• [réflexions] Le dernier humain avant la fin du monde...

    Etudier la microbiologie ramène à relativiser sa propre existence. Savoir qu'une partie de nous suit ce schéma en fractales qui semble se répéter dans l'infiniment grand comme dans l'infiniment petit me conforte dans l'idée que nous ne somme qu'un maillon d'une chaîne dont nous ne pouvons distinguer ni le début, ni la fin. Que ce qui tient lieu et place de "Dieu" n'est en fait à mes yeux qu'une intelligence immense, supérieure, impersonnelle et infinie qui englobe la totalité du vivant, de la plus humble créature monocellulaire au plus grand génie que la Terre ait porté... Une entité dépassant les frontières de notre petite galaxie confortable et dont nous ne sommes qu'une parcelle à l'instar de nos cellules qui possèdent leur propre "intelligence" et qui forment des être doués d'une conscience supérieure. (Et si nous n'étions que les organismes micro-cellulaires de quelque chose de beaucoup plus grand...?)

    Et que la Terre est loin d'être le seul berceau de Vie qui soit. Aujourd'hui, les astronomes ont déterminé que plusieurs autres systèmes solaires pourraient rassembler des conditions propices à la Vie dans notre galaxie. Et qu'au delà des frontières de notre galaxie, il y en a une infinité d'autres... Combien de billiards de vies possibles... une infinité...

    Cela nous ramène au rang de bien peu de choses. Sommes-nous tellement plus que ces modestes créatures unicellulaires qui ont su fusionner à l'aube de la vie terrestre pour donner des milliards d'années plus tard les personnes que nous sommes, qui vivent, naissent et meurent à cette minute?

    Nous ne sommes qu'une poussière, nous ne sommes qu'un instant, que des éphémères de passage sur un joyau en suspend dans un système solaire magnifique, dans une galaxie superbe. Nous ne sommes qu'un maillon de la chaîne. Comment pouvoir prétendre à notre supériorité d'êtres intelligents lorsque nous sommes en vérité si petits, si insignifiants si précaires? Nous nous plaçons au centre de tout par égocentrisme, c'est humain. C'est pour cette même raison que des siècles durant, nous avons crus en l'héliocentrisme. Sans doutes ne sommes-nous encore que des enfants, à nous persuader de notre propre importance d'une manière si démesurée...

    Aujourd'hui, nous avons conscience d'à quel point cette idée peut-être fausse. Si l'être humain disparaissait demain comme ce fut le cas pour les dinosaures, la vie continuerait sur Terre. La galaxie resterait ce qu'elle est. L'univers poursuivrait son chemin.

    J'ai eu une discussion avec une personne pro transgénèse qui soutenait que rien ne devait arrêter le progrès. Je ne suis pas d'accord. Nous n'avons pas le droit de briser l'harmonie qui règne dans l'ordre du Vivant par caprice, nous n'avons pas le droit de jouer avec l'essence même des créatures que nous côtoyons, avec la nature de ce que nous consommons. Nous ne sommes que les locataires de passage d'un monde qui pourrait être un paradis si nous savions l'apprécier tel qu'il est, sans le déformer, sans le meurtrir, sans l'abîmer. Nous ne sommes que des vies transitoires, de simples vaisseaux destinés à perpétuer le schéma d'une espèce, et à nous émerveiller de la complexité du monde.

    On nous offre le droit de jouir de milles richesses, de croître dans un cadre où tout nous est propice, qui s'équilibre de lui-même et où rien ne manque.

    Et ce privilège déjà immense ne suffit pas à la plupart d'entre nous, nous prenons la part d'un grand nombre de nos pairs qui subsistent avec des miettes, nous volons le reste du règne du vivant de son foyer, de ses droits, nous nous dressons en maîtres dans un monde où nous ne sommes qu'invités...

    Nous gangrenons la Terre comme un cancer, et nous abusons au mépris des conséquences en prenant plus que ce qu'elle n'offre librement. Mais les sept milliards de fourmis que nous sommes devraient se rappeler que nous ne sommes qu'une poussière, un instant, et que si nous devenions une maladie pour ce monde magnifique qui nous héberge sans contrepartie, il sera capable de se guérir de lui-même de son cancer nommé "humanité".

    Combien les soucis du quotidien paraissent dérisoires face à cela! Nous ne prenons pas assez le recul nécessaire pour y penser. Nous sommes égoïstes, coincés dans le présent, dans le personnel "moi-je-tout-de-suite". Pauvre petit humain le nez collé au miroir de sa propre existence...

    Pourtant, il faudra un jour penser à l'avenir, aux autres, au sept milliards de fourmis qui vivent sur notre joyau en suspend dans ce système solaire.

    Il faudra un jour prendre le recul de se dire qu'il est temps d'arrêter des bêtises pour les générations à venir, et pour cette planète splendide que nous massacrons chaque jour un peu plus.

    Parce que si la nature devait se venger, la Terre continuerait toujours de tourner. Mais elle ne s'encombrerait peut-être plus de l'Humanité.

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