• Rencontre impromptue

    J'étais absorbée dans mon travail, les yeux rivés sur l'écran de mon ordinateur lorsque la périphérie de mon champ de vision décela un faible mouvement qui attira mon attention sur la pièce calme. La confrontation fut saisissante! Mon coeur eut un raté sous l'effet de la surprise accentuée par le manque de sommeil. Mais ce n'était que peu dire comparé à la crainte que j'ai dû lui inspirer. Elle était là, face à moi, tétanisée, parfaitement immobile. Eut-elle été humaine, j'aurais juré qu'elle me fixait de ses multiples yeux. Tombée dans un des compartiments de rangement en plastique-cristal de mon bureau, la petite créature tenta de filer, non pas avec affolement et de manière désordonnée, mais par à-coups semblables à des sursauts, comme craignant de ma part un céleste châtiment. Mon étonnement céda à un mélange de répulsion et de pitié pour cette petite créature finalement plus laide que méchante. Son corps brun et bulbeux toujours agité de bonds presques convulsifs qui la poussait contres les parois transparentes de la boîte, à mon opposé dans l'espoir de me fuir, je me demandai comment une si petite chose avait pu générer une telle réaction. Je vis ses pattes s'activer contre l'angle invisible qui la séparait de la liberté avec l'énergie du désespoir. Quel pouvoir avait donc ce géant pour la confronter à l'effroi avant un fin inéluctable devait crier son instinct animal.

    Sans avoir l'assurance que j'aurais désiré, surprise moi-même par ce dégoût mêlé d'une crainte primaire, je tendis la main avec douceur pour saisir la prison transparente de ma petite captive. Un de ses soubresauts me fit hésiter quelques secondes avant que je m'en saisisse. Sans réellement comprendre le sens de ma propre réaction, je me mis à lui parler, quelques phrases courtes, vaguement enjouées, se voulant rassurantes. Je doutais qu'elle eu pu comprendre le sens de mes intentions et cela dû la terrifier encore plus, mais pendant notre courte traversée ensemble, elle se tint calme. Avec douceur, j'ouvris la fenêtre, déposant sur le rebord le casier que je fis basculer d'un angle, poussant la pauvre prisonnière vers l'extérieur et la liberté. La regardant tricotter de ses huits pattes vers le vaste monde, j'eus un soupir amusé.

    Dire que cela faisait des années que je n'avais plus eu peur d'une araignée...

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