• [Série] Doctor Who saison 9, déception

    Attention, cet article contient des spoilers. Si vous poursuivez votre lecture, c'est en connaissance de cause. Ceci est le billet d'opinion d'une whovian, pas un papier impartial ni une parole d'évangile. Merci de prendre cet avis pour ce qu'il est.

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    Après la dégringolade de la saison 8 en terme de scénario, de développement d'intrigue global et d'équilibre des personnages, la méfiance était de mise pour cette saison 9... Et pourtant... pourtant l'épisode de Noël prêtait à espérer un mieux.

    Le "bon":

    Un mieux il y a eu en effet, dans les deux premiers épisodes de la Saison 9. Avec un Docteur plus proche de ses prédécesseurs (même s'il n'est pas recommandé de trop chercher Eccleston, Smith ou Tennant en lui, au risque de devenir neurasthénique) et plus en phase avec ce que la série en avait fait jusque là. On retrouve même Davros (bien que ce retour soulève au final plus de questions qu'il n'apporte de réponses) et dans l'ensemble, il y a quelques bonnes scènes.

    Le Docteur passe un peu plus pour le Docteur et un peu moins pour une reprise de Sheldon de Big Bang Theory.

    Le "moins bon":

    Mais... Mais voilà. La saison 9 c'est aussi la saison où Clara régresse intellectuellement: "oh, un trou dans le sol, il a l'air profond, et si je demandais à la psychopathe à côté de moi ce qu'elle en pense? Oh elle m'a poussée dedans"

    Sérieusement? Clara? Notre Clara? La Fille Impossible qui se fait avoir comme une gourgandine née de la veille? (et si seulement ce n'était qu'une seule fois...) Moffat, que nous as-tu fait?

    Dans cette saison, il est déconseillé de se pencher trop sur les incohérences et les décisions god-like, au risque de ne plus retrouver son chemin vers la sortie...

    Entre le Tardis qui se redistribue dans les Daleks essaient de le détruire (c'est gratuit, ça vient de sortir et ça rend juste le Tardis invulnérable mais à part ça...), les lunettes soniques (non... juste non mec) couplées avec la guitare électrique pour les nouveaux gimmick de XII (...

    "VOUS AVEY VU COMMENT IL EY TROP CLASS MON DOCTEUR? IL A UNE GUITARE EY DES RAYBAN IL EY TROP COOL!"

    Check à ceux/celles qui l'auront vécu comme moi)

    Les personnages:

    Mais avant de partir en auto-arrachage capillaire sur toutes les frustrations de cette saison, revenons un peu sur les personnages:

    -XII: est passé du vieux râleur suffisant et méprisant au profil-type de l'Asperger (il y a un mieux, même si le personnage est limité à ce profil et que c'est dommage), il est un peu plus crédible, même s'il passe la moitié de ses répliques à vouloir convaincre "je suis le Docteur" (oui, et peut-être que si tu veux qu'on arrive à y croire, tu pourrais le démontrer?).

    Un mieux donc, mais est-il suffisant?

    A mes yeux, pas vraiment: le personnage reste affreusement god-like, sans avoir l'aura, le jeu, le contexte qui le permet. L'ajout des lunettes et de la guitare pour lui donner un côté rock/cool est amené sans subtilité et annonce vraiment la volonté du showrunner de le faire aimer sans effort.

    - Clara: la Fille Impossible signait sa dernière saison aux côtés du Docteur, et malheureusement cette sortie était loin de lui rendre honneur. On passe d'une Clara fine, drôle, intelligente, pétillante, et déterminée à un personnage de second rang, crédule, à la limite de l'idiotie par moment, dans l'ombre du Docteur et de Missy. Certains membres de la fanbase s'étaient plaint dans les saisons précédentes que Clara prenait une place trop importante, ce qui a dû être entendu manifestement. Seulement, au lieu de revaloriser le Docteur et Missy, il a visiblement été décidé de dévaluer Clara. Et c'est dommage.

    - Missy: fil rouge/caméo (si l'on peut dire et pour autant que ça en soit un) de la saison 8, la nouvelle incarnation du Maître reprend du service dans les deux premiers épisodes. Un personnage convenu, stéréotypé, prévisible dans son caractère chaotique. Missy aurait eu le potentiel d'un très bon personnage, incarnation féminine du Maître, elle pouvait jouer sur de nombreuses ambiguïtés dans sa relation avec le Docteur...

    Mais au final, le personnage reste sous-exploité, peu développé et sans surprises.

    - Ashildr/Lady Me: Le personnage tant attendu, et joué par Maisie Williams, alias Arya Stark de Game of Thrones (coucou le fan-service). Là encore, il y avait la base d'un personnage intéressant qui n'a pas été développé au maximum de son potentiel. Tout ce que l'on sait d'Ashildr, c'est que c'est une conteuse viking, qui, suite à une intervention du Docteur devient immortelle.

    On retrouve le syndrome Jack Harkness, avec les interrogations liées au fait de ne pas pouvoir mourir, mais dans l'ensemble, Me ressort plus comme un nouveau faire-valoir du Docteur que comme un personnage entier et auto-suffisant. Ses actions et décisions sont troubles sans être réellement intrigantes, on retrouve les ingrédients de la femme fatale à la Riversong avec le potentiel d'Harkness... Et... c'est tout. Pas de but précis, pas de personnalité claire et bien esquissée, Me est une ombre dans les pas du Docteur.

    - Osgood: qui fait son retour dans un double épisode où on apprend qu'en fait, elle n'est pas morte. Enfin si, elle est morte. Enfin pas vraiment: elles étaient deux et une des deux (la vraie ou son double) est morte...

    Si le double-épisode commençait plutôt bien, la fin fait pshit, comme souvent, et Osgood est finalement un peu trop en retrait pour montrer tout son potentiel...

    Mon avis:

    Bref, c'est lourd, avec la subtilité d'un tank dans une maternelle pour faire comprendre aux spectateurs qu'ils ne PEUVENT PAS ne pas aimer XII, qu'il est trop génial et que de toutes façons c'est le Docteur alors la ferme. Moffat se permet même un petit appel du pied absolument pas arrogant quand il fait dire à son personnage "I m the Doctor, deal with it" pour expliquer une situation impossible. Une phrase qui illustre autant le personnage de XII que le showrunner derrière dans la catégorie "je fais ce que je veux et je vous emmerde".

    Tellement plus convainquant qu'écrire des intrigues qui se tiennent et essayer d'innover, de respecter ce qui a déjà été fait (par les autres comme par soi d'ailleurs) et de garder une certaine logique interne...

    Stevie, breaking news: si tu veux que les spectateurs croient en ton Docteur et l'acceptent, c'est pas la peine de lui faire répéter jusqu'à la nausée son discours d'auto-congratulation "je suis le Docteur et c'est moi l'epic boss oh yeah": qu'il montre qui il est, qu'il se montre malin et ingénieux au lieu de répéter inlassablement qu'il l'est!

    Et pitié, oublies les dénouements d'intrigues éculés où un de tes persos clame "j'avais tout prévu depuis le début ah ah!", surtout à l'issu d'un déroulement hasardeux: la plupart des gens n'y croient pas, ça rend juste le perso agaçant de pédanterie, et ça ruine tout le charme des meilleures intrigues. Et clairement, ça ne marche ni avec Missy supposée avoir envoyé Clara au Docteur (son plan aurait pu et aurait dû capoter un millier de fois entre le début et la fin vu à quel point c'était aléatoire à ce niveau) ni avec XII face à Davros (régénérer les Daleks? Sérieux? t'avais pas encore plus bancal sous la main?).

    Et tu sais mon grand, parfois les dénouements les plus simples sont les meilleurs. Que tu veuilles faire des intrigues hyper élaborées pour prouver que tu en as (dans le crâne bien sûr) c'est une bonne idée... à condition de tenir la distance. A vouloir jouer sur des intrigues hallucinantes et sans cohérence interne, tu essouffle le potentiel de la série, et les fans vont finir par se lasser. Le Docteur est allé au bout de l'univers trop souvent, il affronte la fin des temps tous les jours à son petit dej', et là on apprend que pour retrouver Clara, il va répéter un schéma pendant 2,4 milliards d'années...? (sans jamais varier une seule fois au passage, ce qui sur le plan de la cohérence est assez impossible mais bon)

    Ce que je veux dire, c'est qu'à toujours viser la lune sans arriver à dépasser le pommier de ton jardin, on en arrive stoïquement à te regarder grimper en attendant une nouvelle chute.

    Parfois, les formules les plus simples sont celles qui marchent le mieux. On pourra me répondre que je suis gonflée de critiquer et plus encore de donner des conseils, n'étant ni scénariste ni showrunner. Mais en tant que fan de la série jusque là, finalement je me sens aussi concernée. Et c'est pour ça, cher Moffat que je t'adresse ce tuyau: reste dans un périmètre que tu peux gérer. A vouloir aller trop loin, trop vite, trop haut, c'est la gamelle assurée.

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