• [Réflexion] Pourquoi je ne veux pas être une princesse

    Il y a une réplique qui revient souvent chez les personnes qui aimeraient bien revenir en arrière dans les droits des femmes qui pourrait se restituer à peu près dans ce ton:

    " Oui mais en vrai, la femme soumise c'est elle qui a tous les pouvoirs! Elle contrôle son mari et lui doit être à ses pieds! C'est une princesse et lui est son chevalier"

    Alors déjà, à qui on a demandé l'avis, là? Est-ce que le monsieur, ça l'enthousiasme d'être l'obligé de la dame et d'accomplir ses trente-six volontés? (Quand je tombe amoureuse, ma première inspiration n'est pas d'acquérir un domestique, mais d'avoir un partenaire.)

    Est-ce que la dame est nécessairement forcée de passer par le monsieur pour s'accomplir et pouvoir devenir quelqu'un?  

    Outre le fait que ce raisonnement soit d'un haut niveau de mauvaise foi selon moi (ça c'est la théorie, j'aimerais bien voir les femmes de ces rétrogrades conservateurs et avoir leurs avis sur la question, histoire de voir si elles se sentent "comme des princesses"...), comment ça se passe en pratique? Parce que la négation du droit des femmes/de leur statut social ont longtemps existé et si c'était si chouette à vivre, on peut se demander pourquoi nos aïeules ont décidé un beau matin que ça suffisait comme ça! En quoi refuser le droit de vote, le droit à la contraception, le droit à la propriété personnelle etc à une femme fait d'elle un être plus puissant qui a tout pouvoir sur l'homme que la société lui a dit d'épouser?

    Attention, je ne suis pas contre le mariage! (bien au contraire s'il est souscrit pour de bonnes raisons) Ce qui est plutôt dénoncé ici, c'est l'intention de mariage pour convention sociale.

    L'idée même de princesse dans ce discours décrit la femme comme un être frêle, délicat et soumis à ses obligations, tout en lui donnant une idéalisation plastique (soyons honnêtes, on a tendance à imaginer une princesse comme étant belle et désirable) au détriment de toute initiative, toute idée de force, de personnalité...

    Ce qui est encore plus étonnant, c'est de parfois lire d'autres femmes défendre ce principe. Qu'elles souhaitent y souscrire, pourquoi pas à la limite, c'est leurs vies, mais de quel droit vouloir l'imposer à d'autres?

    Je ne veux pas être une princesse, parce que j'aime ma liberté. Pourtant je suis en couple avec un homme adorable que j'espère épouser un jour. Je ne suis pas sa princesse mais son égale, tout comme il n'est ni mon chevalier ni mon serviteur, mais mon égal, nous sommes partenaires. Nous avons construit sur tout ce qui nous réunit, tout en respectant chez l'autre son besoin d'individualité. Nous acceptons et aimons l'autre tel qu'il est sans chercher à l'écraser/ à le dominer/ à le formater à nos désirs, ce qui ne nous empêche pas d'être loyaux l'un envers l'autre.

    C'est ce que l'on appelle le respect de l'autre.

    C'est ce pourquoi des tas de femmes se battent tous les jours, et c'est le fondement du féminisme. Ça n'est ni difficile ni compliqué à comprendre ou à mettre en pratique.

    Les femmes ne sont pas des princesses par nature (ce qui ne signifie pas qu'elles n'ont pas droit au respect pour les petits rigolos adeptes des raccourcis stupides). Elles peuvent l'être, mais elles peuvent aussi être beaucoup plus. En prendre conscience, et respecter ce fait ne retire rien aux hommes, au contraire. Ils y gagnent des alliées, des complices, des amies, des partenaires.

    Alors mesdames les princesses, jetez vos jupons, chevauchez à cru, n'ayez pas peur de rire et d'inventer l'avenir, soyez créatives! Le prince n'est pas votre sauveur, c'est votre complice!

     

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