• The Hunger Games - Suzanne Collins

    The Hunger Games

    Suzanne Collins

    Mon avis:

    Pour une fois, il ne s'agit ni d'un coup de coeur, ni d'un coup de foudre, mais d'un sentiment plutôt tiède à la fermeture du bouquin.

    Ayant découvert le film inspiré du livre avec une agréable surprise, je me suis dis "tiens, la fantasy jeunesse nous sort enfin une bonne trouvaille depuis Harry Potter." Séduite et intriguée, je me suis procurée le premier volume de la trilogie The Hunger Games.

    Parlons des choses qui fâchent d'abord:

    La première déception tombe très vite et très fort à moins de trois pages de lecture. Le style de rédaction est atrocement pauvre, pour ne pas dire scolaire, sans relief et laisse une vague sensation de vide dans ce paroxysme de simplicité. Le premier choc survient au premier dialogue, lorsque Katniss, personnage principal prend la parole, et où sa tirade se voit conclut par un parfaitement inutile "je dis"/"je réponds", enchaînant sur le narratif. Maladresse de traduction de la formule anglo-saxonne "I said"? Toujours est-il que cette formule malheureuse se retrouve hélas tout au long de l'histoire, telle une construction syntaxique alambiquée et hasardeuse, pour ne pas dire agaçante.La construction des phrases laisse également souvent à désirer, en mettant un peu trop en avant la forme pronominale voir en supprimznt le verbe et en privilégiant des formules courtes, qui, au lieu d'améliorer la dynamique donnent un aspect "hâché" au récit.

    Mais alors, quel intérêt de lire un livre si le style n'y est pas? Eh bien, il faut reconnaître que Suzanne Collins n'a pas négligé l'attrait de son univers: on découvre Panem, autrefois l'Amérique, et le Douzième District, régit par une extrême pauvreté. On y suit le quotidien de ses habitants, la MOisson, les Hunger Games, et outre ce thème principale, une intrigue arachnéenne plutôt bien menée autour de cet univers inédit, de ses secrets, de ses pièges, de sa politiques et de ses mystères. Les descriptions s'alternent d'assez d'action pour ne pas rendre le récit pesant, tout en se révélant assez riches pour donneer au lecteur un aperçu précis de ce qu'il suit.

    La narration à la première personne et au présent place Katniss en narrateur interne et nous donne son point de vu comme seul angle d'approche, augmentant l'aspect intimiste de l'histoire. A travers l'héroïne, le lecteur traverse les règles impitoyables du Capitole, des Hunger Games et de Panem. Mais ce procédé, s'il accentue l'aqpect familier lecteur/personnage se révèle par moment à double tranchant. Pas facile en effet de se glisser en permanence dans la peau de cette jeune fille, qui semble balancer en amour entre un garçon et l'autre, qui hésite ou qui se ferme selon les situations, et qui joue les poupées modèles et frivoles par instant. Les adolescents y trouveront peut-être leurs compte, les jeunes adultes peut-être un peu moins.

    Si le style n'a rien d'innovant et qu'il comporte quelques aspects rebutants, le livre n'est en revanche pas difficile à lire, et la trame étant très riche et intéressante, la qualité du fond compense facilement la médiocrité de la forme. On peut en revanche s'interroger sur l'âge du public ciblé par une telle histoire, à la fois un peu simple et sentimentale peut-être pour une littérature adulte, et noire et rude pour un livre jeunesse. Si la plupart des idées sont bonnes, toutes ne sont pas forcément exploitées à leur maximum. Certains aspects auraient pu se voir développés, d'autres tenus de manière plus discrète. Comme par exemple le descriptif fréquent des repas prit par Katniss au Capitole, ses fréquents retours mentaux sur Effie et Haymitch, ou Cinna, et de manière générale, les "coulisses" des préparations aux Jeux de la Faim, où l'on suit certes cette jeune fille caméra à l'épaule, mais où l'on assiste en fin de compte à beaucoup trop de détails.

    De tout les personnages de l'histoire, c'est Katniss, le personnage principal qui semble à la fois le plus brouillon et le plus difficile à cerner. Du fait de sa narration, le lecteur est plongé dans ses doutes, dans sa vision parfois confuse, souvent colérique et relativement froide. C'est un personnage auquel on voudrait s'attacher tout en gardant pourtant un réserve. Quelque chose lui manque pour qu'elle dispose du parfait équilibre.

    En revanche, les personnages secondaires tels que Rue, Peeta, Haymitch, Cinna et Effie prennent souvent une dimension plus humaine, plus importante, mieux structurée.

    Une chose ne manque pas aux Hunger Games, il s'agit de l'action. C'est de moteur-là qui compense toute les autres failles et que l'auteur manie le mieux, en maintenant un rythme assez soutenu sans être haletant. A regretter cependant certaines lenteurs dans le récit.

    Bref, un livre à lire entre deux, par curiosité.

    Note:

    Histoire: 7/10

    Style: 4/10


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