• La croyance, la religion et moi

     

    La croyance, la religion et moi

    La croyance, la religion et moi;

    Pour reprendre une citation du film "Big Fish", "C'est grossier de parler religion, on ne sait jamais qui on va offenser".

    Et bien que cette phrase ne fasse pas forcément référence aux Hommes, c'est bien eux qui sont en général les premiers à monter au créneau! Sur ce plan, Dieu n'est pas contrariant, car on ne l'entend pas beaucoup...

    Aucune religion ne vaut mieux qu'une autre sur ce point: toute arguent brandir haut et clair LA Vérité. Si l'on se base d'un point de vu purement logique, cela devient vite compliqué -surtout chez les monothéïstes- de faire co-exister tout le monde sans contredire personne... Alors on fait quoi? On tape sur le voisin. On essaie de passer en force. Discuter? Mais quelle drôle d'idée! S'il est vrai que la majeure partie des croyants sont modérés, de temps en temps, les extrêmes se font entendre, malheureusement pas en bien.

    Nous avons le cas des djihadistes avec la guerre au Mali. Dans le contexte, il y a la volonté d'imposer sa croyance par la force puisque les autres ne l'adoptent pas de leur plein gré.

    C'est ce degré de fanatisme qui m'effraie profondément. Et on le retrouve quelque soit la religion. Les Chrétiens ont "les intransigeants" (non, je ne mettrai pas de majuscule), parodie apostate de religion  catholique prêchant ouvertement à l'intolérance, jouant sur l'exergue des sentiments, frappés d'un syndrome de persécution (le monde entier semble leur en vouloir lorsqu'on les lis, ils seraient l'ultime bastion de la voix de Dieu contre l'hérésie... Bref, tout un programme!)

    Aux Etats-Unis, l'athéisme est considéré comme une maladie honteuse, la religion est parfois une condition minimle pour avoir accès à un emploi ou s'intégrer à une communauté d'habitants...

    Mais moi, j'en ai assez. J'en ai assez parce que je ne suis pas religieuse, j'oscille entre l'agnostisme et l'athéïsme. Moi je suis philosophe, et j'en ai marre qu'on me prenne de haut en me demandant "mais, pourquoi as-tu perdu la foi?", ou encore "tu es influençable puisque tu es entrée dans le jeu des athéïstes!"

    Il n'y a eu personne pour me dire quoi penser -et j'en suis fière-, j'ai cessé de suivre une religion de moi-même, comme on cesse de croire au Père Noël : un jour, j'y ai vu trop d'incohérences pour parvenir à croire aveuglément. Et en regardant bien, j'ai compris que c'était le propre de toute croyance d'être irrationnelle. Alors oui, cet article peut choquer, j'y donne mon point de vu, je ne prétends pas avoir raison. Mais ce raisonnement est vrai pour moi.

    On parle beaucoup de laïcité, du droit de croyance, de tolérance des religions. On devrait parler plus du droit de NE PAS croire. Du droit de réfuter sans se voir jeter la pierre, d'être simplement déïste, ou sceptique, ou athée. En France, nous vivons dans un pays (plus ou moins) libre, et nous avons un droit inextinguible: Le libre-arbitre. Alors j'entends déjà certaines écoles de philo me répondre que nos choix sont conditionnés, que la liberté n'existe pas, et c'est possible. Mais conditionnés ou non, nous devrions être les seuls en mesure de les prendre en nos âmes et conscience!

    J'admets la possibilité de l'existence de Dieu, mais pas comme le brossent les religions actuelles. A mes yeux, si Dieu existe, il ne ressemble en rien aux Hommes et nous ne sommes pas en mesure de le comprendre réellement, encore moins de l'appréhender, alors parler en son nom... N'est-ce pas un comble de prétention? Si Dieu existe, s'il est infini, supérieur et parfait comme tendent à le prêcher les croyants, à ses yeux, en tant qu'individu, nous ne sommes strictement rien. Enchaîner les prières, convertir les autres de gré ou de force ne changerait pas la donne.

    L'Homme a inventé les religions à partir de ce qu'il connaît: lui-même. C'est pour cela que les chrétiens d'il y a deux milles ans croyaient que la Terre était plate, que le ciel était le siège du Paradis, que le monde n'existait qu'à partir d'Adam et Eve en refusant tout le reste. Si Dieu existe, ce n'est pas un Homme. Je vois mal cette caricature d'enfant colérique invoquant la foudre sur les impies et bénissant ceux qui l'adoraient aveuglément. Dieu aurait un ego? Mais l'ego est pourtant le propre de l'Homme... Un être supérieur ne devrait pas être sensible à l'insulte ou à la flagornerie...

    Ces images ont été dressées par des Hommes pour des Hommes, et font office de bâton de berger pour les potentiels réfractaires, ni plus, ni moins. Même combat pour toute les religions. Je prends mes bases sur la chrétienté que je connais bien, mais le schéma se répète partout.

    L'Homme a inventé le Diable pour instiller la peur, pour pousser les gens à croire de manière inconditionnelle. C'est exactement le même procédé que les parents menaçant leur petit dernier d'appeler le Croque-Mitaines s'il refuse de finir sa soupe. Action-Réaction. Le Diable fait donc office de chien de berger dans notre métaphore du troupeau, dont la seule présence a pour usage de faire resserrer les rangs. "Tremblez de vos sacrilèges, mécréants, le Diable s'en régale". Mais c'est qu'il me semble tellement peu tangible et crédible ce pauvre cornik* que j'aurais bien du mal à en avoir peur.

    Voilà pourquoi j'ai cessé de croire en une quelconque religion. Je ne nie pas Dieu, je ne prétends pas non plus qu'il existe: je n'en sais rien. Ce dont je suis à peu près sure en revanche, c'est que s'il existe, nos religions actuelles sont à des années-lumières de le cerner.

    Pourquoi donc étaler cette opinion sur la place publique? Parce qu'aujourd'hui, ceux qu'on écoute ce sont les plus agressifs, ceux qui crient , ceux qui gesticulent, ceux qui frappent qui monopolisent la parole et l'attention, mais ils ne sont représentatifs que d'une minorité. Il existe tellement d'autres possibilités, des croyants modérés, des non-croyants tolérants, des non-croyants radicaux... Au nom de la liberté de parole, on laisse parler les plus hargneux, mais qui s'y retrouve?

    Pas moi.

    En conclusion, je tiens à préciser que je me battrai pour mon droit de croire -ou non- en ce que je veux, de penser comme il me plaît sans me soumettre aux mouvements auxquels je n'adhère pas, ni aux dictats d'extrémistes. La liberté de penser est probablement notre droit le plus strict, quelque soit notre pays, notre nationalité, et nul de devrait être en mesure de nous l'arracher.

     

    La croyance, la religion et moi

    *cornik: un des surnoms bretons du diable, signifiant "petit cornu"

     

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