• Les petites gens

    Je ne suis pas quelqu'un de bien né, et je ne cherche pas à me trouver un noble lignage.

    Au contraire, je suis fière d'être issue des petites gens. Que le jugement populaire les méprisent m'est égal, car il n'y a de plus grande fierté que de savoir faire quelque chose d'utile et de le faire bien. C'est pourquoi, ces honnêtes travailleurs, qui toute leur vies durant ont travaillés dur pour nourrir leurs familles, prodiguer des valeurs et le nécessaire à leurs enfants ont mon respect d'une manière bien plus natuelle et spontannée que les oisifs qui prétendent les petites gens inutiles en regardant la famine à la télévision, entre le fromage et le dessert. Certains ont le mord aux dents quand le sujet chavire sur l'inagélité, hurlant à l'injustice, prônant une révolution bien légitime. Sans être aussi extrême, je sais que les assistés ne sont pas ceux que l'on pointe du doigt.

    Un chômeur longue durée me fera toujours moins grincer des dents pour ses 400€ d'alloc' mensuelles qu'un politique qui touchera 240.000€ annuels, excusez du peu. Autant dire que le chômeur peut aller se rhabiller. Même à 4,3 million de chômeurs en France pour 2012, on fait porter le chapeau aux plus pauvres pour cacher les déviances et les travers de ceux qui toucheront à vie des retraites pharaoniques pour 5 ans de gouvernance, tout frais payés et salaire insencé à la clé. 

    Certains parleront des diplomes, des études? La belle affaire! Quand bien même le droit d'étudier serait-il ouvert à tous (ce qui n'est pas le cas compte-tenu du prix des inscriptions et des études supérieures), il s'agit là d'un jeu de dupes.

    Les classes moyennes à défavorisées, non contentes d'avoir été longtemps méprisées sont ouvertement décriées aujourd'hui. "Salauds de pauvres" comme dit la citation. Ils sont montrés du doigt parce qu'ils ne consomment pas, parce qu'ils ne s'achètent ni le dernier Ipad©, ni une Rolex©, parce qu'ils ne sont pas patriotes de l'effort de guerre français du "travaillons plus pour consommer plus sans gagner plus".

    Et pourtant, les moins aisés sont largement majoritaires en France... La plupart du temps, ils ne font même pas de vagues et travaillent avec ténacité pour gagner honorablement leurs vies. Et c'est encore une minorité de nantis qui continue de faire la pluie et le beau temps sur le qu'en dira t-on. Curieux paradoxe...

    Les pauvres s'en prennent bien moins aux plus favorisés que le contraire.

    Finalement, possède t-on, ou est-on possédé par ce que nous avons?

    Je crois que la réponse est en chacun.

    J'ai les mains d'une ouvrière, même si les mois de traitement de texte les ont quelque peu épargnées de leurs dégradations passées, elles ont connu la rigueur de la javel et de lourdes charges que certaines ne verront jamais passer dans toute leurs vies. Mais je suis fière de la rudesse de ces paumes, de la souplesse de ces phalanges, de la résistance de la corne qui a fini par se former à la base des poignets, parce que c'est toute l'histoire d'une humble travailleuse que l'on peut y lire.

    Je ne rougirai pas de honte de ne pas être jolie: ma physionomie s'est adaptée aux besoins. Et je l'accepte la tête haute, avec dignité.

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