre et James développe même un début d'intrigue potentiellement intéressant avec lui... Qu'elle brade vite fait bien fait, quand même faudrait pas déconner, c'est une histoire de cul "d'amour" ce machin à la base. (même si une critique honnête évoquerait plutôt le harcèlement et la manipulation mais bon...) En définitif, Hyde qui pourrait être un homme ténébreux et complexe se révèle juste un obsédé sexuel aigri par son passé, la promesse de charisme que l'auteur tente de dépeindre au début s'effondrant vite dans une trop grande surenchère mal gérée et clairement manichéenne. Et forcément sur toutes les femmes qui gravitent autour de lui, il n'en voulait qu'une, la plus banale, la moins remarquable, la plus neutre et la seule sur qui Grey avait mis le grappin. C'était vraiment inattendu comme retournement de situation...

    Quelques messages perturbants:

    On peut pardonner à un livre d'être mauvais, mais certaines choses passent moins bien dans le registre de l'erreur, ce sont les messages, clairs ou sous-entendus qui sont transmis au fil de l'histoire.

    Il y a bien sûr la banalisation du harcèlement: Christian Grey va chercher Ana Steele d'une manière répréhensible sous bien des aspects (quasiment tous), fussent-ils légaux ou moraux parce qu'il ne fait rien moins que la suivre partout, la faire tracer, la fliquer... Parce qu'il en a les moyens. "Parce que je le peux" étant sa réponse récurrente, tel un mauvais running-gag. Et dresser un tel personnage en "héros" que l'amour guérit de sa folie n'est rien moins que dangereux.

    On ne change pas personnes dangereuses et/ou malsaines uniquement en les aimant très fort.

    La banalisation du viol/des agressions sexuelles. Les tentatives de viol interviennent plusieurs fois dans l'histoire, une fois avec José (sans raison particulière, l'alcool étant un prétexte pour tenter de l'expliquer), avec Jack Hyde et... Avec Christian. Avant que les fans ne se récrient, je vous demande de vous repasser exactement la scène où  il dépasse les bornes, lorsque malgré ses supplications, il refuse de s'arrêter et qu'il utilise le sexe pour se "venger" et passer sa colère, le moment où elle utilise le mot d'alerte. Ça les enfants, c'est un viol. Le message est extrêmement dérangeant, parce que si dans les cas de José et Hyde, les tentatives d'agressions sont montrées comme criminelles, celle de Christian est étonnamment vite pardonnée... Et ne devrait pas.

    En quoi cette histoire est-elle malsaine et même dangereuse?

    Parce qu'elle déguise en romance un vulgaire harcèlement (je le répète, le stalking, le flicage permanente et omniprésent, les cadeaux extravagants en vue d'acheter la personne et les menaces ne sont pas DES COMPORTEMENTS NORMAUX et ne sont pas excusables parce "c'est une histoire d'amûûûr". Il n'y a aucun amour dans le fait de vouloir contrôler la vie d'une femme vaguement entrevue une fois dans le cadre d'une interview. Il n'y a aucune excuse non plus.) et laisse sous-entendre qu'il suffit d'aimer très fort une personne manipulatrice, agressive, impulsive, contrôl-freak et imprévisible pour en faire un agneau. Les chiffres de la violence conjugale en témoignent CA NE FONCTIONNE PAS.

    Parce que cette histoire dédiabolise plusieurs crimes: le viol conjugal (qui se voit pardonné très vite au nom de l'amûûûr une fois encore. Nope.) le harcèlement (qui n'a pas l'air de réellement angoisser l'héroïne vu qu'elle cède quand même relativement vite. Aucun problème avec le fait d'être mise sur écoute miss, vraiment...? Juste une petite tape sur les doigts. Sérieusement...?) la manipulation (Grey utilise tous les recours dont il dispose pour pousser Ana à accepter, qu'il s'agisse d'autorité, de menace ou de chantage selon les situations. Il lui met la pression en permanence et a des réactions si violentes que lorsqu'elle lui déclare être enceinte, j'ai vraiment pensé qu'elle allait finir découpée en morceaux dans sa cave. ) la violence morale / physique (dont le sexe punitif, ce qui revient à banaliser le viol)

    Le tout estampillé de la jolie étiquette "romance moderne".

    Puisqu'il faut rabâcher des évidences, ce n'est PAS une "romance". Un homme qui harcèle une femme ne DRAGUE PAS. La drague se construit à deux sur une base où les deux sont consentants et motivés par l'envie de séduire et de plaire. Dès lors que l'un s'imagine des droits sur l'autre, ce n'est plus de l'amour, c'est de la possession!

    Sans moi les amis.

    La clé du succès?

    Le "facile". Le livre se met à la portée du plus grand nombre sans faire dans la subtilité, et ironiquement, sans faire dans la nuance (lolilol non?). C'est le même principe que le succès de l'industrie du porno: les clients ne cherchent pas une grande histoire, ils se foutent que les personnages soient crédibles, ils veulent du sexe et de l'excitation, une vague base de scénario facile et roulez jeunesse. Dans cette mesure, James a bien compris comment ratisser large et a réussi à augmenter encore son public en partant en parallèle sur une romance facile type roman Harlequin.

    A croire que finalement c'est ça, la clé du succès de masse...

    Si on nous formate même les bouquins maintenant...

    A lire aussi l'excellent Live Tweet du Storify de LaSaleGarce "50 Nuances de grosse merde"

    et pour un angle de vue encore différent "50 nuances de gris ou plutôt 50 nuances de merde : réflexion d’un féministe pro-sexe concernant les pratiques S/M"

     

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