• [Reprise] Cinquante nuances de bon sens -Partie 1 -Contact

    Oyez braves gens, ceci ne sera pas une "fanfiction" stricto sensu puisque 50 shades est dans mon top 10 des pires livres à succès jamais édités. Il s'agit plutôt d'une réécriture avec psychologie réaliste des personnages, qui selon moi donnerait ça. Bonne lecture :)

    ***

    Ana quitta la boutique de bricolage avec une certaine angoisse. Venait-elle de rencontrer l'homme que Kate lui avait demandé d'interviewer? Christian Grey en personne, PDG prodige de Grey Entreprises Holding Inc...? Que venait-il faire si loin de son fief?

    La jeune femme ne pu réprimer un malaise à cette interrogation, le souvenir de leur entrevue la perturbait toujours. Qui était cet homme froid, si renfermé...? Elle se souvint sa gaucherie face à lui et en rougit malgré elle.

    Pourquoi cet homme la déstabilisait autant...?

    Peut-être parce que ça fait un peu beaucoup pour du hasard ? avança sa conscience.

    Peut-être aussi parce qu'il venait de lui acheter le kit du parfait bricoleur... ou du parfait tueur en série! Cette idée lui sembla grotesque, pourtant, elle ne parvint pas réellement à la chasser de son esprit. Un homme de cette classe, c'était inimaginable... Pourtant on trouvait des hommes dangereux dans tous les milieux sociaux...

    Non, sans doutes faisait elle erreur... n'est-ce pas? Il devait y avoir une autre explication.

    Il le fallait. Après tout, elle serait de nouveau amenée à côtoyer cet homme encore une fois au moins pour cette séance photos à laquelle Kate tenait tellement. Ana ne sut quoi penser de cette perspective. Une part d'elle brûlait de revoir ce mystérieux et ténébreux chef d'entreprise, une autre redoutait cette nouvelle entrevue. Il émanait de Grey tant de froideur...

    ***

    Enfin le grand jour était-il arrivé: la remise des diplômes. Ana inspecta nerveusement le miroir pour essayer de se donner une contenance, répétant mentalement le discours qu'elle avait préparé, tout en s'obligeant à afficher une confiance de façade. Elle arrivait à un tournant décisif de sa vie, qui allait la mener vers son avenir professionnel. Et tant de projets n'attendaient que d'être accomplis! Son dossier scolaire lui ouvrait déjà quelques options dans le milieu de l'édition, et elle avait déjà quelques visées professionnelles à l'esprit. Il lui resterait à trouver son propre logement, elle ne pouvait vivre aux crochets de Kate indéfiniment.

    La sonnette de l'entrée la tira de ses réflexions et Ray l’accueillit d'un sourire affectueux lorsqu'elle lui ouvrit.

    - Félicitations ma petite Annie, te voilà presque diplômée!

    Il lui offrit une douce étreinte qu'elle lui rendit avec tendresse, souriant à son tour.

    - Merci d'être là

    - Je n'aurais manqué cela pour rien au monde, je suis tellement fier de toi!

     

    La cérémonie sembla atrocement longue à Ana qui ne pouvait s'empêcher de trépigner sur son siège. La présence de Grey ne l'étonna pas outre mesure. Son nom figurait en effet dans la liste des bienfaiteurs de l'université, toutefois le croiser si régulièrement en si peu de temps raviva en elle un sentiment d'étrangeté. Était-ce vraiment un hasard ou cultivait-il les occasions de croiser sa route...?

    Ce serait vraiment me donner beaucoup d'importance se reprit-elle. Un homme de cette envergure avait probablement mieux à faire!

    Son tour arriva, et malgré le trac, la jeune femme tint à voix haute et clair le discours de remerciement qu'elle avait préparé, avec une admirable contenance.

    La cérémonie achevée, Grey vint la rejoindre, ravivant la dualité d'attirance et de méfiance qu'elle ressentait à son égard.

    - Très joli discours mademoiselle Steele susurra t-il d'une voix de velours.

    S'exprimait-il toujours ainsi...?

    - Merci... lâcha t-elle, laconique, sans cesser de l'étudier. La presse approcha alors, réclamant un cliché de la célébrité pour ses pages locales, et Ana sentit le bras impérieux de Grey entourer ses épaules alors qu'il prenait la pause face aux photographes.

    Que... QUOI?

    Le temps de réaliser, elle venait d'être immortalisée dans une expression des plus perplexes en une prise qui ferait dès le lendemain la Une des polaroids. Elle décocha un regard dur au milliardaire en se dégageant. La richesse était-elle un passe-droit pour se permettre n'importe quoi? Il la contempla, surprit de sa réaction, mais elle ne se laissa pas défaire, croisant les bras.

    - Vous auriez pu me demander mon avis! Je ne tiens pas forcément à passer dans tous les journaux à scandales!

    - Pourtant, cela ne pourra que renforcer votre image que d'être vue au bras d'un des plus grands milliardaires du pays!

    - Pas le plus modeste en revanche renchérit-elle avec morgue avant de tourner les talons. Elle s'en voulu sur l'instant, réalisant qu'elle venait de moucher cet homme si séduisant... Mais devait-elle tout accepter au nom d'une vague attirance...? Jetant un regard par dessus son épaule, ce qu'elle vit la glaça: le séduisant PDG la foudroyait du regard avec une expression des plus inquiétantes, renforçant son sentiment de malaise.

    ***

    La fête avait beau battre son plein à la boîte où Kate l'avait traînée, Ana ne se sentait pas à l'aise. Les derniers événements l’obsédaient, et l'alcool, loin de l'étourdir assez pour l’obliger à se distraire renforçait ses craintes: qui était l'étrange et séduisant monsieur Grey? Devait-elle le fuir? L'encourager? Que savait-elle de lui, en dehors de son génie des affaires, de sa capacité à être partout où elle se trouvait, et de son immense fortune qui semblait lui ouvrir l'accès à ses moindres caprices?

    Un prince des ombres, magnifique et terrifiant, un prédateur face à une agnelle...

    Son téléphone sonna. Machinalement elle prit l'appel.

    - Mademoiselle Steele? C'est Christian Grey. J'ai constaté que vous m'aviez retourné le cadeau que je vous ai fait. Je n'apprécie guère ce genre de grossièreté vous savez.

    Le ton de sa voix était dur, cassant, autoritaire, et poussa Ana à un hoquet de surprise. D'une voix rendue pâteuse par l'alcool, elle répondit.

    - Laissez-moi tranquille! C'est pas possible, vous pouvez pas me foutre la paix?

    - Anastasia, vous avez bu? gronda t-il de nouveau.

    - Ouais, et alors? Qu'est-ce que ça peut vous foutre?

    - Où êtes-vous?

    - Nulle part en particulier

    - Anastasia, OU ÊTES-VOUS?

    - Arrêtez de hurler et allez vous faire voir! grogna t-elle en raccrochant. Elle ne pouvait nier l'attirance qu'elle avait à son égard, mais en cet instant, il lui était plus détestable qu'attractif.

    Elle avait déjà un père. Elle n'en voulait pas un autre bon sang!

    Le chaleur et l'alcool lui donnèrent soudain le vertige et elle ressentit une bouffée d'angoisse, cherchant Kate du regard. Ne la trouvant pas, elle entreprit de sortir respirer un peu d'air frais et se dirigea en titubant vers l'entrée du pub.

    Dehors, la nuit était douce et la ruelle calme ne trahissait aucun mouvement. Prenant une grande inspiration, elle ferma les yeux et chercha une nouvelle quiétude en elle-même; repoussant les brumes de l'alcool.

    - Ça va Ana?

    Elle rouvrit les yeux et se retourna pour apercevoir José qui se tenait près d'elle.

    - C'est rien, j'avais besoin d'air lâcha t-elle piteusement, secouée d'une vague de nausée.

    - Tu veux que je t'apporte quelque chose? s'enquit son ami avec inquiétude.

    - C'est bon, ça ira

    - Tu sais Ana... Il y a quelque chose que je voulais te dire depuis longtemps... Je sais que ce n'est ni l'endroit ni le moment... Mais si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais...Voilà... Je... Bon sang, je ne vais pas y arriver! Ana je t'aime finit-il par déclamer d'une traite.

    Elle le contempla avec un mélange de gêne et de compassion.

    - Écoute José...

    - Oui je sais, c'est idiot, je suis désolé, mais je ne peux pas m'en empêcher! Ana, si tu savais ce que tu représentes pour moi... Depuis toujours...

    Il tendit une main vers elle, le regard implorant, tout en devinant son refus silencieux. Avec douceur, elle saisit sa paume, la mine contrite.

    - On ne bouge plus les tourtereaux s'écria une voix proche, alors que les deux amis se tournèrent vers un homme au visage camouflé d'un foulard, pointant un couteau à cran d'arrêt vers ses victimes. "filez-moi votre fric et plus vite que ça!"

    José s'interposa, se glissant devant Ana pour faire face au braqueur.

    - On se calme...

    - Dégages de là connard! hurla l"agresseur, prenant la manœuvre pour  une tentative de résistance. D'une brusque détente, il frappa en direction de José. Un cri de douleur retentit dans la ruelle tandis que la lame se dégageait de l'épaule de l'homme dans une gerbe de sang. Épouvantée, et étourdie par l'alcool, Ana eut juste le temps d'entendre de nouveaux éclats de voix avant de perdre conscience.

     

    [A suivre!]

    (La note: Dans ce passage, j'ai tenu à réhabiliter un peu le personnage de José qui sert uniquement de faire-valoir à l'héroïne dans l'histoire de base, et l'agresse d'une manière aussi absurde que gratuite, transformant un personnage crédible en odieux connard de manière complètement gratuite et absurde)

     

     

     

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