• [Société]Quand la pudibonderie rend malheureux

    Depuis le passage des religions monothéistes, le corps humain et la nudité ont acquis quelque chose de honteux, de sale et de tabou. Cachez ce sein que je ne saurais voir, les société ont évolué vers un schéma mêlant une pudeur hypocrite à une curiosité vite qualifiée de perverse.

    Pourtant, la sexualisation du corps est culturelle. Une affirmation bien mûrie avant d'être avancée tout de même, parce que ce n'est pas léger à dire! Oui, nous sommes conditionnés dès la naissance à la pudeur. On peut en prendre pour preuve les tribus encore sauvages d'outre Amazonie qui vivent heureuses les fesses à l'air sans en ressentir le moindre inconfort sociétal! Leurs femmes sont-elles plus agressées que chez nous? Pas sûr...

    Alors certains vont dire "hep hep hep, les religions ont bon dos, là!"

    Oui, eh bien désolée les gens, mais c'est avec le début des grandes religions monothéistes (toutes confondues) qu'a été inculquée la sacralité du corps, le péché de chair et le tabou sexuel. Dans l'antiquité, les hommes soulevaient leur toge si une belle femme leur faisait de l'effet pour le lui montrer, et culturellement parlant, cela relevait plus du compliment que de l'attentat à la pudeur, parce que les codes n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui.

    Ce sont les religions actuelles qui sont venues dire "la nudité c'est mal", "le sexe c'est péché" (mais pour les catho "confesses-toi et tu seras pardonné!" Voyeurisme?), "si vous êtes honnête soyez pudique".

    Sauf que non. Le sexe n'est pas un péché, mais un comportement naturel résultant d'un besoin biologique. Le corps humain n'a rien de honteux dans son intégralité, la connotation de certains organes/zones étant parfaitement culturels (et pour cause, les zones érogènes ne sont pas les mêmes pour tous les peuples du monde!) et le seul problème de la nudité est une question de préservation thermique...

    A toutes les époques, les Hommes ont voulu transcender l'interdit à travers l'art, lequel figure des hommes et des femmes plus nus que ne l'autorisait la bienséance à travers l'Histoire. Une envolée de l'esprit qui reflète bien le poids d'un carcan: nous sommes prisonniers de la pudeur. Si la retenue spirituelle peut être une bonne chose (car il n'est pas toujours bon de parler sans filtre), la honte physique n'est que le résultat de siècles de conditionnement mental, où on nous a assené en continu des vérités toutes faites sur notre anatomie.

    Le problème, c'est que le monde a changé, le temps a passé et les mentalités auraient dû évoluer un peu. Auraient dû, car nous en sommes loin. Oh, il ne s'agit pas de faire l'apologie d'une vie "tous à poils" (quoique sous certains aspects, cela interdirait la triche, mais compte-tenu de notre empreinte culturelle ce ne serait pas possible), mais de déculpabiliser la nudité et de rétablir l'intégrité physique.

    Difficile de croire que le travail de la photographe Laura Dodsworth, qui a mit en scène cent clichés figurant cent bustes féminins dénudés se voit qualifié de pornographie. Douloureux d'imaginer que l’initiative "Expose" célébrant la féminité sous toutes ses déclinaisons se voit qualifiée d'exhibition, et la liste est encore longue...

    Lire par exemple que les seins d'une femme perdent toute leur valeur une fois révélés, mais WHAT THE FUCK?

    [Société]Quand la pudibonderie rend malheureux

    (Cela revient à peu de choses à dire que la valeur physique d'une personne se base sur ce qu'elle cache comme une maladie honteuse. Notez quand même que dit comme ça, c'est assez déroutant...)

    Mais pourquoi faire à ce point la guerre à son corps? Pourquoi être si gêné à la vue d'une partie d'un buste ou d'un fessier chastement dévoilé?

    La pudibonderie rend malheureux, et pas seulement ceux qu'elle touche! C'est un mal insidieux qui fait de nombreuses victimes en silence, qui fait naître des craintes et des complexes. "Suis-je normale avec mes seins trop petits?", "Dois-je rougir de mes rondeurs?" etc. Et sans point de référence objectif (car non, les mannequins photoshopés des magasines féminins ne sont pas une référence objective), on en arrive parfois au mépris de soi, au déni, à la honte...

    Et le pire, c'est que nous reproduisons exactement la même chose sur nos enfants même -et surtout- inconsciemment, perpétuant ainsi des siècles de stéréotypes et de conditionnement malheureux, où n'étant plus propriétaires heureux de nos corps, nous en étions les captifs résignés...

    Alors au risque de choquer -si ce n'est déjà fait- les plus puritains, non, un sein n'est pas honteux, pas plus qu'un sexe. Ce qui est honteux, c'est la connotation de vice (inexistant dans une sexualité "normale", entendez par là entre adultes consentants) que l'on y associe.

    Votre corps est votre ami, votre réceptacle et votre interface avec le monde du berceau au tombeau, c'est une partie de vous qui mérite autant l'estime et l'épanouissement que tout le reste. Soyez en fier et respectez-le, vous ne vous en sentirez que mieux.

    [Société]Quand la pudibonderie rend malheureux

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