• [Société]Etre une femme dans une société sexualisée, comment faire?

    Lorsque l'on a d'un côté des archi-féministes (cf article précédent) qui instrumentalisent la femme à être extérieure à l'homme, et de l'autre des hommes qui définissent la femme par le sexe, comment entre ces deux extrêmes trouver sa place, aujourd'hui au XXIème siècle dans une société très sexualisée?

    A en juger par les nombreux témoignages présents sur la toile, c'est une question que nous sommes quand même pas mal à nous poser.

    Voici mon avis sur la question:

    Refuser la culpabilisation:

    Vous déplairez toujours à quelques-uns. Si vous êtes "sage", vous êtes bourge, si vous êtes délurée vous êtes salope, si vous n'êtes pas très gourmande vous êtes coincée, si vous êtes au foyer vous êtes rétrograde... Stop! Soyez VOUS-MÊME et au diable les jugements! A une époque où deux pôles s'affrontent, celui de la "femme respectable", stricte, droite et intouchable, indépendante et de "la femme-désir", charnelle, accessible, sensuelle et désirable, ne cherchez pas à correspondre en particulier à un de ces deux modèles pour négliger l'autre. Ils ne sont du reste pas incompatibles.

    Quand la femme est définie par le sexe:

    Bien que l'homme soit également dans cette situation, la femme est très souvent définie par son sexe, voir par sa sexualité dans l'opinion générale. Cette manie a une grande tendance masculine, mais on la retrouve également chez quelques féministes particulièrement acharnées. La femme n'est donc plus une personne mais une entité qui réagit forcément de manière stéréotypée en fonction de son sexe. Mais qui a défini ce que devait être le sexe de la femme?

    Pour développer, moi quand je vois ça:

    [Société]Etre une femme dans une société sexualisée, comment faire?

    ... et qu'on me présente la femme qui a fait ce clip comme un modèle d'émancipation féminine, j'ai peur! Comprendre que je respecte son choix, mais qu'il n'est pas le mien. Faut-il que je me contorsionne en petite tenue sur une barre de pool dancing pour être une femme moderne et assumée?

    Mais... Mais si c'est vraiment le cas, n'avons-nous pas plutôt reculé? L'invitation à la prostitution volontaire est assez loin de correspondre à une image vraiment libératrice et encore moins novatrice. Faut-il comprendre qu'une femme ne peut réellement exister que par le biais de sa sexualité?

    Damn! Nous avons un petit problème! Eh oui!

    Parce que pour commencer, il n'y a pas UNE sexualité féminine. Il y a des femmes.

    Des femmes avec des appétits variables, avec des besoins variables. Peu ou très charnelles, elles sont toujours respectables à égale mesure, le changement de perception qu'en retiennent les observateurs n'est que psychologique et basé sur des millénaires de lieux-communs; lorsqu'il était établi qu'une femme devait être ainsi et pas autrement, et que toute entorse à la règle était honteuse.

    Mais QUI a mis ces règles en place?

    Alors bien sûr, cela n'est pas une invitation à faire n'importe quoi de manière décomplexée, nous sommes des êtres sociables et nous devons respecter la communauté dans laquelle nous vivons. Mais elle aussi doit nous respecter, et ne pas attendre de nous des schémas prudes à outrance ou hypersexualisés. A chacune son rythme, à chacune ses envies.

    C'est également valable pour les hommes qui se mettent dans le crâne des clichés anté-diluviens que pour être "un homme un vrai" et pas une "mauviette", il faut être à la limite du machisme, rouler des mécaniques et jouer à qui a la plus grosse! Mais c'est dans vos têtes cela, messieurs! Soyez ce qui vous êtes, pas ce que vous voulez faire paraître! Car il y a finalement autant d'hommes que de femmes qui ne se reconnaîssent pas dans les stéréotypes mais qui ont peur d'être jugés.

    Pour aboutir sur la fin de ce raisonnement, la sexualité (masculine ou féminine) ne peut à elle seule définir une personne. C'est du reste un des problèmes de perception de l'homosexualité: ce n'est plus une composante d'une personne parmi une alchimie d'autres, mais le fil rouge qu'utilise l'opinion publique pour la définir.  C'est une synecdoce populaire: on caractérise une personne par une composante de sa nature, ici la sexualité.

    En quoi est-ce un progrès dans l'avancée de la place de la femme en société?

    Quand le genre est un carcan

    Ah ah, j'en devine quelques-uns fieller à ce sous-titre "ouh! une adepte de la théorie du genre, brûlons-la!". Avant tout, sachez qu'il n'y a pas et qu'il n'y a jamais eu de "théorie du genre". C'est tout au plus une légende urbaine qui a circulé au moment de l'adoption du Mariage pour tous en France. Le genre est à dissocier du sexe, car là où le sexe est une donnée physique, biologique, le genre est culturel. C'est la culture qui définit qu'une femme peut porter des robes, mettre des collants, qu'un homme est assez naturellement porté vers la bière, le foot et les copains. Le genre regroupe en réalité une succession de petites tendance de l'un ou de l'autre sexe et les englobe en un tout qui est nommé "genre féminin", "genre masculin". Les filles portent du rose, jouent à la poupée, les garçons portent du bleu, jouent aux petites voitures.

    Oui, mais si l'on peut considérer le genre comme une généralité qui aide à se définir en société, il peut parfois devenir encombrant, voir oppressant. Le genre féminin a été dressé pour correspondre à un idéal très difficile à atteindre et souvent paradoxal: la femme indépendante qui rapporte de l'argent au foyer, oui mais pas trop... La femme libérée et coquine qui se montre joueuse, mais sans être "salope". La femme-mère qui gère son foyer de manière responsable et respectable, oui mais sans le laisser prendre une place trop importante! C'est un jeu d'équilibre où il y a toujours une valeur qui penche dans le mauvais sens.

    Le genre n'est pas à proscrire, il apporte également de bonnes bases, de bonnes idées. Mais il serait à manier avec précaution.

     

    Ni sainte ni salope

    Le problème de notre mode de jugement actuel du rôle et de la place de la femme, c'est qu'il ne prend pas en compte que la plupart ne sont "ni sainte ni salope". Tout est régi sur des extrémités, on y retrouve une dualité, mêlant un jeu de la honte pour la femme indigne, et une invitation à se "libérer" toujours plus. Au secours!

    La sacralisation du paraître

    Un des drames de l'époque dans la conception de la femme moderne, est qu'elle concentre énormément de données sur l'image. La femme pour être féminine et attirante doit entrer dans un certain critère de taille et de poids, s'épiler les jambes, faire des soins de la peau, se maquiller, se coiffer, s'habiller selon une mode, traquer ses kilos superflus, se parfumer...

    Certes, la plupart de ses soins sont agréables mais on les pousse à outrance. On culpabilise les femmes moins soignées. Combien se font ainsi traîter de "boudin", "mocheté" et autres sobriquets tout aussi idiots? Là encore, on en attend beaucoup de la femme mais point trop n'en faut: une personne spécialement mignonne et soignée qui refusera des avances lourdes ou pressera le pas en se faisant siffler dans la rue se fera traîter de "salope", "sale pute", "allumeuse" et autre... Certains banalisent même le viol sur ce critère : "oui mais elle m'avait allumé! Elle avait qu'à pas mettre de mini-jupe!"

    Il y a une véritable sacralisation de l'image, le paraître étant devenu une véritable tyrannie sociale, tout en gardant la dualité de départ où la même femme peut être considérée comme "tout à fait charmante" par un homme et "provocatrice" par un autre.

    On est encore dans le "jamais bon, jamais bien". Que faire?

    Eh bien mesdames, soyons nous-même, épanouies et affirmées dans nos goûts, dans nos choix vestimentaires ou de toilette. Refusons le diktat de devoir ressembler à des icônes qui ne sont pas nous. Ces tendances sont d'autant plus dangereuses que l'on fait actuellement une apologie de la maigreur outrancière, au point d'encourager l'anorexie.

    [Société]Etre une femme dans une société sexualisée, comment faire?

    Soyons nous-même! C'est l'épanouissement qui rend une femme belle!

    [Société]Etre une femme dans une société sexualisée, comment faire?

    Nous sommes plus, nous sommes un tout

    Aucune femme ne correspond à une étiquette, car les étiquettes sont faites à un moment donné sur certains critères en particulier, pour quelques cas, voir parfois un cas unique. Les femmes sont beaucoup plus que des êtres définis par leurs sexualité, ce sont des personnes avec un caractère, une complexité, une histoire, toutes différentes et toutes soeurs. Mettez dans une même pièce dix femmes prises au hasard, elles se ressembleront toutes sous certains aspects, tout en étant parfaitement uniques et impossibles à relier entre elles.

    Vous voulez vraiment faire avancer la cause féminine? Laissez aux femmes la liberté d'avoir le choix d'être ce qu'elles sont, sans jugement. Laissez-les vous prouver leurs facultés de coeur et d'intellect, leurs qualités d'âme, leur aspect maternel ou acharné au travail. Laissez les femmes s'épanouir vraiment pour ce qu'elles sont et par ce qu'elles veulent. Laissez-les disposer de leur vie et de leurs droits. Et alors seulement, la cause des femmes aura fait un grand pas en avant.

    Ceci est également valable pour les hommes. Messieurs, soyez vous-même, oubliez le qu'en dira t'on! Il n'y a pas plus absurde que de jouer à faire semblant.

    Egalité des droits, complémentarité des sexes:

    [Société]Etre une femme dans une société sexualisée, comment faire?

    Certains hommes qui manifestement vivent assez mal l'égalité des droits féminins répondent souvent quelque chose dans ce goût quand on les lance sur le sujet :

    - "Elles ont voulu l'égalité, je cogne sur les mecs, donc si elles veulent jouer à ça je leur cognerai dessus aussi!".

    Belle mentalité! Donc, si l'on suit un pareille raisonnement, vous aviez plus de respect pour les femmes lorsque vous pouviez les définir comme "inférieures" que pour vos frères hommes? Ceci relève d'une absurdité risible.

    L'égalité des droits civil ne signifie pas que vous ferez d'une femme un homme et vice versa. On ne change pas l'eau en feu. L'égalité des droits est purement sociétale et elle est logique et bonne. Elle coule de source. Avant d'être des hommes ou des femmes, nous sommes des êtres humains.

    Toutefois, biologiquement parlant, il ne faut pas essayer de définir une femme sur le modèle d'un homme et inversement. Les sexes ne sont pas égaux pour la simple raison qu'il est impossible d'établir une égalité entre deux éléments aussi différents. En revanche, ils sont complémentaires, outre les raisons biologiques de perpétuation de l'espèce. L'homme et la femme sont programmés naturellement pour composer ensemble, ils ont besoin l'un de l'autre pour vivre en société.

    Attention toutefois à ne pas sortir ce discours de son contexte notamment pour arguer contre l'homosexualité. Si hommes et femmes sont fait pour vivre ensemble, ce n'est absolument pas une obligation à l'échelle individuelle. Notre société est la preuve vivante que l'humanité est trop complexe pour être rangée dans des petites cases. Hommes et femmes sont civilement complémentaires car ils apportent à la société un regard, des actions et des idées différentes et toutes nécessaires. Ils se compensent, s'entraident.

    [Société]Etre une femme dans une société sexualisée, comment faire?

    Pourquoi il faut cesser la rivalité des sexes:

    Nous ne sommes pas en guerre les uns contre les autres! Et il n'y a pas de raison qu'un sexe ou l'autre entretienne un rapport de force vis à vis du sexe opposé. Cela n'a pas de sens. Nous sommes censés construire au contraire quelque chose tous ensemble, et nous n'y arriveront vraiment que le jour où nous aurons cessé de nous mettre en rivalité hommes et femmes, machistes et féministes. Le secret? Laisser vivre les gens, les laisser être eux-même, et les accepter pour ce qu'ils sont. Ne pas se juger inférieur ou supérieur, oublier la surenchère.

    Avant d'être homme ou femme, hétérosexuel, bi, homo ou trans, nous sommes humain.

    Et c'est une bonne base de départ pour bien vivre tous ensemble.

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  • Commentaires

    1
    Sarah
    Jeudi 27 Novembre 2014 à 00:38

    Merci pour cet article ! 

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