• Un autre regard sur l'homosexualité et le genre: Berdaches et Hijras

    L'homme blanc, l'occidental considère souvent non sans un certain égocentrisme que l'homosexualité et la remise en question du genre est universellement honnie. Quelques recherches tendent à prouver que c'est une erreur. Ainsi, on retrouve chez les indiens d'amérique le concept des "Berdaches", des "hommes-femmes", libres de choisir la vie de l'autre sexe, respectés de la tribu dans laquelle ils jouent un rôle important.

    Sur la continent Indien, ce sont les Hijras. Ils sont craints et respectés, et gardent encore une place particulière au sein de la société.

    Jusqu'à l'intervention de l'Homme occidental (via la colonisation), ces castes du troisième sexe vivaient en parfaite harmonie avec la société qui leur correspondait, occupant une place qui leur était propre dans le respect et la bonne intelligence.

     

    Un autre regard sur l'homosexualité et le genre: Berdaches et Hijras

     

    Berdache ou bardache, aussi appelé Être aux deux esprits ou bispirituel (agokwa, « comme une femme », en Ojibwé), est un terme historiquement utilisé chez les Indiens d'Amérique du Nord pour parler des individus du troisième sexe.

    Définition et rôle social

    La société berdache s'appuie sur le principe du troisième sexe social. Cette société va inclure un nouveau genre sexuel autre que "homme" et "femme", les travestis. Ce transgenre s'appuie sur une sexualité inversée qui est considérée comme une normalité et forme une caste particulière avec un rôle important. Cette catégorie est constituée de chamanes, appelés également "two-spirit people" par les Amérindiens. Ce sont majoritairement des hommes travestis en femme ; ils exercent un pouvoir religieux dans la société berdache. Par exemple, ce sont eux qui vont être chargés de nommer les nouveau-nés.

    La détermination des two-spirit people

    Les chamanes ne choisissent pas de devenir ce qu'ils sont. Il est dit que lors de la grossesse, si la mère rêve de son futur fils jouant avec des objets féminins tels que des outils de coiffure, alors il s'agit d'un signe selon lequel l'enfant appartient aux two-spirit people.

    Deux-Esprits historiques

    • Co'pak
    • Hastiin Klah (également orthographié Hosteen Klah)
    • Kaska Girl
    • Kaúxuma Núpika
    • Kinipai
    • Lele’ks
    • Osh-Tisch
    • Pine Leaf (en)
    • Sahaykwisa
    • Weiwha (en)
    • Yellow Head

    Deux-Esprits modernes

    • Russel Bouchard
    • Beth Brant (en)
    • Terry Calling Eagle
    • Chrystos (en)
    • Qwo-Li Driskill
    • Connie Fife
    • Raven E. Heavy Runner
    • Carole LaFavor (en)
    • Richard LaFortune
    • Rod Michano (en)
    • Fred Martinez (en)
    • Bernard Second
    • Terry Tafoya
    • Wesley Thomas
    • Karen Vigneault

    Les Hijras

    Un autre regard sur l'homosexualité et le genre: Berdaches et Hijras

    Hijra (हिजड़ा en devanāgarī ; ہجڑا en ourdou) désigne dans la culture indienne un individu considéré comme n'étant ni un homme ni une femme.

    Le terme hijra désigne également la caste ou communauté regroupant les hijras.

    Aucun recensement fiable n'existe sur le nombre d'hijras en Inde, mais on estimequ'ils sont environ un million. La plupart sont biologiquement des hommes qui ont décidé de se faire émasculer à l'adolescence, mais certains sont intersexués ou biologiquement des femmes

    Histoire

    Les hijras existent depuis plusieurs siècles. Sous l'empire britannique, ils étaient désignés à tort comme eunuques, eux-mêmes ne se considérant ni comme des hommes ni comme des femmes, mais comme des individus asexués.

    Place dans la société

    Les hijras sont considérés en Inde avec respect et méfiance. Respect, car leur castration est très symbolique par le fait que l'individu mâle est celui par qui la famille est perpétuée et leur castration leur confère un pouvoir de fertilité pour les hindous. C'est pour cette raison qu'ils assistent, contre rémunération, à des mariages et ainsi assurent que le couple soit fertile. La méfiance vient du fait qu'ils sont également considérés comme capables de jeter le "mauvais œil". Ainsi, quand ils sont en colère, ils frappent leurs mains fortement pour effrayer la population car le claquement des mains rappelle le claquement des corps durant un rapport sexuel.

    Depuis la colonisation de l'Inde par le Royaume-Uni, la perception des hijras a changé et une partie de la population les méprise pour des raisons homophobes. Ce changement de perception par la société pousse certains à s'identifier comme femme et non comme asexué. Beaucoup pratiquent le travail du sexe.

    Fête

    Une grande fête réunit chaque année les hijras de l'Inde. Elle se déroule à la pleine lune, fin avril, dans le village de Koovagam, à 200 km au sud de Madras. Ils viennent y revivre un épisode du Mahabharata. La légende veut qu'à la veille d'une bataille, le clan des Pandavas ait consulté un astrologue. Celui-ci leur avait prédit la victoire à condition qu'ils sacrifient un homme parfait.

    Il n'y en avait que trois : le dieu Krishna, Arjuna, le chef des Pandavas, et son fils Aravan. Les deux premiers étant indispensables, Aravan accepta de se sacrifier, mais exigea de pouvoir d'abord se marier et de consommer son mariage, au moins pour une nuit. Aucune candidate ne s'étant proposée pour une si brève union, le dieu Krishna prit une forme féminine pour satisfaire le vœu d'Aravan qui fut décapité le lendemain matin, assurant ainsi la victoire de son camp.

    Les eunuques s'identifient à la forme féminine de Krishna et viennent chaque année commémorer cet épisode par un mariage symbolique dans le petit temple décrépit de Koovagam, dédié au dieu local Koothandavar, considéré comme une incarnation d'Aravan.

    La fête dure deux jours ; elle commence par le mariage célébré par un prêtre Hindou qui noue autour du cou des Hijras, parées de leurs plus beaux atours, le cordon nuptial appelé "Thali". Les mariées vont ensuite déposer une offrande aux pieds de la divinité avant de se livrer à des danses et à des chants pendant toute la soirée sous l'œil des visiteurs venus souvent en famille. Les Hijras choisissent alors un homme avec qui passer la nuit, en mémoire au mythe du Mahabharata (ref : "Des saris et des hommes", reportage Arte). Le lendemain matin, les hijras considérées comme veuves reviennent pleurer leurs maris.

    Communauté

    Les hijras forment des communautés très structurées, les chelas (disciples) autour de guru. Une parenté fictive s'y organise. La dépendance financière paraît être la clé de voûte de l'organisation du groupe. Tout est payé, les chelas qui rapportent le plus (par leur habileté de musiciens ou de danseurs, la mendicité ou la prostitution) sont achetés et revendus de guru en guru. Le chela peut avoir à reverser la totalité de ses revenus au guru et la circulation de dettes accumulées, et sans cesse grandissantes, prend parfois des proportions phénoménales. Enfin, quand il se marie avec un homme, il partage sa vie et continue à travailler pour sa communauté, où son statut est amélioré par ce mariage.

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :