• L'envers des contes...

    En découvrant la tradition orale du conte du Petit Chaperon rouge, j'en viens à me dire que la vie c'est comme les contes: il y a une idée reçue dessus qui veut vous faire croire que c'est joli...

     

    "a monologue" Jin-Roh

    La Fille et le loup (1874)

    La Fille et le loup est une variante du Velay du Petit Chaperon rouge, contée en juillet 1874 par Nanette Lévesque, femme illettrée habitant Fraisse (Loire) née vers 1794 à Sainte-Eulalie (Ardèche). Recueillie par V. Smith (Contes de Nanette Lévesque, Bibliothèque de l’Institut catholique), cette version situe le départ de la fillette dans le contexte des activités de la société paysanne de l’époque : "affermée" dans une maison pour garder deux vaches, le Chaperon est "payé" et reçoit "encore une petite pompette" et "un fromage" qu’elle va porter à sa mère….
           
    Une petite fille était affermée dans une maison pour garder deux vaches. Quand elle eut fini son temps, elle s'en est allée. Son maître lui donna un petit fromage et une pompette de pain.
    – Tiens ma petite, porte çà à ta mère. Ce fromage et cette pompette y aura pour ton souper quand tu arriveras vers ta mère.

    La petite prend le fromage et la pompette. Elle passa dans le bois, rencontra le loup qui lui dit : Où vas-tu ma petite ?
    – Je m'en vais vers ma mère. Moi j'ai fini mon gage.
    – T'ont payé ?
    – Oui, m'ont payé, m'ont donné encore une petite pompette, m'ont donné un fromage.
    – De quel côté passes-tu pour t'en aller ?
    – Je passe du côté de les épingles, et vous, de quel côté passez vous ?
    – Je passe du côté de les aiguilles.

    Le loup se mit à courir, le premier, alla tuer la mère et la mangea, il en mangea la moitié, il mit le feu bien allumé, et mit cuire l'autre moitié et ferma bien la porte. Il s'alla coucher dans le lit de la mère.
    La petite arriva. Elle piqua la porte : Ah ! ma mère, ouvrez-moi.
    – Je suis malade ma petite. Je me suis couchée. Je peux pas me lever pour t'aller ouvrir. Vire la tricolète. Quand la petite virait la tricolète, ouvrit la porte entra dans la maison, le loup était dans le lit de sa mère.
    – Vous êtes malade, ma mère ?
    – Oui je suis bien malade. Et tu es venue de Nostera.
    – Oui, je suis venue. Ils m'ont donné une pompette et un fromageau.
    – Ca va bien ma petite, donne m'en un petit morceau. Le loup prit le morceau et le mangea, et dit à la fille, il y a de la viande sur le feu et du vin sur la table, quand tu auras mangé et bu, tu te viendras coucher.

    Le sang de sa mère, le loup l'avait mis dans une bouteille, et il avait mis un verre à côté à demi plein de sang. Il lui dit : Mange de la viande, il y en a dans l'oulle ; il y a du vin sur la table, tu en boiras.

    Il y avait un petit oiseau sur la fenêtre du temps que la petite mangeait sa mère qui disait :
    – Ri tin tin tin tin. Tu manges la viande de ta mère et tu lui bois le sang. Et la petite dit :
    – Que dit-il maman, cet oiseau ?
    – Il dit rien, mange toujours, il a bien le temps de chanter.

    Et quand elle eut mangé et bu le loup dit à la petite : Viens te coucher ma petite. Viens te coucher. Tu as assez mangé ma petite, à présent et bien viens te coucher à ras moi. J'ai froid aux pieds tu me réchaufferas.
    – Je vais me coucher maman.
    Elle se déshabille et va se coucher à ras sa mère, en lui disant :
    – Ah ! maman, que tu es bourrue !
    – C'est de vieillesse, mon enfant, c'est de vieillesse.
    La petite lui touche ses pattes : Ah ! maman que vos ongles sont devenus longs.
    – C'est de vieillesse, c'est de vieillesse.
    – Ah ! maman, que vos dents sont devenues longues. C'est de vieillesse, c'est de vieillesse. Mes dents sont pour te manger, et il la mangea.

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