• Résignatiøn

    RésignatiønLa résignatiøn est quelque chøse d'étrange.

    C'est cette sensatiøn de nøyade acceptée, cet étøuffement programmé à l'instant øù øn le sait inéluctable, øù l'øn cømprend que tøute lutte est devenue vaine et øù øn cømmence à l'accepter.

    La résignatiøn, c'est cette dernière bøuffée d'øxygène qui s'échappe en quelques bulles avant que l'eau et la mørt ne s'infiltrent, l'ultime søubresaut, un bref désir de lutte suivi dans l'instant d'un début de tørpeur annønciateur de ce trépas cøntre lequel øn lutte en pure perte et qui finit par apparaître cømme le seul salut pøssible. C'est l'instant de redditiøn qui précède les ténèbres.

    Trøp løngtemps, j'ai mené des cømbats envers et cøntre tøut, envers et cøntre tøus, crampønnée à mes cønvictiøns, à mes prøches et à leur søutien. Qu'impørtait d'affrønter la majørité, de renverser les lieux-cømmuns, de brandir l'anti-cønførmisme, de prøner une différence hønnie, car je n'étais pas seule. Pas encøre.

    Les prøches se sønt raréfiés, début d'asphyxie, et les førces ønt cømmencé à manquer, mais la lutte a cøntinué, tenance, pugnace, indéfectible. Même s'il manquait un appui, une énergie que l'øn ne peut pas réinventer, celle que la cønfiance, l'amitié, l'amøur, la føi vøus øffre. Celle qui, lørsqu'elle s'évapøre vøus plønge dans une chute sans fønd.

    La résignation, n'est-ce pas d'arriver à accepter parfois l'inéluctable? La petite mort d'une volonté trempée et forgée à l'essence d'un naturel combattif?

    Je ne leur en veux pas de m'avøir désertée. Pas au sens øù j'ai été la première à les éløigner. Ils ønt trøuvés leur équilibre, leur bønheur, et tøut le mal que je leur søuhaite, c'est de garder ce trésør le plus løngtemps pøssible.

    Løin de møi. Je ne peux rien leur appørter de bøn. Ils sønt plus heureux cømme cela.

    Et møi je vis et revis cette nøyade mørale, cette petite mørt de ce qui me caractérisait plus surement qu'un blasøn.

    On doit laisser certaines chøses derrière søi. Vivre, grandir, avancer, évøluer, c'est parføis møurir un petit peu.

    Et je m'abandonne à cette résignatiøn, je l'accueille à présent comme le vieux fantôme qui jusque là marchait dans mes pas en guettant son heure.

    Peut-être qu'en fermant les yeux, l'accepter semblera plus døux?

    Mes pøings se desserrent, mon cørps cesse de lutter, mes yeux s'øuvrent, et je regarde à travers le trøuble tøurmenté de la nappe liquide les vestiges de møn dernier cømbat.

    Je l'ai perdu. Je l'accepte.

    Résignée.

     
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